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The End

Couverture de The End

Album indépendant — One-shot

The End

Zep

Éditeur : Rue de Sèvres

Sortie originale : 25 avril 2018

4/5

Avec The End, Zep s’éloigne radicalement de Titeuf pour proposer un thriller écologique inquiétant. Théodore, jeune stagiaire, rejoint une équipe de chercheurs installée dans une forêt suédoise. Leur sujet d’étude : la communication entre les arbres. Mais tandis que d’étranges morts se produisent, une hypothèse commence à émerger : et si la nature était capable de se défendre contre l’espèce qui la menace ?

La nature reprend le pouvoir

L’idée centrale de The End est aussi simple qu’efficace. Nous parlons constamment de la nécessité de « sauver la planète », comme si l’être humain en était le gardien. Zep renverse complètement cette perspective : la planète pourrait parfaitement continuer sans nous.

À partir de recherches réelles sur les interactions entre végétaux, l’auteur imagine donc une nature capable de réagir aux agressions humaines. La science sert de point de départ à la fiction sans que l’album cherche à faire passer son scénario pour une démonstration scientifique.

Le résultat fonctionne surtout grâce à une menace qui reste longtemps invisible. Pas de monstre ni de grand méchant : seulement une forêt, des animaux au comportement étrange et des événements que les personnages peinent à expliquer.

Un thriller lent et inquiétant

Zep prend son temps. Les premières pages installent Théodore, le professeur Frawley et les autres chercheurs avant que les éléments inquiétants ne commencent à s’accumuler.

Cette lenteur sert parfaitement l’atmosphère. Plus Théodore comprend ce qui pourrait se produire, plus cette forêt apparemment paisible devient menaçante.

Le scénario est néanmoins parfois un peu trop démonstratif dans son message écologique. Certains dialogues expliquent ce que les images avaient déjà parfaitement réussi à suggérer.

Les personnages restent également assez secondaires face au concept. Théodore constitue un bon point d’entrée dans l’histoire, mais il manque parfois d’épaisseur pour que le final possède toute la puissance émotionnelle qu’il aurait pu avoir.

Un autre Zep

C’est graphiquement que The End impressionne le plus.

Impossible ici de réduire Zep au créateur de Titeuf. Son trait réaliste est élégant et expressif, tandis que son utilisation de la couleur donne une identité très forte à l’album. Les différentes séquences adoptent régulièrement une dominante chromatique qui participe directement à l’ambiance.

Surtout, la forêt devient pratiquement un personnage.

Les arbres occupent l’espace, envahissent certaines compositions et finissent par paraître gigantesques face aux humains. La couverture résume d’ailleurs parfaitement cette idée : un homme minuscule au pied d’une nature immense.

En résumé

The End est un thriller écologique efficace qui repose sur une excellente inversion de perspective : et si ce n’était pas la nature qu’il fallait sauver de sa disparition, mais l’humanité qui devait craindre la réaction de la nature ?

Le message manque parfois de subtilité et les personnages auraient mérité davantage de développement, mais Zep compense largement par une atmosphère inquiétante et un remarquable travail graphique.

Un roman graphique qui confirme surtout l’étendue de son registre, très loin de l’univers de Titeuf.

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