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L’enquête corse

Affiche de L’enquête corse

L'enquête corse

Réalisation : Alain Berberian

Avec : Christian Clavier, Jean Reno, Caterina Murino, Didier Flamand

Production / distribution : Gaumont, France 3 Cinéma / Gaumont

Durée : 1 h 32

Adaptation : BD franco-belge

Sortie : 6 octobre 2004

★★★★★ 3/5

Adapter L’Enquête corse de René Pétillon au cinéma représentait un exercice délicat : la BD repose énormément sur l’ironie, les situations absurdes et le regard porté sur les particularismes corses. Alain Berberian choisit d’en faire une comédie très grand public, construite avant tout autour de Christian Clavier et Jean Reno. Le résultat est inégal, mais leur confrontation fonctionne suffisamment pour rendre l’ensemble plaisant.

Un détective parisien complètement dépassé

Rémi François, alias Jack Palmer, détective privé sûr de lui et particulièrement maladroit, est envoyé en Corse afin de retrouver Ange Leoni et de lui remettre un héritage. Une mission apparemment simple qui se transforme rapidement en parcours du combattant face au silence des habitants, à la police et aux indépendantistes.

Le scénario reprend efficacement le principe de la BD : Palmer débarque avec ses certitudes et découvre un territoire dont il ne maîtrise absolument pas les codes. Une grande partie de l’humour naît de ce décalage et de son incapacité à comprendre ce qui se déroule autour de lui.

Christian Clavier en fait beaucoup… mais ça fonctionne souvent

Christian Clavier transforme Jack Palmer en personnage beaucoup plus démonstratif que dans la bande dessinée. Son détective est bavard, nerveux, maladroit et régulièrement persuadé d’avoir compris une situation alors qu’il est complètement à côté de la plaque. Le comédien retrouve un registre qu’il maîtrise parfaitement, quitte parfois à pousser les réactions un peu trop loin.

Face à lui, Jean Reno joue justement sur une économie totale. Son Ange Leoni parle peu, observe beaucoup et impose une présence presque impassible. Le contraste entre l’agitation de Clavier et le calme de Reno devient rapidement le moteur du film et fournit plusieurs de ses meilleurs moments.

La Corse, véritable troisième personnage

Le film exploite abondamment ses décors et les particularités locales. Les paysages corses offrent évidemment une belle toile de fond, mais l’île devient surtout un élément essentiel de la mécanique comique : Palmer se heurte constamment à des interlocuteurs qui savent beaucoup plus de choses qu’ils ne veulent bien lui en dire.

Le film accumule néanmoins les caricatures et les clichés. C’est en partie assumé puisque l’œuvre originale jouait déjà avec eux, mais le passage à une comédie populaire les rend parfois beaucoup plus appuyés. Certaines situations vieillissent également moins bien que d’autres.

Une adaptation plus lourde que la BD

C’est probablement là que le film perd le plus par rapport à Pétillon. L’humour de la bande dessinée repose sur un ton plus sec et une satire plus subtile, tandis que le cinéma privilégie les gags immédiatement identifiables et la personnalité de ses deux vedettes.

Pour autant, L’Enquête corse conserve quelque chose de l’esprit original, notamment dans l’absurdité de l’enquête et la manière dont Palmer reste constamment dépassé. Alain Berberian maintient également un rythme suffisamment soutenu pour éviter que cette intrigue volontairement légère ne s’essouffle trop.

Un bon divertissement, davantage Clavier-Reno que Pétillon

L’Enquête corse n’est donc pas une adaptation particulièrement fine de la BD, mais reste une comédie efficace grâce à son duo principal. Jean Reno comprend parfaitement que son personnage fonctionne dans la retenue tandis que Christian Clavier occupe tout l’espace laissé disponible.

Le film sacrifie une partie de la subtilité de Pétillon au profit d’une mécanique plus commerciale, mais conserve suffisamment d’absurdité et de personnalité pour fonctionner. Pas indispensable, mais franchement sympathique.

En résumé

Une adaptation plus lourde et moins subtile que la BD de Pétillon, mais qui reste une comédie efficace grâce au contraste entre Christian Clavier et Jean Reno. Malgré des clichés parfois appuyés, le rythme et l’absurdité de certaines situations en font un divertissement sympathique.

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