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Ninja Turtles

Affiche de Ninja Turtles

Ninja Turtles

Titre original : Teenage Mutant Ninja Turtles

Réalisation : Jonathan Liebesman

Avec : Megan Fox, Will Arnett, William Fichtner, Tohoru Masamune, Whoopi Goldberg

Production / distribution : Nickelodeon Movies, Platinum Dunes, Gama Entertainment, Mednick Productions / Paramount Pictures

Durée : 1 h 41

Adaptation : Comics

Sortie : 15 octobre 2014

★★★★★ 3/5

Après plus de vingt ans sans film en prises de vues réelles, les Tortues Ninja reviennent au cinéma sous une forme radicalement différente. Produit notamment par Michael Bay et réalisé par Jonathan Liebesman, Ninja Turtles abandonne évidemment les costumes des années 1990 au profit de personnages numériques gigantesques. Une modernisation spectaculaire, parfois efficace, mais qui semble souvent davantage préoccupée par la démesure que par ses personnages.

New York retrouve les Tortues

April O’Neil, journaliste cherchant désespérément un véritable sujet, enquête sur les activités du Foot Clan, une organisation criminelle qui terrorise New York. Elle découvre bientôt que quatre mystérieux justiciers combattent le groupe dans l’ombre.

Ces quatre combattants sont évidemment Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo, quatre tortues mutantes élevées par leur maître Splinter dans les égouts de la ville. Leur existence va rapidement intéresser Shredder et l’industriel Eric Sacks.

Le scénario revient donc aux éléments fondamentaux de l’univers après les détours du troisième film de 1993. New York, les égouts, April, Splinter, Shredder et le Foot Clan sont de nouveau au centre de l’histoire.

Des Tortues complètement réinventées

Impossible de parler du film sans évoquer le nouveau design des quatre frères. Ces Tortues sont immenses, extrêmement musclées et couvertes de vêtements, protections et accessoires destinés à renforcer leurs personnalités.

Donatello accumule le matériel électronique, Michelangelo adopte une allure plus décontractée, Leonardo porte une tenue inspirée du samouraï tandis que Raphael ressemble presque à une montagne de muscles.

Le choix est radical et ne plaira clairement pas à tout le monde. Les visages très humanisés peuvent même provoquer un certain rejet. Mais cette volonté de différencier immédiatement les quatre personnages fonctionne plutôt bien. Même sans leurs bandeaux, il serait difficile de les confondre.

Les effets numériques leur permettent surtout une mobilité impossible à obtenir avec les costumes des anciens films. Les Tortues courent sur les murs, bondissent entre les immeubles et encaissent des chocs impressionnants. Elles gagnent énormément en puissance physique, au risque de perdre une partie de leur vulnérabilité.

Quatre frères qui restent le véritable intérêt du film

Malgré tous les effets spéciaux, les meilleurs moments restent ceux où Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo se comportent simplement comme quatre frères.

Raphael conserve son tempérament impulsif, Leonardo tente d’assumer son rôle de chef, Donatello apporte ses connaissances techniques et Michelangelo multiplie les plaisanteries. La dynamique fonctionne suffisamment bien pour retrouver quelque chose de l’esprit traditionnel de la franchise.

Le film aurait d’ailleurs probablement gagné à consacrer davantage de temps à cette relation fraternelle. Certaines scènes dans les égouts ou l’excellent passage de l’ascenseur montrent qu’il n’est pas nécessaire de détruire la moitié de New York pour rendre ces personnages amusants.

April O’Neil au centre de l’histoire

Megan Fox occupe une place considérable dans le film. April n’est pas seulement celle qui découvre les Tortues : le scénario crée un lien direct entre son passé, Splinter et les quatre frères.

Cette volonté de connecter tous les personnages rend cependant l’univers artificiellement petit. Là où April pouvait simplement rencontrer les Tortues en enquêtant sur le Foot Clan, le film ressent le besoin d’expliquer qu’elle était déjà liée à leur origine.

Megan Fox apporte néanmoins l’énergie nécessaire au personnage et fonctionne correctement comme point d’entrée du spectateur dans cet univers. Will Arnett, dans le rôle de Vernon Fenwick, apporte de son côté une touche comique supplémentaire.

Un Shredder transformé en machine de guerre

Le traitement de Shredder illustre parfaitement la philosophie générale du film. Là où le premier long métrage de 1990 pouvait rendre le personnage inquiétant avec relativement peu de moyens, cette version lui offre une gigantesque armure métallique équipée de nombreuses lames.

Visuellement, le résultat est impressionnant. Lorsqu’il affronte les Tortues, Shredder paraît réellement capable de leur tenir tête malgré leur puissance considérable.

Mais cette démesure finit aussi par dépersonnaliser le personnage. Shredder devient presque davantage une machine qu’un adversaire charismatique. Sa relation avec les Tortues reste également beaucoup moins développée que dans certaines autres versions de la franchise.

Michael Bay sans être réalisé par Michael Bay

Jonathan Liebesman réalise le film, mais l’influence du producteur Michael Bay paraît évidente dans son esthétique. Caméra constamment en mouvement, destructions massives, ralentis, explosions et séquences d’action gigantesques donnent parfois l’impression de regarder un cousin de Transformers.

La spectaculaire descente de la montagne résume parfaitement cette approche. Véhicules projetés dans tous les sens, Tortues utilisant leur carapace comme protection, poursuite à très grande vitesse : le film cherche constamment à augmenter l’échelle du spectacle.

La séquence est techniquement impressionnante et possède une vraie énergie. Mais cette surenchère laisse peu de place aux respirations et finit par donner au film une personnalité assez générique de blockbuster des années 2010.

Une origine inutilement compliquée

Le film veut également réinventer l’origine des Tortues. Le mutagène, les expériences scientifiques et les liens avec April deviennent les pièces d’une intrigue beaucoup plus élaborée qu’elle n’avait besoin de l’être.

Splinter pose un problème similaire. Son apprentissage du ninjutsu est expédié de manière presque comique, ce qui retire une partie de la dimension mythologique entourant traditionnellement sa relation avec Shredder.

À force de vouloir expliquer et connecter chaque élément, le scénario finit paradoxalement par rendre l’univers moins crédible.

Un blockbuster imparfait mais loin d’être sans qualités

Ninja Turtles version 2014 ne retrouve ni le charme artisanal ni l’atmosphère du film de 1990. Il représente une autre époque du cinéma populaire : celle des franchises gigantesques, des personnages entièrement numériques et des scènes d’action conçues comme des montagnes russes.

Pourtant, derrière cette couche de spectaculaire, les Tortues restent attachantes. Leur personnalité est immédiatement identifiable et leur relation fraternelle sauve régulièrement un scénario beaucoup trop conventionnel.

Ce reboot ne réussit donc pas totalement à donner une nouvelle identité cinématographique aux Tortues Ninja. Mais après le troisième film de 1993, il retrouve au moins New York, Shredder et une certaine énergie qui manquait cruellement à la franchise sur grand écran.

En résumé

Un reboot spectaculaire et énergique qui retrouve l’univers classique des Tortues Ninja, porté par une dynamique fraternelle réussie et des scènes d’action efficaces. Mais son scénario convenu, ses origines inutilement compliquées et le design très discutable des héros empêchent cette nouvelle version de réellement convaincre.

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