MiklMayer.fr

Superman

Affiche de Superman

Superman

Titre original : Superman

Réalisation : James Gunn

Avec : David Corenswet, Rachel Brosnahan et Nicholas Hoult

Production / distribution : DC Studios, Troll Court Entertainment, The Safran Company / Warner Bros. Pictures

Durée : 2 h 09

Adaptation : Comics

Sortie : 9 juillet 2025

4/5

Après des années de changements de direction, de projets abandonnés et d’univers successifs, DC repart sur de nouvelles bases avec Superman. James Gunn ne cherche pourtant pas à raconter une nouvelle fois les origines du personnage. Lorsque le film commence, Clark Kent est déjà Superman, travaille au Daily Planet et entretient une relation avec Lois Lane.

Ce choix permet d’entrer immédiatement dans un univers déjà vivant. Plus lumineux, coloré et ouvertement inspiré des comics, ce nouveau Superman tranche radicalement avec l’approche précédente. Tout ne fonctionne pas avec la même efficacité et James Gunn veut parfois en mettre beaucoup dans un seul film, mais David Corenswet impose surtout un Superman profondément humain, bienveillant et idéaliste sans jamais le rendre naïf.

Un Superman qui existe déjà

James Gunn prend une décision particulièrement bienvenue : ne pas raconter une troisième fois l’arrivée de Superman sur Terre.

Pas de destruction de Krypton suivie du bébé envoyé dans l’espace, pas de longue découverte de ses pouvoirs et pas besoin d’attendre la moitié du film pour voir Clark enfiler son costume. Superman existe depuis plusieurs années et le monde s’est déjà habitué à sa présence.

Cette approche donne immédiatement au film une sensation différente. Nous entrons dans un univers où les super-héros ne constituent pas une anomalie. Ils sont déjà là, possèdent leur propre histoire et interviennent sans qu’une heure d’exposition soit nécessaire pour justifier leur existence.

James Gunn fait confiance au spectateur pour suivre.

Cela lui permet surtout de s’intéresser à ce qui semble réellement l’intéresser : non pas comment Clark Kent est devenu Superman, mais pourquoi il continue à vouloir faire le bien dans un monde qui ne partage pas toujours son optimisme.

David Corenswet réussit le plus difficile

Succéder à Christopher Reeve, Brandon Routh et Henry Cavill n’avait rien d’évident. David Corenswet parvient pourtant rapidement à trouver sa propre version du personnage.

Son Superman est puissant mais vulnérable, impressionnant mais parfois maladroit. Il peut sauver le monde avant de se retrouver déstabilisé par une conversation avec Lois.

Surtout, le film remet au centre une caractéristique fondamentale du personnage : sa bonté.

Superman ne sauve pas uniquement des villes ou des foules anonymes. Il accorde de l’importance à chaque vie. Cette vision pourrait facilement devenir naïve ou excessivement sentimentale, mais David Corenswet la rend crédible parce qu’il ne joue jamais Clark comme un homme parfait.

Il doute, s’énerve, se trompe et peut être blessé.

Sa force ne vient finalement pas seulement de ses pouvoirs. Elle vient de son refus d’abandonner certains principes simplement parce que le monde les considère comme dépassés.

Clark Kent retrouve une véritable place

L’autre réussite vient du retour de Clark Kent.

Certaines adaptations ont parfois donné l’impression que Clark n’était qu’un costume permettant à Superman de se cacher parmi les humains. James Gunn adopte presque la logique inverse : son humanité constitue précisément ce qui définit Superman.

Le Daily Planet retrouve donc une vraie importance.

Clark possède des collègues, un métier et une vie qui ne se limite pas à attendre la prochaine catastrophe. Cette dimension permet au film de retrouver quelque chose d’essentiel dans le personnage : Superman appartient à la Terre parce qu’il y a construit sa vie.

Les scènes consacrées à ses parents adoptifs renforcent encore cette idée. Derrière l’extraterrestre capable de soulever des immeubles demeure le fils de deux fermiers du Kansas.

Lois Lane n’est pas réduite à la femme de Superman

Rachel Brosnahan constitue l’autre excellente surprise du film.

Sa Lois Lane possède du caractère, de l’intelligence et surtout une véritable fonction dans l’histoire. Elle n’existe pas uniquement comme intérêt amoureux de Clark ou comme personne à sauver.

La relation entre Lois et Clark fonctionne notamment parce qu’elle n’est pas idéalisée. Lois interroge les décisions de Superman, questionne sa manière d’intervenir et refuse de considérer que ses bonnes intentions suffisent nécessairement à régler toutes les conséquences de ses actions.

L’une de leurs conversations devient ainsi beaucoup plus intéressante qu’un affrontement spectaculaire.

Rachel Brosnahan et David Corenswet possèdent surtout une alchimie suffisamment naturelle pour donner l’impression que leur relation existait avant le début du film.

Nicholas Hoult offre enfin un Lex Luthor réellement menaçant

Lex Luthor représente depuis toujours l’adversaire naturel de Superman : un homme sans pouvoirs convaincu que son intelligence peut lui permettre de dominer un être pratiquement invincible.

Nicholas Hoult embrasse totalement cette idée.

Son Lex est arrogant, calculateur, jaloux et profondément obsédé par Superman. Contrairement à certaines versions cinématographiques qui cherchaient à rendre le personnage excentrique, celui-ci n’a pas besoin d’accumuler les extravagances pour devenir inquiétant.

Sa haine de Superman constitue presque une humiliation personnelle.

Hoult réussit particulièrement bien à montrer ce mélange d’intelligence et de frustration. Plus Superman apparaît naturellement aimé, plus Lex semble incapable de supporter son existence.

Le personnage aurait parfois mérité davantage de retenue, mais il constitue un adversaire suffisamment fort pour porter cette nouvelle incarnation.

Beaucoup de personnages pour un premier film

James Gunn ne construit pas un monde vide autour de Superman.

Guy Gardner, Hawkgirl et Mister Terrific sont déjà présents. Metamorpho rejoint également cette galerie tandis que Jimmy Olsen et les journalistes du Daily Planet occupent leur propre place.

Cette abondance constitue à la fois une qualité et une faiblesse.

Elle donne au film l’impression d’être tiré directement d’un univers DC déjà immense. Superman n’est pas le premier super-héros de son monde et n’a donc pas besoin de provoquer l’apparition de tous les autres.

Mais le scénario veut parfois présenter tellement de personnages, de concepts et de situations qu’il devient difficile de leur accorder suffisamment de temps.

Mister Terrific tire particulièrement bien son épingle du jeu, tandis que certains personnages ressemblent davantage à des promesses pour de futures histoires.

Krypto vole régulièrement la vedette

Krypto aurait facilement pu devenir l’élément insupportable du film.

Il en devient au contraire l’un des plus attachants.

James Gunn assume complètement le concept du chien doté de super-pouvoirs sans chercher à le rendre réaliste ou à s’en excuser. Krypto est turbulent, incontrôlable et loin du compagnon parfaitement discipliné que Superman pourrait espérer.

Ses apparitions apportent une légèreté bienvenue.

Mais derrière les gags, Krypto participe également à cette volonté de retrouver la fantaisie des comics. Le film n’a pas honte de son matériau d’origine.

Un chien volant peut donc cohabiter avec une intrigue plus sérieuse sans que le scénario ressente constamment le besoin de faire un clin d’œil au spectateur pour lui signaler l’absurdité de la situation.

James Gunn assume enfin les couleurs des comics

Visuellement, Superman constitue presque une déclaration d’intention.

Les couleurs sont franches, le costume est immédiatement identifiable et les environnements abandonnent volontairement une partie du réalisme qui dominait plusieurs adaptations précédentes.

Metropolis ressemble à une ville dans laquelle Superman peut réellement exister.

Cette esthétique ne fonctionne pas toujours parfaitement. Certains effets numériques sont inégaux et quelques créatures paraissent moins convaincantes que d’autres.

Mais l’ensemble possède une identité.

James Gunn préfère risquer l’excès plutôt que de chercher à rendre Superman crédible en supprimant tout ce qui pourrait sembler trop « comic book ».

Et cette liberté fait énormément de bien au personnage.

Un film parfois victime de son enthousiasme

Le principal défaut de Superman vient paradoxalement de tout ce que James Gunn semble aimer dans cet univers.

Il veut tout montrer.

Superman, Lois, Lex, le Daily Planet, Krypto, plusieurs autres super-héros, des créatures gigantesques, des dimensions alternatives, des robots et une multitude d’idées s’enchaînent à une vitesse impressionnante.

Cette générosité empêche rarement le film d’être divertissant, mais elle nuit parfois à sa respiration.

Certaines intrigues auraient gagné à être simplifiées et plusieurs personnages mériteraient davantage de développement. Le récit donne parfois l’impression de découvrir simultanément Superman et tout l’univers DC qui l’entoure.

James Gunn évite heureusement le piège consistant à transformer son film en simple bande-annonce pour les productions suivantes.

Malgré tous ces personnages, Superman reste au centre de l’histoire.

L’humour James Gunn ne fonctionne pas toujours

Le réalisateur conserve également son goût pour les personnages excentriques et les situations absurdes.

Lorsque cet humour naît naturellement des personnages, il fonctionne très bien. Krypto, Guy Gardner ou certaines interactions au Daily Planet apportent une légèreté parfaitement cohérente avec l’univers.

D’autres plaisanteries semblent davantage appartenir aux habitudes du réalisateur.

Quelques scènes auraient gagné à rester simplement émotionnelles sans chercher immédiatement une nouvelle occasion de faire sourire.

Le problème reste toutefois limité : Superman ne transforme jamais son héros en objet de moquerie. James Gunn peut rire de son univers, mais il respecte profondément ce que Superman représente.

C’est probablement cette différence qui permet au film de conserver son cœur.

Superman peut encore être Superman

C’était finalement le véritable défi.

Comment faire fonctionner en 2025 un personnage créé en 1938, profondément gentil, convaincu que chaque vie mérite d’être sauvée et refusant de céder au cynisme ?

James Gunn répond en ne cherchant justement pas à moderniser ces valeurs.

Le monde autour de Superman peut être cynique. Lex Luthor peut considérer son comportement comme une faiblesse. Lois peut remettre en question certaines de ses décisions. Superman lui-même peut douter.

Mais sa bienveillance n’est jamais présentée comme quelque chose dont il devrait avoir honte.

Le film comprend ainsi que Superman n’a pas besoin de devenir plus sombre pour paraître moderne.

Il doit simplement rester humain.

En résumé

Superman réussit l’essentiel : redonner au personnage sa générosité, son optimisme et son humanité sans effacer sa dimension spectaculaire. David Corenswet trouve immédiatement sa place sous la cape, Rachel Brosnahan compose une excellente Lois Lane et Nicholas Hoult offre un Lex Luthor véritablement obsédé par son adversaire.

James Gunn veut cependant tellement installer son nouvel univers qu’il surcharge parfois son récit. Les personnages secondaires se multiplient, certaines idées passent trop rapidement et son humour n’est pas toujours aussi efficace qu’il le souhaiterait.

Mais derrière cette profusion se trouve une compréhension particulièrement juste de Superman. Un héros n’a pas nécessairement besoin d’être sombre, torturé ou cynique pour être intéressant. Parfois, vouloir simplement faire ce qui est juste constitue déjà une forme de rébellion.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR