Astérix et le Coup du menhir
Voix VF : Roger Carel, Pierre Tornade, Henri Labussière, Julien Guiomar, Marie-Anne Chazel
Production / distribution : Dargaud Films, Extrafilm, Gaumont International / Gaumont International
Durée : 1 h 21
Adaptation : Jeunesse
Sortie : 4 octobre 1989
Trois ans après Astérix chez les Bretons, les Gaulois reviennent au cinéma avec Astérix et le Coup du menhir. Réalisé par Philippe Grimond et sorti en France en 1989, ce sixième long métrage animé puise dans deux albums de René Goscinny et Albert Uderzo : Le Combat des chefs et Le Devin. Roger Carel et Pierre Tornade reprennent Astérix et Obélix, tandis qu’Henri Labussière prête sa voix à Panoramix.
Deux albums, mais un mélange moins évident
Après La Surprise de César, qui réunissait déjà deux aventures, le film reprend le principe en mélangeant cette fois Le Combat des chefs et Le Devin. Le coup de menhir reçu par Panoramix vient du premier, tandis que Prolix et sa manipulation des habitants du village sont empruntés au second.
L’association est plutôt logique : dans les deux cas, le village se retrouve fragilisé de l’intérieur. Panoramix n’est plus en état de préparer correctement sa potion tandis que Prolix exploite la crédulité des Gaulois. Astérix ne peut donc plus simplement compter sur la force habituelle du village.
Mais la fusion est moins naturelle que dans La Surprise de César. Les deux intrigues cohabitent plus qu’elles ne deviennent véritablement indissociables, avec une impression occasionnelle de passer d’un album à l’autre.
Panoramix complètement fou
Le meilleur choix du film reste probablement de placer Panoramix dans une situation inhabituelle. Habituellement figure de sagesse et de stabilité, le druide devient ici totalement imprévisible après avoir reçu le menhir d’Obélix sur la tête.
Ses tentatives pour retrouver la potion magique permettent surtout au film de multiplier les expériences absurdes. Les préparations ratées produisent des résultats toujours plus improbables et transforment le pauvre Romain chargé de les tester en cobaye involontaire.
Henri Labussière s’en donne à cœur joie et offre un Panoramix bien différent de celui auquel on est habitué. Cette folie fonctionne d’autant mieux que le personnage est normalement l’un des rares habitants du village à conserver son calme.
Prolix et la crédulité des Gaulois
L’autre grande idée vient du Devin. Prolix n’a besoin ni d’une armée ni d’une potion magique : quelques prédictions suffisamment vagues lui permettent de prendre une influence considérable sur les habitants.
Julien Guiomar lui apporte une voix imposante, parfaitement adaptée à ce charlatan qui comprend très vite comment exploiter les peurs et les superstitions de ceux qui l’écoutent.
C’est ici que l’on retrouve le mieux la satire de Goscinny. Astérix voit immédiatement clair dans son jeu, mais la raison pèse finalement assez peu face à des gens qui ont envie de croire ce qu’on leur raconte. Derrière la comédie pour enfants se cache donc une moquerie toujours assez efficace de la crédulité collective.
Astérix doit se débrouiller presque sans potion magique
En privant temporairement Panoramix de ses facultés, le scénario retrouve aussi une qualité essentielle du personnage d’Astérix : sa véritable force n’a jamais été uniquement la potion magique.
Face à Prolix comme aux Romains, il doit observer, comprendre et ruser. Le film rappelle ainsi que le petit Gaulois fonctionne souvent mieux lorsqu’il ne peut pas résoudre immédiatement ses problèmes avec une rasade de potion.
Obélix se retrouve dans la situation inverse. Responsable de l’état de Panoramix après son malheureux lancer de menhir, il oscille entre culpabilité et maladresse. Pierre Tornade exploite parfaitement ce côté enfantin du personnage, toujours capable de provoquer une catastrophe en voulant bien faire.
Une animation efficace, mais un Astérix qui commence à tourner en rond
La coproduction franco-allemande permet au film de conserver un niveau technique très correct. Philippe Grimond privilégie une animation lisible et énergique, avec quelques transformations particulièrement amusantes lors des expériences de Panoramix.
Mais après Les Douze Travaux, La Surprise de César et Astérix chez les Bretons, une certaine routine commence aussi à apparaître. Les films restent agréables, les voix excellentes et l’univers immédiatement reconnaissable, mais chacun semble désormais chercher sa nouvelle combinaison d’albums sans retrouver la liberté créative du film de 1976.
Le Coup du menhir possède suffisamment de bonnes idées pour fonctionner, notamment grâce à Panoramix et Prolix, mais il ressemble davantage à un bon épisode supplémentaire qu’à une nouvelle étape dans l’histoire cinématographique d’Astérix.
En résumé
Astérix et le Coup du menhir trouve une idée intéressante en associant Le Combat des chefs et Le Devin. Panoramix devenu complètement imprévisible apporte les scènes les plus délirantes, tandis que Prolix permet de retrouver la dimension satirique de Goscinny autour de la crédulité et de la superstition.
Le mélange des deux albums reste toutefois moins fluide que celui de La Surprise de César et l’ensemble donne parfois le sentiment que la formule animée commence à manquer de renouvellement. Un Astérix sympathique, drôle et parfaitement regardable, mais moins marquant que les meilleurs épisodes qui l’ont précédé.
L’avis des lecteurs
Les lecteurs donnent leur avis
Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.
Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.




