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X-Men : L’Affrontement final

Affiche de X-Men : L’Affrontement final

X-Men : L’Affrontement final

Titre original : X-Men: The Last Stand

Réalisation : Brett Ratner

Avec : Hugh Jackman, Halle Berry, Ian McKellen, Famke Janssen, Patrick Stewart

Production / distribution : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, The Donners' Company / Twentieth Century Fox France

Durée : 1 h 44

Adaptation : Comics

Sortie : 24 mai 2006

★★★★★ 3/5

Après les deux premiers X-Men, la saga doit conclure sa trilogie sans Bryan Singer, parti réaliser Superman Returns. Brett Ratner reprend les commandes de X-Men : L’Affrontement final et retrouve l’essentiel de la distribution, tout en introduisant de nouveaux mutants.

Cette fois, un traitement capable de supprimer le gène mutant bouleverse la société tandis que Jean Grey revient sous la forme du Phénix. Deux intrigues majeures que le film tente de réunir en seulement 1 h 44.

Le « remède » contre la mutation était déjà un film à lui seul

L’idée d’un traitement permettant aux mutants de supprimer leurs pouvoirs constitue probablement le concept le plus intéressant du film. Pour certains personnages, cette annonce représente une menace contre leur identité. Pour d’autres, elle apparaît comme la possibilité d’obtenir enfin une vie normale.

Malicia permet notamment de donner un visage très concret à cette question. Son pouvoir l’empêche de toucher ceux qu’elle aime et sa mutation est vécue moins comme un don que comme une condamnation. À l’inverse, Tornade refuse l’idée même qu’un mutant puisse avoir besoin d’être « guéri ».

Le film retrouve alors ce qui faisait la force des deux premiers épisodes : utiliser les mutants pour parler de différence, d’acceptation et de peur de l’autre. Magneto pousse évidemment cette réflexion jusqu’à l’extrême en considérant le traitement comme le début d’une tentative d’éradication.

Il y avait largement matière à construire tout le troisième film autour de cette seule idée.

Le Phénix aurait lui aussi mérité son propre film

Comme si cette intrigue ne suffisait pas, L’Affrontement final doit également résoudre le retour de Jean Grey annoncé à la fin de X-Men 2. Famke Janssen revient donc avec une personnalité beaucoup plus sombre et une puissance devenue pratiquement incontrôlable.

Sur le papier, cette histoire devrait constituer le cœur émotionnel du film. Jean était l’un des personnages principaux des deux précédents épisodes et son retour bouleverse forcément Cyclope, Wolverine et Xavier.

Mais le scénario va beaucoup trop vite.

Cyclope est notamment évacué de manière extrêmement brutale, alors qu’il aurait dû être l’un des personnages les plus importants d’une histoire consacrée au retour de Jean. Le film déplace alors presque entièrement la relation émotionnelle vers Wolverine, poursuivant la place toujours plus importante prise par Hugh Jackman dans la saga.

Le Phénix devient finalement davantage une arme extrêmement puissante qu’un personnage véritablement développé. Et lorsque Magneto décide de l’utiliser dans sa guerre, deux intrigues qui auraient chacune pu porter un film entier se retrouvent artificiellement réunies.

Wolverine devient presque définitivement le héros de la saga

Hugh Jackman occupait déjà une place centrale dans les deux premiers films, mais L’Affrontement final achève pratiquement de transformer les X-Men en saga autour de Wolverine.

Logan se retrouve au centre du conflit avec Jean, participe aux décisions de l’équipe et prend progressivement une position de meneur. Jackman fonctionne toujours parfaitement dans le rôle et possède suffisamment de présence pour porter une grande partie du film.

Le problème vient davantage de ce que cette importance coûte aux autres personnages.

Cyclope disparaît beaucoup trop rapidement, Malicia reste relativement en retrait et même Xavier quitte l’histoire assez tôt. Tornade gagne heureusement en importance, mais l’équipe paraît paradoxalement moins développée au moment même où elle accueille de nouveaux mutants.

Magneto reste formidable grâce à Ian McKellen

Ian McKellen continue d’être l’une des grandes forces de cette première trilogie. Magneto n’a jamais été un simple méchant souhaitant conquérir le monde : il considère chacune des décisions humaines comme la confirmation que la coexistence finira nécessairement par échouer.

L’apparition du traitement lui fournit donc exactement ce qu’il redoutait.

Le film pousse cependant le personnage vers une logique beaucoup plus ouvertement guerrière. Magneto rassemble une véritable armée de mutants et l’affrontement idéologique des précédents épisodes devient progressivement une bataille physique.

Quelques scènes rappellent néanmoins toute l’ambiguïté du personnage. Sa réaction lorsqu’il apprend la mort de Xavier est particulièrement révélatrice : malgré leurs différences et leurs affrontements, Charles reste l’homme qu’il respecte probablement le plus.

Le Fauve est une excellente addition

Parmi les nouveaux personnages, Kelsey Grammer s’impose immédiatement en Hank McCoy. Le choix de l’acteur fonctionne remarquablement bien : il possède à la fois l’élégance intellectuelle nécessaire au personnage et une présence physique étonnamment convaincante lorsque le Fauve rejoint le combat.

Le personnage permet également d’introduire une autre manière d’envisager la place des mutants dans la société. Contrairement à Xavier ou Magneto, Hank travaille directement avec les institutions humaines et croit encore à la possibilité d’une coopération politique.

Malheureusement, comme beaucoup d’éléments du film, il aurait mérité davantage de temps.

Angel connaît exactement le même problème. Son introduction, montrant son rejet de ses propres ailes lorsqu’il est enfant, est particulièrement forte. Mais après avoir servi à personnifier les enjeux liés au traitement, le personnage devient presque secondaire.

Des choix radicaux qui manquent parfois d’émotion

L’Affrontement final n’hésite pas à bouleverser profondément son univers. Plusieurs personnages majeurs disparaissent et certains équilibres installés depuis le premier film sont détruits en quelques scènes.

Le problème n’est pas que le film ose tuer ou écarter ses personnages. C’est plutôt qu’il ne prend presque jamais le temps de mesurer les conséquences de ces événements.

La disparition de Cyclope est expédiée. Celle de Xavier bénéficie d’une mise en scène beaucoup plus forte, mais le récit doit rapidement repartir vers son intrigue suivante. Même Mystique, pourtant essentielle à Magneto depuis le premier X-Men, quitte brutalement le récit après avoir perdu ses pouvoirs.

Cette accumulation finit par réduire l’impact de moments qui auraient dû être dévastateurs.

Un spectacle efficace, mais moins maîtrisé que X-Men 2

Avec son budget colossal — environ 210 millions de dollars — le film cherche clairement à offrir une conclusion spectaculaire à la trilogie. La séquence du Golden Gate Bridge reste impressionnante et permet enfin à Magneto de montrer l’étendue extraordinaire de ses pouvoirs.

Le dernier affrontement offre également ce que le titre promet : humains et mutants entrent véritablement en guerre, tandis que les X-Men doivent affronter la Confrérie.

Mais Brett Ratner possède moins de finesse que Bryan Singer dans sa manière d’organiser les personnages et les enjeux. Là où X-Men 2 parvenait à faire progresser plusieurs intrigues parallèles avant de les réunir, L’Affrontement final donne régulièrement l’impression de courir après son scénario.

Et avec une durée française annoncée autour de 1 h 44, le film manque tout simplement d’espace pour raconter correctement tout ce qu’il entreprend.

Une conclusion frustrante pour la première trilogie

X-Men : L’Affrontement final n’est pas le désastre auquel sa réputation le réduit parfois. Le traitement contre la mutation est une excellente idée, Ian McKellen reste remarquable, Hugh Jackman maîtrise parfaitement Wolverine et Kelsey Grammer constitue un excellent Fauve.

Mais le film semble constamment sacrifier une bonne idée pour pouvoir passer à la suivante.

Le remède aurait pu porter un film. Le retour de Jean Grey et le Phénix auraient pu en porter un autre. La guerre entre Xavier et Magneto aurait pu constituer l’aboutissement naturel de la trilogie. En voulant raconter les trois simultanément, le scénario ne donne finalement à aucune de ces intrigues toute l’ampleur qu’elle méritait.

L’Affrontement final possède donc tous les ingrédients d’une grande conclusion sans jamais vraiment réussir à les assembler. Ce n’est pas tant un film qui manque d’idées qu’un film qui en possède beaucoup trop pour le temps qu’il s’accorde.

En résumé

X-Men : L’Affrontement final reste un blockbuster efficace, porté par Hugh Jackman, Ian McKellen et l’excellente arrivée de Kelsey Grammer. Mais entre le remède contre la mutation, le Phénix, la guerre de Magneto et une multitude de personnages, Brett Ratner tente de faire tenir plusieurs films en un seul. Spectaculaire et parfois réellement réussi, ce troisième épisode reste surtout une conclusion précipitée après l’excellent X-Men 2.

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