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Oklahoma Jim

Couverture de Oklahoma Jim

Lucky Luke — Tome 37

Oklahoma Jim

Jean Léturgie, Yann, Didier Conrad, Morris et le studio Leonardo

Éditeur : Lucky Productions

Sortie originale : 1 janvier 1997

3/5

Arrivés à Mushroom City, Kid Lucky et Old Timer découvrent une ville où les enfants préfèrent traîner dans les rues plutôt que fréquenter l’école. Tandis que Kid tente d’échapper à l’institutrice, il rencontre Oklahoma Jim, un tireur exceptionnel qui pourrait lui apprendre à devenir un véritable cow-boy. Cette seconde aventure développe mieux la personnalité du jeune héros, mais reste partagée entre récit d’apprentissage et accumulation de clins d’œil à la série classique.

Kid Lucky confronté à l’école

L’arrivée de Kid à l’école repose sur une opposition évidente : le futur cow-boy solitaire refuse de rester enfermé dans une classe et préfère apprendre directement au contact de l’Ouest.

Le scénario évite pourtant de présenter l’éducation comme entièrement inutile. Kid découvre que la lecture, l’écriture et le raisonnement peuvent devenir aussi importants que l’adresse au revolver.

Cette nuance apporte davantage de profondeur que dans le premier album. Le héros ne se contente plus de reproduire en miniature le comportement de Lucky Luke : il doit choisir quelles influences permettront de construire sa propre personnalité.

Oklahoma Jim, un modèle séduisant mais dangereux

Oklahoma Jim possède tout ce qui peut impressionner un enfant rêvant de devenir cow-boy. Élégant, sûr de lui et extrêmement rapide, il apparaît d’abord comme le professeur idéal pour Kid.

Son rapport à la violence et à l’argent révèle progressivement les limites de ce modèle. Il enseigne le maniement des armes sans transmettre le sens de la justice qui caractérisera plus tard Lucky Luke.

Cette opposition constitue la meilleure idée du récit. L’adresse ne suffit pas à faire un héros : elle doit être accompagnée d’une morale et d’une capacité à choisir quand il est nécessaire d’utiliser son revolver.

La première rencontre avec les Dalton

L’album imagine également une confrontation entre Kid Lucky et les futurs Dalton. Les quatre frères possèdent déjà leurs silhouettes caractéristiques, leurs différences de taille et leurs principaux traits de caractère.

Cette rencontre amuse, particulièrement lorsque Joe tente d’imposer son autorité à ses frères. Elle repose toutefois sur une volonté très visible de relier chaque élément de l’enfance du héros à sa vie future.

Faire se croiser aussi tôt Lucky Luke et ses principaux adversaires réduit encore le mystère entourant leur relation. La référence fonctionne comme un cadeau aux lecteurs, mais paraît plus qu’artificielle dans le récit.

Une tonalité plus cohérente que dans le premier album

Oklahoma Jim assume davantage son statut de western destiné aux jeunes lecteurs. L’école, les rivalités entre enfants et la fascination pour un adulte charismatique forment un ensemble relativement cohérent.

L’humour demeure parfois plus grinçant qu’il n’y paraît. Old Timer préfère le saloon à ses responsabilités, tandis qu’Oklahoma Jim représente un adulte capable de profiter de l’admiration des enfants.

Cette double lecture donne une certaine personnalité à l’album. Les jeunes lecteurs peuvent suivre une aventure scolaire, tandis que les adultes perçoivent plus clairement les faiblesses des modèles proposés à Kid.

Un dessin vif et expressif

Didier Conrad retrouve l’énergie du premier Kid Lucky. Son dessin est plus nerveux et caricatural que celui de Morris, avec des expressions très accentuées et des scènes d’action proches du dessin animé.

Cette approche convient particulièrement aux enfants de Mushroom City. Leurs bagarres, leurs courses et leurs réactions exagérées donnent au récit un rythme constant.

L’univers visuel paraît néanmoins assez éloigné de celui des albums classiques. La filiation reste reconnaissable, mais cette jeunesse de Lucky Luke ressemble parfois davantage à une série indépendante utilisant des personnages connus.

Une série interrompue trop rapidement

Ce second album approfondit davantage l’idée de raconter la formation morale de Lucky Luke. Il suggère comment le jeune garçon a appris à distinguer l’adresse du véritable courage.

Le projet s’arrête pourtant après cette aventure en raison d’un conflit entre les auteurs et l’éditeur. L’évolution de Kid demeure donc incomplète et plusieurs pistes ouvertes ne connaissent aucune véritable conclusion.

La reprise du concept par Achdé en 2011 adoptera une autre continuité et une formule reposant principalement sur des gags courts.

En résumé

Oklahoma Jim se montre plus construit et plus intéressant que le premier Kid Lucky. La confrontation entre le jeune héros, l’école et un tireur aussi séduisant que douteux apporte une véritable dimension d’apprentissage. La rencontre avec les Dalton paraît forcée et le ton reste éloigné de la série classique, mais le dessin énergique et la personnalité d’Oklahoma Jim rendent l’aventure agréable. Une tentative imparfaite, interrompue au moment où elle commençait à trouver son identité.

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