X-Men: Days of Future Past
Titre original : X-Men: Days of Future Past
Avec : Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Patrick Stewart
Production / distribution : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, The Donners' Company / Twentieth Century Fox France
Durée : 2 h 12
Adaptation : Comics
Sortie : 21 mai 2014
Trois ans après X-Men : Le Commencement, Bryan Singer revient aux commandes et réunit les deux générations de la saga. Dans un futur où les Sentinelles exterminent mutants et humains susceptibles de leur donner naissance, Wolverine est envoyé en 1973 pour empêcher l’événement qui a conduit à cette catastrophe.
Un futur apocalyptique particulièrement efficace
Days of Future Past ne perd pas de temps. Dès les premières minutes, le film présente un monde dans lequel les mutants ont pratiquement perdu la guerre. Les Sentinelles sont devenues capables de s’adapter à leurs pouvoirs et semblent presque impossibles à arrêter.
Bryan Singer installe immédiatement une véritable sensation de danger. Blink, Bishop, Warpath, Sunspot, Colossus, Iceberg et Kitty Pryde ne cherchent même plus réellement à vaincre leurs adversaires : ils tentent simplement de survivre.
Les combats du futur comptent parmi les plus impressionnants de la saga, notamment parce qu’ils utilisent intelligemment les capacités complémentaires des mutants. Mais leur brutalité rappelle surtout que chaque erreur peut être fatale.
Le contraste est alors particulièrement fort lorsque Wolverine se réveille en 1973, dans un monde qui ignore encore complètement ce qui l’attend.
Wolverine devient le lien entre les deux générations
Le choix de Wolverine comme voyageur temporel est évidemment très pratique : sa capacité de régénération lui permet de supporter le transfert de conscience, tandis que Hugh Jackman constitue naturellement le lien entre les différentes périodes de la franchise.
Mais le film a l’intelligence de modifier légèrement son rôle.
Dans la première trilogie, Logan était celui que Xavier devait guider. En 1973, c’est désormais Wolverine qui doit retrouver un Charles Xavier complètement perdu et lui rappeler l’homme qu’il est censé devenir.
Hugh Jackman reste donc au centre du film sans écraser totalement les autres personnages. Wolverine sert davantage de témoin et de catalyseur à l’histoire que de solution à tous ses problèmes.
Charles Xavier est au plus bas
James McAvoy retrouve un Xavier radicalement différent de celui du Commencement. L’école a fermé, ses élèves sont partis et Charles a pratiquement abandonné son idéal.
Le film pousse même cette chute très loin : grâce à un traitement conçu par Hank, Xavier peut marcher, mais au prix de ses pouvoirs. Il préfère donc momentanément renoncer à ce qui fait de lui un mutant plutôt que de continuer à ressentir la souffrance des autres.
Sa rencontre avec Wolverine l’oblige progressivement à redevenir le professeur que nous connaissons.
L’une des plus belles idées du film consiste d’ailleurs à confronter symboliquement les deux Xavier. Patrick Stewart ne se contente alors plus d’être un visage familier : il devient celui qui rappelle à son jeune alter ego qu’il est encore capable d’espérer.
Magneto reste aussi indispensable qu’imprévisible
Michael Fassbender retrouve un Erik Lehnsherr encore plus radical. Emprisonné depuis des années sous le Pentagone, Magneto accepte temporairement de collaborer avec Charles et Wolverine, mais personne ne peut réellement savoir combien de temps cette alliance va durer.
Son évasion constitue d’ailleurs l’une des séquences les plus divertissantes du film grâce à l’arrivée de Quicksilver.
Une fois libre, Erik reste fidèle à lui-même. Là où Charles veut empêcher Mystique de commettre l’irréparable, Magneto envisage rapidement une solution beaucoup plus définitive.
Fassbender conserve surtout cette capacité à rendre compréhensible la logique du personnage sans excuser ses actes. Erik voit constamment le pire de l’humanité et finit par provoquer lui-même une partie de ce qu’il prétend vouloir empêcher.
Quicksilver vole le film en quelques minutes
Evan Peters n’a besoin que de quelques scènes pour imposer Quicksilver comme l’un des personnages les plus mémorables de la franchise.
La séquence du Pentagone est devenue emblématique pour une bonne raison. Bryan Singer trouve une manière extrêmement visuelle et amusante de représenter la super-vitesse : le monde semble pratiquement immobile tandis que Pietro se promène tranquillement au milieu des gardes, déplace les balles et réorganise la pièce à sa guise.
La scène fonctionne autant par sa mise en scène que par l’attitude du personnage.
Il est presque dommage que Quicksilver disparaisse ensuite d’une grande partie du film tant son pouvoir aurait pu résoudre plusieurs problèmes beaucoup trop facilement. Mais son passage suffit à donner un formidable regain d’énergie au récit.
Mystique devient le personnage dont dépend l’avenir
Si Wolverine déclenche la mission, Mystique en constitue véritablement le centre. L’avenir entier dépend d’une décision qu’elle doit prendre.
Jennifer Lawrence bénéficie ainsi d’un rôle beaucoup plus important que dans Le Commencement. Raven n’est désormais plus la jeune mutante cherchant simplement à accepter son apparence. Elle agit seule, possède ses propres convictions et ne se place plus naturellement sous l’autorité de Charles ou d’Erik.
C’est également à travers elle que leurs deux philosophies s’affrontent.
Magneto considère qu’il faut éliminer la menace, même si cela signifie sacrifier Raven. Xavier comprend progressivement qu’il ne peut pas la contrôler et qu’il doit lui faire confiance.
Le véritable enjeu du film devient donc moins d’empêcher Mystique d’agir que de lui permettre de choisir elle-même qui elle souhaite devenir.
Les Sentinelles donnent enfin une menace à la hauteur des X-Men
Présentes depuis longtemps dans les comics, les Sentinelles trouvent enfin une place centrale au cinéma.
Le film propose intelligemment deux versions. Celles des années 1970 sont encore des machines relativement rudimentaires conçues par Bolivar Trask, tandis que leurs descendantes du futur sont devenues des prédateurs presque parfaits capables de s’adapter aux pouvoirs mutants.
Peter Dinklage incarne un Trask beaucoup plus posé que le traditionnel scientifique fou. Il ne se considère pas comme un monstre et présente même son programme comme une réponse nécessaire à une nouvelle menace.
Cette sobriété rend le personnage plus crédible, même s’il reste finalement moins développé que Xavier, Magneto ou Mystique.
Bryan Singer réussit l’impossible réunion des deux sagas
La grande difficulté de Days of Future Past consistait à faire cohabiter les acteurs de la trilogie originale avec ceux du Commencement sans transformer le film en simple catalogue de retrouvailles.
Bryan Singer trouve une solution particulièrement élégante : l’ancienne génération représente les conséquences, tandis que la nouvelle peut encore modifier leurs causes.
Patrick Stewart et Ian McKellen disposent finalement d’un temps d’écran assez limité, mais leur présence donne immédiatement du poids au futur. Nous connaissons ces personnages depuis plusieurs films et voir Xavier et Magneto réunis face à leur disparition annoncée possède une véritable force émotionnelle.
Le procédé permet également au film de réparer ou contourner certains choix de L’Affrontement final sans passer son temps à les expliquer.
Une chronologie qui commence sérieusement à se compliquer
Le voyage dans le temps permet à la saga de s’offrir une nouvelle liberté, mais il rend également sa continuité beaucoup plus fragile.
Days of Future Past fonctionne parfaitement lorsqu’on accepte son principe : modifier 1973 entraîne la création d’un nouvel avenir. Le problème apparaît lorsqu’on tente de faire correspondre chaque événement avec les films précédents.
Âges des personnages, rencontres, événements historiques et différentes versions de certains mutants deviennent progressivement difficiles à réconcilier.
Le film s’en sort encore parce que son histoire reste suffisamment solide pour que ces contradictions passent au second plan. Les épisodes suivants auront beaucoup plus de mal à maintenir cet équilibre.
L’un des films les plus ambitieux de la saga
Days of Future Past aurait facilement pu s’effondrer sous le poids de ses personnages, de ses deux époques et de sa continuité. C’est presque l’inverse qui se produit.
Bryan Singer utilise le voyage temporel pour revenir au cœur de la saga : Xavier croit que les humains et les mutants peuvent vivre ensemble, Magneto pense que le conflit est inévitable, et Mystique se retrouve entre ces deux visions.
Le spectacle reste important, mais il ne remplace jamais complètement les personnages. Même le gigantesque final autour de la Maison-Blanche dépend finalement moins de la puissance de Wolverine ou Magneto que d’un choix personnel effectué par Raven.
En réunissant passé et futur, Days of Future Past ne se contente pas de célébrer les films précédents : il leur offre une seconde chance et rappelle pourquoi Xavier et Magneto restent le cœur de l’univers X-Men.
En résumé
X-Men: Days of Future Past réussit l’exploit de réunir les deux générations de la franchise sans se transformer en simple accumulation de caméos. Hugh Jackman assure parfaitement le lien, James McAvoy et Michael Fassbender approfondissent encore Xavier et Magneto, tandis que Mystique devient véritablement centrale. Malgré une chronologie qui commence à devenir acrobatique, Bryan Singer signe l’un des épisodes les plus solides et ambitieux de la saga.
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