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Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2

Affiche de Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2

Titre original : Guardians of the Galaxy Vol. 2

Réalisation : James Gunn

Avec : Chris Pratt, Zoe Saldaña, Dave Bautista, Michael Rooker, Kurt Russell

Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France

Durée : 2 h 16

Adaptation : Comics

Sortie : 26 avril 2017

★★★★★ 4/5

Après le succès surprise des Gardiens de la Galaxie, James Gunn retrouve son équipe en 2017 pour une deuxième aventure. Chris Pratt, Zoe Saldaña, Dave Bautista, Bradley Cooper et Vin Diesel sont de retour, rejoints notamment par Kurt Russell dans le rôle d’Ego et Pom Klementieff dans celui de Mantis. Plutôt que d’élargir immédiatement la place des Gardiens dans le MCU, cette suite choisit de s’intéresser davantage à leurs relations et au passé de Peter Quill.

Une équipe devenue famille… mais une famille qui se dispute beaucoup

Le premier film racontait comment cinq marginaux pouvaient finir par former une famille. Le deuxième s’intéresse logiquement à ce qui arrive une fois qu’ils doivent réellement vivre ensemble. Et manifestement, personne chez les Gardiens ne sait communiquer normalement.

Rocket provoque inutilement des conflits, Peter et Gamora refusent d’assumer leurs sentiments, Drax dit absolument tout ce qui lui traverse l’esprit et Baby Groot se comporte comme l’enfant du groupe. Cette dynamique offre de très bons moments, même si James Gunn pousse parfois les disputes et les plaisanteries un peu trop loin.

L’humour est d’ailleurs plus envahissant que dans le premier volet. Drax fonctionne particulièrement bien grâce à Dave Bautista, mais certaines scènes donnent déjà l’impression que le film veut absolument placer un gag avant de laisser respirer une émotion.

Ego offre enfin à Peter le père qu’il recherchait

Kurt Russell constitue l’une des grandes réussites du film. Ego apparaît d’abord comme la réponse à toutes les questions laissées par le premier épisode : Peter découvre son père biologique et comprend enfin l’origine de ses capacités particulières.

Mais James Gunn utilise surtout cette rencontre pour interroger ce que signifie réellement être père. Ego peut offrir à Peter des pouvoirs, une origine extraordinaire et une place dans quelque chose d’immense. Pourtant, tout cela ne suffit pas à créer une relation familiale.

Le scénario oppose ainsi progressivement la filiation biologique à la famille que l’on choisit. C’est une idée assez simple, mais elle devient le véritable cœur de cette suite et permet à Peter d’évoluer sans simplement reproduire son parcours du premier film.

Yondu devient le véritable cœur du film

Michael Rooker était déjà excellent dans le premier volet, mais Vol. 2 donne enfin à Yondu toute son importance. Derrière le pirate brutal apparaît un personnage beaucoup plus fragile, rejeté par les Ravageurs et parfaitement conscient d’avoir commis de nombreuses erreurs.

Sa relation avec Rocket est particulièrement réussie parce que les deux personnages se ressemblent énormément. Tous deux préfèrent repousser les autres avant de risquer d’être abandonnés. Leurs échanges donnent à Rocket une profondeur supplémentaire tout en préparant l’évolution de Yondu.

Et surtout, le film comprend progressivement que le véritable père de Peter n’est peut-être pas celui qui lui a donné la vie. Ego lui offre une origine ; Yondu lui a donné une enfance, aussi imparfaite soit-elle. Derrière ses couleurs et ses plaisanteries, Vol. 2 raconte finalement une histoire assez touchante sur la paternité.

Gamora et Nebula : deux victimes qui n’ont jamais appris à être sœurs

Le film développe également beaucoup mieux Nebula. Karen Gillan n’est plus simplement l’adversaire secondaire du premier épisode : sa haine envers Gamora révèle progressivement les conséquences de leur éducation auprès de Thanos.

Leur rivalité prend alors une dimension beaucoup plus tragique. Gamora pensait devoir gagner leurs affrontements pour survivre, tandis que Nebula vivait chaque défaite comme une nouvelle mutilation infligée par leur père adoptif. Leur haine repose finalement sur deux réactions différentes au même traumatisme.

Cette relation s’intègre parfaitement au thème général. Peter, Gamora, Nebula, Rocket et Yondu parlent tous, d’une manière ou d’une autre, de familles dysfonctionnelles et de la possibilité d’en reconstruire une ailleurs.

Baby Groot : adorable, mais pas seulement là pour vendre des jouets

Transformer Groot en Baby Groot pouvait facilement ressembler à une opération commerciale particulièrement évidente. Et évidemment, le personnage est conçu pour être irrésistible. Mais James Gunn parvient malgré tout à l’intégrer naturellement au fonctionnement de l’équipe.

La séquence d’ouverture est exemplaire : tandis que les autres affrontent une créature gigantesque à l’arrière-plan, la caméra préfère suivre Groot en train de danser. Toute la philosophie des Gardiens tient presque dans cette scène : l’univers peut être menacé, mais les personnages restent plus importants que le spectacle.

Vin Diesel n’a toujours besoin que de quelques mots pour rendre Groot expressif. Le personnage apporte une innocence bienvenue au milieu d’un groupe où chacun transporte énormément de blessures.

Plus beau, plus grand… et parfois trop chargé

Visuellement, Vol. 2 pousse beaucoup plus loin l’esthétique cosmique du premier film. Les couleurs explosent, les planètes deviennent gigantesques et James Gunn assume encore davantage l’influence psychédélique des comics. Ego permet notamment de créer des décors volontairement démesurés.

Mais cette surenchère se retrouve aussi dans le scénario. Le film sépare régulièrement son équipe en plusieurs groupes et multiplie les intrigues secondaires. Certaines fonctionnent très bien, notamment autour de Yondu et Rocket, tandis que d’autres ralentissent un peu le récit.

Le premier film possédait l’efficacité d’une aventure qui avançait constamment. Cette suite est plus personnelle et probablement plus ambitieuse émotionnellement, mais également moins équilibrée.

Une suite qui préfère approfondir plutôt qu’élargir

C’est finalement ce qui distingue Vol. 2. James Gunn aurait pu simplement envoyer les Gardiens affronter une nouvelle menace cosmique encore plus gigantesque. Il préfère utiliser cette deuxième aventure pour comprendre pourquoi ses personnages sont devenus ce qu’ils sont.

La famille traverse presque toutes les intrigues : Peter et Ego, Gamora et Nebula, Rocket et son incapacité à accepter l’affection, Yondu et ses regrets. Même Mantis trouve progressivement une place auprès de personnages qui, comme elle, n’ont jamais vraiment su où était la leur.

Le résultat est moins frais que le premier film et parfois trop insistant dans son humour, mais il possède une véritable sincérité. Le premier Gardiens de la Galaxie construisait une famille ; le deuxième cherche à comprendre pourquoi chacun de ses membres en avait autant besoin.

En résumé

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 est moins équilibré que son prédécesseur et force parfois un peu trop son humour, mais approfondit remarquablement ses personnages. Kurt Russell fonctionne parfaitement en Ego, tandis que Yondu et Rocket donnent au film ses meilleurs moments et une véritable émotion.

 

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