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X-Men : Le Commencement

Affiche de X-Men : Le Commencement

X-Men : Le Commencement

Titre original : X-Men: First Class

Réalisation : Matthew Vaughn

Avec : James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Kevin Bacon, Nicholas Hoult

Production / distribution : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, The Donners' Company / Twentieth Century Fox France

Durée : 2 h 12

Adaptation : Comics

Sortie : 1 juin 2011

★★★★★ 4/5

Après une première trilogie terminée et un film consacré à Wolverine, X-Men : Le Commencement remonte aux origines de la saga. Matthew Vaughn confie les rôles de Charles Xavier et Erik Lehnsherr à James McAvoy et Michael Fassbender et situe leur rencontre au début des années 1960, en pleine guerre froide.

Xavier et Magneto sont le véritable cœur du film

Plus qu’une histoire sur la création des X-Men, Le Commencement raconte avant tout la naissance d’une amitié dont nous connaissons déjà la fin. Charles Xavier et Erik Lehnsherr défendent encore le même camp, mais leurs expériences respectives les conduisent déjà vers deux visions radicalement différentes de la coexistence entre humains et mutants.

James McAvoy propose un Charles très éloigné du professeur solennel incarné par Patrick Stewart. Il est jeune, charmeur, parfois arrogant et encore convaincu que son intelligence lui permet de comprendre le monde. Le personnage doit progressivement apprendre à devenir celui que nous connaissons.

Michael Fassbender bénéficie d’un rôle encore plus fort. Erik porte toujours le traumatisme des camps nazis et poursuit les hommes responsables de ce qu’il a subi. Là où Charles voit ses pouvoirs comme une chance, Erik considère les siens comme une arme qui lui a permis de survivre.

Le film fonctionne précisément parce qu’il ne présente jamais leur séparation comme une simple opposition entre le bien et le mal.

Michael Fassbender impose immédiatement son Magneto

Ian McKellen avait rendu Magneto indissociable de la première trilogie. Reprendre le personnage quelques années plus tard constituait donc un véritable défi. Michael Fassbender ne cherche heureusement jamais à reproduire son prédécesseur.

Son Erik est beaucoup plus physique, brutal et animé par une colère encore difficile à maîtriser. Toute la première partie du film, durant laquelle il traque d’anciens nazis, ressemble presque à un film d’espionnage et de vengeance.

Mais Fassbender laisse également apparaître progressivement l’homme que deviendra Magneto. Erik écoute Charles et semble sincèrement envisager son idéal. C’est précisément parce que leur amitié fonctionne que nous espérons presque que l’histoire puisse se terminer autrement, alors que nous savons parfaitement où elle doit conduire.

Kevin Bacon offre un excellent adversaire

Sebastian Shaw possède un lien particulièrement efficace avec Erik. Il n’est pas simplement un nouvel ennemi à arrêter : il est directement responsable d’une partie de son traumatisme et de la manière dont Magneto considère sa propre mutation.

Kevin Bacon s’amuse visiblement dans le rôle et apporte au personnage une élégance presque décontractée qui contraste avec sa cruauté. Shaw partage également une conviction essentielle avec Magneto : les mutants représentent l’étape suivante de l’évolution et n’ont aucune raison de se soumettre aux humains.

C’est là que le scénario devient particulièrement intéressant. Erik veut tuer Shaw, mais il se rapproche progressivement de son idéologie.

Leur affrontement ne consiste donc pas uniquement à savoir qui va gagner. La véritable question est de savoir quelle partie de Shaw survivra à travers Magneto.

Raven se retrouve déjà entre deux mondes

Mystique bénéficie enfin d’un véritable développement. Jennifer Lawrence incarne une Raven beaucoup plus vulnérable que celle interprétée par Rebecca Romijn dans les premiers films.

Elle a grandi auprès de Charles, mais celui-ci ne comprend pas toujours son besoin d’être acceptée telle qu’elle est. Hank McCoy partage lui aussi ce rejet de sa propre apparence et cherche au contraire à supprimer les manifestations physiques de sa mutation.

Erik représente une troisième voie : non seulement il refuse de cacher sa différence, mais il considère que Raven ne devrait jamais avoir honte de la sienne.

Cette relation permet au film de montrer comment Magneto attire progressivement les mutants qui ne se reconnaissent plus dans le discours très optimiste de Xavier.

Une équipe de jeunes mutants attachante mais inégale

Le Commencement doit également former sa première équipe. Nicholas Hoult trouve rapidement sa place en Hank McCoy, tandis que Banshee, Havok et Darwin permettent au film de retrouver l’esprit collectif des premiers X-Men.

Tous ne bénéficient malheureusement pas du même traitement. Darwin est particulièrement mal exploité et sa disparition semble surtout destinée à montrer la dangerosité de Sebastian Shaw. Angel possède davantage de temps à l’écran, mais son évolution reste assez rapide.

Les séquences d’entraînement fonctionnent en revanche très bien. Matthew Vaughn retrouve quelque chose de ludique que la saga avait progressivement perdu. Charles et Erik apprennent à ces jeunes mutants à maîtriser leurs pouvoirs tout en construisant, sans encore le savoir, les fondations de deux camps qui finiront par s’affronter.

Les années 60 donnent une nouvelle identité à la saga

L’une des meilleures décisions du film consiste à inscrire réellement l’histoire dans son époque. La guerre froide n’est pas simplement un décor : Sebastian Shaw cherche à provoquer un conflit nucléaire entre les États-Unis et l’Union soviétique afin de favoriser l’émergence des mutants.

Le scénario intègre ainsi la crise des missiles de Cuba à son univers et imagine que les mutants ont secrètement participé à l’un des moments les plus dangereux du XXe siècle.

Cette approche permet également à Matthew Vaughn d’apporter une esthétique différente. Costumes, décors, technologie et ambiance de film d’espionnage donnent à Le Commencement une personnalité immédiatement reconnaissable.

Le film paraît ainsi beaucoup moins prisonnier de l’esthétique installée par la première trilogie.

Un préquel qui joue parfois avec sa propre continuité

En voulant relancer la franchise tout en racontant ses origines, Le Commencement entretient une relation assez étrange avec les films précédents.

Certains éléments fonctionnent parfaitement comme des origines : la relation entre Xavier et Magneto, la création de Cerebro ou encore la manière dont Charles se retrouve en fauteuil roulant. D’autres correspondent beaucoup moins facilement à ce que la première trilogie avait établi.

Le film préfère manifestement raconter la meilleure histoire possible plutôt que de respecter chaque détail de continuité. Ce choix deviendra encore plus évident dans les épisodes suivants.

Deux apparitions permettent néanmoins de rattacher très directement le film à la saga originale. Celle de Wolverine est aussi courte qu’efficace, tandis que Rebecca Romijn effectue un clin d’œil particulièrement bien trouvé à la Mystique des premiers films.

Matthew Vaughn redonne de l’énergie aux X-Men

Après L’Affrontement final et X-Men Origins: Wolverine, la franchise avait besoin de retrouver une véritable identité. Matthew Vaughn apporte justement beaucoup de rythme et une mise en scène plus légère sans abandonner les thèmes historiques de la saga.

Le film parle toujours de différence, d’acceptation et de peur de l’autre, mais retrouve également un véritable plaisir de film d’aventure.

Quelques effets numériques ont moins bien vieilli et certains mutants secondaires manquent de développement, mais l’ensemble possède une cohérence que les deux épisodes précédents avaient largement perdue.

Surtout, le réalisateur comprend que le véritable intérêt des X-Men ne réside pas uniquement dans leurs pouvoirs. Ce sont les relations entre les personnages et leurs différentes manières d’envisager leur place dans le monde qui donnent du poids aux affrontements.

Bien plus qu’un simple retour aux origines

X-Men : Le Commencement aurait facilement pu se contenter d’expliquer comment Xavier a fondé son école, rencontré Magneto ou perdu l’usage de ses jambes. Matthew Vaughn utilise heureusement le principe du préquel pour raconter quelque chose de plus intéressant : comment deux hommes capables de devenir amis finissent par choisir des chemins opposés.

James McAvoy et Michael Fassbender réussissent surtout l’exploit de reprendre deux personnages associés à Patrick Stewart et Ian McKellen sans donner l’impression d’en proposer de simples copies.

Nous connaissons dès le début la destination de Charles et Erik. Toute la réussite du film consiste à nous faire croire, pendant deux heures, qu’ils pourraient encore choisir de rester ensemble.

En résumé

X-Men : Le Commencement relance brillamment la saga grâce à son ambiance des années 60 et surtout à l’excellent duo formé par James McAvoy et Michael Fassbender. Quelques personnages secondaires restent sous-exploités et la continuité avec les premiers films est parfois approximative, mais Matthew Vaughn retrouve ce qui faisait la force des meilleurs X-Men : des super-pouvoirs au service d’un véritable conflit d’idées.

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