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L’An Zéro – 1re partie

Couverture de L’An Zéro – 1re partie

Batman — Tome 4

L’An Zéro – 1re partie

Scott Snyder, Greg Capullo, Rafael Albuquerque

Éditeur : Urban Comics

Sortie originale : 16 mai 2014

★★★★★ 4/5

Après la Cour des Hiboux et le retour du Joker, Scott Snyder remonte dans le passé de Bruce Wayne pour raconter ses débuts sous le masque. Avec L’An Zéro, il ne cherche pas à reproduire Batman : Année Un, mais propose sa propre vision de la naissance du héros, plus spectaculaire, moderne et directement intégrée à son univers.

Avant Batman

Bruce Wayne revient à Gotham après plusieurs années d’absence et commence déjà à s’attaquer au crime, mais sans avoir encore trouvé l’identité qui fera de lui Batman. Snyder s’intéresse ainsi à un Bruce plus jeune, extrêmement sûr de lui, parfois imprudent et encore loin du justicier méthodique que l’on connaît.

Cette première partie fonctionne particulièrement bien lorsqu’elle montre ses tâtonnements. Ses relations avec Alfred sont déjà compliquées, ses méthodes restent imparfaites et sa volonté de tout accomplir seul provoque plusieurs erreurs. La construction de Batman devient alors autant psychologique que matérielle.

Une nouvelle origine sans tout bouleverser

Revisiter les origines d’un personnage aussi connu était risqué. Snyder conserve les éléments indispensables du mythe tout en modifiant suffisamment leur contexte pour éviter la simple répétition. Le Gang du Masque Rouge occupe notamment une place centrale et permet de relier les débuts de Bruce à une menace déjà profondément implantée dans Gotham.

Le récit prend cependant son temps. Cette volonté de reconstruire méthodiquement l’univers de Batman entraîne quelques passages plus explicatifs et un rythme moins immédiat que dans La Cour des Hiboux. Mais elle permet aussi de donner une véritable ampleur à cette nouvelle origine.

Le Sphinx entre dans la partie

Edward Nygma apparaît progressivement comme une menace majeure. Snyder en fait un personnage arrogant, brillant et particulièrement dangereux, capable de considérer Gotham comme un gigantesque problème à résoudre. Sa présence permet au récit de dépasser rapidement la simple lutte de Bruce contre des criminels ordinaires.

Cette montée en puissance prépare surtout la seconde partie de L’An Zéro. Plusieurs éléments sont encore en installation et l’album assume pleinement son statut de première moitié d’une histoire plus vaste.

Un Greg Capullo très différent

Greg Capullo abandonne en partie les ambiances nocturnes et oppressantes des précédents volumes. Les couleurs de FCO Plascencia sont beaucoup plus lumineuses et vives, donnant à Gotham et au jeune Bruce une identité étonnamment colorée.

Ce choix peut surprendre pour une histoire consacrée aux origines de Batman, mais il permet justement à L’An Zéro de ne pas vivre dans l’ombre des versions précédentes. Capullo reste excellent dans les scènes d’action comme dans la construction de Gotham, tandis que Rafael Albuquerque complète efficacement l’ensemble.

En résumé

Une relecture ambitieuse des débuts de Batman qui préfère construire sa propre mythologie plutôt que copier Année Un. Cette première partie prend parfois son temps, mais le jeune Bruce fonctionne très bien, le Sphinx se révèle prometteur et Greg Capullo donne une identité visuelle forte à cette nouvelle origine.

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