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La Corde du pendu et autres histoires

Couverture de La Corde du pendu et autres histoires

Lucky Luke — Tome 20

La Corde du pendu et autres histoires

Vicq, René Goscinny, Bob de Groot, Dom Domi, Lodewijk et Morris

Éditeur : Dargaud

Sortie originale : 1 juin 1982

3/5

Réunissant sept histoires courtes publiées dans différents journaux, La Corde du pendu et autres histoires présente plusieurs variations autour de Lucky Luke et de l’Ouest américain. Certaines aventures retrouvent l’efficacité des meilleurs albums, tandis que d’autres ressemblent davantage à des anecdotes rapidement développées.

Une excellente histoire pour ouvrir l’album

Dans La Corde du pendu, Lucky Luke arrive dans une ville où le moindre délit risque de conduire un homme à la potence. Derrière cette justice expéditive se cache un commerçant qui profite directement des condamnations.

Le scénario de Vicq détourne efficacement le thème classique du lynchage. L’humour noir fonctionne parce qu’il repose sur une véritable critique : la population réclame des pendaisons sans chercher à connaître la vérité, tandis qu’un marchand transforme la justice en commerce.

Cette première histoire est probablement la plus aboutie du recueil. Malgré son format réduit, elle développe une situation, un adversaire identifiable et une résolution satisfaisante.

Les Dalton retrouvent Goscinny

Les Dalton prennent le train est une aventure très courte, mais immédiatement reconnaissable comme un scénario de René Goscinny. Les quatre frères tentent d’attaquer des trains, avant de découvrir que d’autres bandits ont adopté la même idée.

Le récit repose sur une mécanique comique simple et parfaitement rythmée. Joe s’obstine, Averell pose ses questions absurdes et les attaques tournent systématiquement au désastre.

Cette histoire n’apporte rien de vraiment nouveau aux Dalton, mais elle rappelle combien Goscinny savait exploiter leurs caractères en quelques pages seulement.

Des personnages secondaires parfois plus intéressants que l’intrigue

Dans Le Justicier, Lucky Luke tente de transformer le maladroit Zozzo en défenseur crédible de sa ville. Le personnage est attachant, mais l’histoire développe assez longuement un gag dont la conclusion se devine rapidement.

La Mine du chameau s’inspire quant à elle de la véritable tentative d’introduire des chameaux dans l’Ouest américain. Cette curiosité historique offre un sujet original, même si le récit reste trop bref pour exploiter pleinement son potentiel.

La Bonne Parole repose sur un prédicateur fanatique dont l’inconscience provoque une série de catastrophes. La caricature est amusante, mais nettement moins subtile que dans les grands albums consacrés à la religion ou aux croyances collectives.

Lucky Luke presque absent de sa propre aventure

Li-Chi’s Story constitue la proposition la plus étonnante du recueil. Lucky Luke n’y apparaît pratiquement pas et laisse la place à un immigrant chinois confronté aux difficultés de son installation dans l’Ouest.

Cette histoire apporte un changement de perspective intéressant, mais les stéréotypes employés ont sensiblement vieilli. L’intention paraît plutôt bienveillante, sans empêcher certaines représentations d’être aujourd’hui embarrassantes.

Règlement de comptes s’intéresse de son côté à un enchaînement amoureux autour de la danseuse Laura Legs. L’idée permet de placer Lucky Luke dans une situation sentimentale inhabituelle, mais le format court empêche là encore le récit de dépasser la simple plaisanterie.

Un véritable album ou un assemblage ?

La diversité des scénaristes et des époques de publication donne au recueil un caractère très irrégulier. Certaines histoires sont construites comme de petites aventures autonomes, tandis que d’autres ressemblent à des intermèdes destinés à un magazine.

Morris conserve son efficacité visuelle, notamment dans les expressions et les gags physiques. Les deux histoires réalisées avec l’aide du studio Dargaud paraissent toutefois moins personnelles et moins précises que celles entièrement dessinées par lui.

L’album possède donc davantage la valeur d’une compilation que celle d’une aventure majeure. Il permet de retrouver quelques bonnes idées dispersées, mais manque d’unité et de véritable progression.

En résumé

La Corde du pendu et autres histoires contient plusieurs réussites, particulièrement son récit-titre et la courte apparition des Dalton écrite par Goscinny. Les autres histoires proposent des situations originales, mais souffrent souvent de leur brièveté et d’une qualité variable. Un recueil plaisant et intéressant pour les amateurs de Lucky Luke, sans constituer un album indispensable de la série.

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