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The Crow: Wicked Prayer

Affiche de The Crow: Wicked Prayer

The Crow: Wicked Prayer

Titre original : The Crow: Wicked Prayer

Réalisation : Lance Mungia

Avec : Edward Furlong, David Boreanaz, Tara Reid

Production / distribution : Dimension Films, Edward R. Pressman Film Corporation, Jeff Most Productions / sortie directement en vidéo en France

Durée : 1 h 39

Adaptation : Comics

Sortie : 3 juin 2005

1/5

Après trois films de qualité de plus en plus discutable, The Crow revient en 2005 avec Edward Furlong dans le rôle de Jimmy Cuervo, un ancien détenu assassiné avec sa compagne Lilly par un groupe de satanistes. Ressuscité par le corbeau, il part évidemment se venger. Sur le papier, le quatrième film tente au moins de renouveler la formule en y ajoutant rituels démoniaques et nouvelle mythologie. À l’écran, le résultat ressemble surtout à une série B fauchée qui a parfois des allures de parodie involontaire.

Un casting improbable dans un film qui l’est encore davantage

Il suffit pourtant de regarder les noms : Edward Furlong, David Boreanaz, Tara Reid, Emmanuelle Chriqui, Danny Trejo et même Dennis Hopper. Difficile de comprendre comment une distribution aussi reconnaissable a pu aboutir à quelque chose d’aussi peu convaincant.

Edward Furlong peine à donner à Jimmy la moindre aura tragique et son passage en Crow ne produit jamais la transformation espérée. David Boreanaz semble quant à lui évoluer dans un tout autre film, en poussant progressivement son Luc Crash vers une extravagance presque comique. Quant à Dennis Hopper, son apparition achève de faire basculer certaines scènes dans un registre assez difficile à prendre au sérieux.

Le premier The Crow pouvait être excessif parce que son univers tout entier soutenait cette démesure. Ici, plus le film cherche à paraître sombre et démoniaque, plus il devient involontairement drôle.

Du gothique au satanisme de série B

Wicked Prayer ne se contente pas de reprendre le comic de James O’Barr : il s’inspire également du roman dérivé de Norman Partridge. L’idée pourrait permettre de réinventer profondément la franchise, notamment avec son cadre différent et son intrigue autour d’un rituel satanique.

Mais la poésie morbide a pratiquement disparu. Le deuil, qui constituait le véritable moteur du premier film, laisse la place à une accumulation de symboles religieux, de méchants caricaturaux et de dialogues souvent embarrassants. Même la mise en scène ne possède plus suffisamment de personnalité pour compenser les faiblesses du scénario.

La Cité des anges pouvait au moins compter sur sa photographie. Salvation essayait de transformer la vengeance en enquête. Wicked Prayer, lui, donne surtout l’impression que la franchise ne sait plus pourquoi elle existe.

Une fin de parcours assez logique

Le film n’a bénéficié que d’une exploitation américaine très limitée avant d’être essentiellement diffusé en vidéo ; en France, il est sorti directement en vidéo. Il restera ensuite le dernier long-métrage de la franchise pendant près de vingt ans, jusqu’à la nouvelle adaptation de 2024.

Et difficile de ne pas y voir une conséquence logique. À force de vouloir transformer The Crow en concept reproductible, les suites avaient progressivement retiré tout ce qui rendait le premier film exceptionnel.

En résumé

The Crow: Wicked Prayer possède un casting étonnant et tente vaguement de renouveler la mythologie, mais presque tout échoue : interprétation, dialogues, ambiance, mise en scène et antagonistes. Le résultat est parfois davantage amusant que réellement sombre, ce qui n’était probablement pas l’objectif.

Après trois suites, la franchise ne ressemble pratiquement plus à l’œuvre gothique et mélancolique qui l’avait fait naître. Cette fois, le corbeau aurait peut-être mieux fait de rester chez lui.

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