MiklMayer.fr

Le Trésor de Rackham le Rouge

Couverture de Le Trésor de Rackham le Rouge

Les Aventures de Tintin — Tome 12

Le Trésor de Rackham le Rouge

Hergé

Éditeur : Casterman

Sortie originale : 1 janvier 1944

4/5

Publié en 1944, Le Trésor de Rackham le Rouge poursuit directement la chasse au trésor commencée dans Le Secret de La Licorne. Hergé délaisse l’enquête policière pour une expédition maritime plus légère, principalement marquée par l’arrivée du professeur Tournesol et l’installation définitive de Moulinsart dans l’univers de Tintin.

Une aventure sans véritable adversaire

Tintin et Haddock prennent la mer à bord du Sirius pour retrouver l’épave de La Licorne et le trésor de Rackham le Rouge. Contrairement au tome précédent, aucun criminel ne tente réellement de les arrêter.

Cette absence d’adversaire donne à l’album une atmosphère plus détendue. Les obstacles viennent des erreurs de navigation, des difficultés de la plongée et des maladresses des personnages plutôt que d’une menace organisée.

Le récit perd ainsi une partie de la tension du Secret de La Licorne. Il gagne en dépaysement et en humour, mais la recherche du trésor ne provoque jamais un suspense aussi fort que l’enquête autour des trois maquettes.

Tournesol trouve immédiatement sa place

L’album marque la première apparition du professeur Tournesol, venu proposer un petit sous-marin en forme de requin. Sa surdité provoque immédiatement une série de malentendus, notamment avec un capitaine Haddock incapable de lui faire comprendre qu’il refuse sa participation.

Tournesol aurait pu rester un simple ressort comique. Son invention devient pourtant indispensable à l’exploration de l’épave et révèle déjà un scientifique beaucoup plus compétent que son comportement distrait ne le laisse penser.

Hergé réussit surtout à intégrer naturellement le personnage au groupe. Dès ce premier album, les échanges entre Tournesol et Haddock installent une mécanique comique qui deviendra essentielle à la série.

Une expédition dominée par l’humour

L’ambiance générale est beaucoup moins inquiétante que celle du premier volet. Haddock doit affronter les journalistes, les prétendus descendants de Rackham le Rouge et les Dupondt, particulièrement peu adaptés à la vie maritime.

Les gags fonctionnent grâce au contraste entre l’enthousiasme de Tintin, l’exaspération du capitaine et l’assurance imperturbable de Tournesol. La répétition de certains malentendus ralentit légèrement la progression, mais donne à l’album une identité très chaleureuse.

Cette place importante accordée à la comédie explique en partie la popularité de l’aventure. Le plaisir vient moins du mystère que de la cohabitation entre des personnages désormais parfaitement complémentaires.

Une exploration sous-marine très réussie

Le sous-marin-requin constitue l’une des inventions visuelles les plus célèbres d’Hergé. Sa silhouette immédiatement reconnaissable permet de rendre l’exploration spectaculaire tout en conservant une certaine crédibilité technique.

Les séquences autour de l’épave profitent d’un important travail documentaire. Le matériel de plongée, le navire et les opérations de recherche sont représentés avec précision, sans transformer l’album en démonstration scientifique.

Hergé parvient également à donner une atmosphère particulière aux fonds marins. Le silence, l’obscurité et la présence de l’épave créent quelques beaux moments de tension dans un récit par ailleurs très comique.

Une chasse au trésor assez répétitive

Le scénario repose longuement sur des recherches qui n’aboutissent pas. Tintin explore l’île, plonge autour de l’épave et remonte différents objets sans découvrir ce qu’il est réellement venu chercher.

Ces fausses pistes sont logiques dans le cadre d’une expédition, mais elles donnent au milieu de l’album un caractère répétitif. Après la construction extrêmement précise du Secret de La Licorne, cette suite paraît plus linéaire et moins dense.

Le dénouement repose sur une dernière interprétation des parchemins et ramène les personnages à Moulinsart. L’idée est élégante, mais peut aussi sembler frustrante : l’immense voyage maritime n’était finalement pas nécessaire pour retrouver le trésor.

Moulinsart devient le véritable trésor

Grâce à la vente du brevet de son sous-marin, Tournesol permet à Haddock d’acquérir le château de Moulinsart, ancienne propriété de son ancêtre. Nestor rejoint alors définitivement les personnages principaux.

Cette conclusion transforme durablement la série. Tintin et ses amis disposent désormais d’un foyer commun où pourront commencer plusieurs aventures. Moulinsart devient un lieu aussi important que les personnages eux-mêmes.

Le véritable trésor de l’album n’est donc pas seulement celui de Rackham le Rouge. C’est la création de cette nouvelle famille réunissant Tintin, Haddock, Tournesol et Nestor.

En résumé

Le Trésor de Rackham le Rouge est une aventure lumineuse, drôle et visuellement réussie, portée par l’arrivée immédiatement mémorable du professeur Tournesol. L’exploration maritime manque toutefois de tension et devient parfois répétitive, tandis que la découverte finale réduit l’importance réelle de l’expédition. Moins parfaitement construit que Le Secret de La Licorne, l’album reste essentiel pour l’évolution de la série et l’installation de ses personnages à Moulinsart.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as lu cet album ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR