X-Men Origins: Wolverine
Titre original : X-Men Origins: Wolverine
Avec : Hugh Jackman, Liev Schreiber, Danny Huston, Ryan Reynolds
Production / distribution : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, The Donners' Company / Twentieth Century Fox France
Durée : 1 h 47
Adaptation : Comics
Sortie : 29 avril 2009
Après la première trilogie, Wolverine devient le premier X-Men à obtenir son propre film. X-Men Origins: Wolverineremonte aux origines de Logan, de son enfance aux expériences qui vont recouvrir son squelette d’adamantium. Hugh Jackman reprend évidemment le rôle, accompagné notamment de Liev Schreiber, Danny Huston et Ryan Reynolds.
Les premières minutes promettaient un tout autre film
Le générique d’ouverture reste probablement l’une des meilleures idées du film. Logan et Victor traversent ensemble plusieurs conflits majeurs de l’Histoire : guerre de Sécession, Première Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale puis guerre du Viêt Nam. En quelques minutes, le film montre deux frères pratiquement immortels qui voient les générations disparaître tandis qu’eux continuent de combattre.
Il y avait presque matière à construire un film entier autour de cette idée. Surtout, cette introduction permet immédiatement de différencier Logan et Victor. Wolverine conserve progressivement certaines limites morales tandis que son frère semble prendre de plus en plus de plaisir dans la violence. Malheureusement, le film abandonne rapidement cette dimension historique pour revenir vers une histoire de vengeance beaucoup plus conventionnelle.
Hugh Jackman connaît parfaitement Wolverine
Après trois films, Hugh Jackman maîtrise évidemment son personnage. Cette fois, il peut montrer un Logan antérieur à celui découvert dans X-Men. Il connaît encore son passé, possède une relation avec Victor et n’est pas encore l’homme amnésique qui se réveillera des années plus tard sans savoir réellement qui il est.
Jackman apporte suffisamment de présence et d’intensité pour maintenir le film à flot, y compris lorsque le scénario devient beaucoup moins convaincant. Le problème est que Origins devait précisément nous permettre de comprendre Wolverine autrement. Nous découvrons bien comment il obtient son adamantium et comment il perd la mémoire, mais beaucoup de réponses ressemblent davantage à des cases qu’il fallait cocher qu’à de véritables révélations sur le personnage.
Liev Schreiber est un excellent Dents-de-Sabre
L’une des meilleures décisions du film reste le choix de Liev Schreiber pour incarner Victor Creed. Son Dents-de-Sabre possède une brutalité presque animale, mais également une véritable relation avec Logan. Ils ne sont pas simplement deux mutants destinés à s’affronter : ils ont grandi et combattu ensemble pendant plus d’un siècle.
Schreiber réussit à rendre Victor inquiétant sans avoir besoin d’en faire constamment trop. La rivalité entre les deux frères aurait d’ailleurs dû être le véritable cœur du film et elle fonctionne lorsque le scénario accepte de se concentrer dessus. Mais Origins ajoute tellement de personnages, de manipulations et de révélations que cette relation finit elle aussi par perdre de sa force.
William Stryker revient, mais avec beaucoup moins de subtilité
Danny Huston reprend le personnage de William Stryker, interprété par Brian Cox dans X-Men 2. Retrouver Stryker est parfaitement logique puisque nous savions déjà qu’il était lié au passé de Wolverine et au programme ayant permis de lui greffer l’adamantium.
Malheureusement, cette version du personnage paraît beaucoup plus conventionnelle. Le Stryker de X-Men 2 était inquiétant parce qu’il possédait une véritable obsession idéologique contre les mutants. Ici, il devient surtout le responsable de presque tout ce qui arrive à Logan. Chaque nouvelle révélation semble ramener à une manipulation supplémentaire de Stryker et, à force de vouloir connecter tous les éléments du passé de Wolverine au même homme, l’univers paraît finalement beaucoup plus petit.
L’expérience Weapon X reste un moment important
La séquence durant laquelle Logan reçoit son squelette d’adamantium était évidemment incontournable et elle fonctionne. Hugh Jackman transmet parfaitement la douleur du personnage tandis que Stryker observe sa transformation comme une simple expérience scientifique. Lorsque Logan comprend que son ancien supérieur envisage également d’effacer sa mémoire, son évasion permet enfin de libérer toute sa rage.
C’est l’un des rares moments où le film retrouve réellement la violence tragique que promettait une histoire consacrée aux origines de Wolverine. La transformation n’est pas simplement spectaculaire : Logan accepte volontairement de devenir plus puissant avant de comprendre qu’il vient surtout de donner à Stryker les moyens de le transformer en arme.
Trop de mutants pour trop peu de choses à raconter
X-Men Origins: Wolverine semble parfois davantage préoccupé par le nombre de personnages qu’il peut introduire que par ce qu’il peut faire avec eux. Gambit en constitue le meilleur exemple. Taylor Kitsch possède l’apparence et le charme nécessaires pour incarner Remy LeBeau, personnage attendu depuis longtemps par les amateurs des X-Men, mais son rôle reste extrêmement limité. Il apparaît, affronte brièvement Wolverine, l’aide à rejoindre l’île puis disparaît pratiquement du récit.
Le Blob connaît un traitement encore plus caricatural, tandis que Wade Wilson commence comme un personnage prometteur avant de disparaître pendant une grande partie du film. Cette accumulation donne parfois l’impression d’assister à une succession de présentations destinées à montrer le maximum de mutants plutôt qu’à une histoire réellement construite autour de Logan.
Ryan Reynolds était déjà le bon Deadpool… jusqu’à ce que le film le transforme
Les premières minutes de Wade Wilson sont probablement ce qui rend son traitement final encore plus frustrant. Ryan Reynolds possède déjà le débit, l’humour et l’insolence nécessaires au personnage. Il parle constamment, agace ses propres équipiers et semble immédiatement parfaitement adapté à Deadpool.
Puis le film prend une décision devenue tristement célèbre : transformer Wade en Weapon XI. Le personnage bavard se retrouve littéralement avec la bouche cousue, reçoit une accumulation de pouvoirs appartenant à différents mutants et devient essentiellement un boss final destiné à affronter Wolverine et Dents-de-Sabre.
Le problème ne vient même pas uniquement de son éloignement avec les comics. Le film supprime précisément ce qui rendait Wade intéressant quelques scènes auparavant. Lorsque Ryan Reynolds reprendra réellement Deadpool quelques années plus tard, cette version deviendra d’ailleurs une cible idéale pour ses propres plaisanteries.
Des effets visuels étonnamment faibles
Pour une grosse production sortie en 2009, certains effets numériques sont particulièrement difficiles à défendre. Les griffes de Wolverine constituent le cas le plus évident : plusieurs plans leur donnent une apparence artificielle alors que les films précédents avaient déjà réussi à les rendre beaucoup plus crédibles.
D’autres séquences souffrent également d’une utilisation excessive des effets numériques. C’est dommage, car Wolverine est justement un personnage qui fonctionne mieux lorsque les combats paraissent physiques, brutaux et rapprochés. Plus le film cherche à devenir spectaculaire, moins Logan semble dangereux.
Une origine qui explique parfois beaucoup trop
Une partie du mystère entourant Wolverine participait à son intérêt dans les premiers X-Men. Nous savions qu’il avait subi des expériences, que son squelette avait été recouvert d’adamantium et qu’une partie de sa mémoire avait disparu. Originsdevait naturellement apporter des réponses, mais le film cherche à expliquer pratiquement chaque élément : la veste de Logan, son nom, son adamantium, son amnésie ou encore sa relation avec Stryker.
La manière dont Wolverine perd finalement la mémoire résume bien le problème. Stryker lui tire dessus avec des balles en adamantium, ce qui permet au scénario de remettre Logan dans l’état où nous le retrouverons dans X-Men. Cela fonctionne mécaniquement, mais émotionnellement, c’est beaucoup moins satisfaisant. Une étape aussi fondamentale dans la construction du personnage méritait certainement autre chose qu’une solution aussi pratique.
Un film sauvé en partie par son interprète principal
X-Men Origins: Wolverine aurait pu être le film le plus personnel de la saga. Un personnage pratiquement immortel, traumatisé par plus d’un siècle de violence, trahi par ceux auxquels il faisait confiance et transformé contre son gré en arme vivante constituait une matière formidable.
Le film préfère trop souvent devenir un blockbuster de super-héros beaucoup plus classique. Hugh Jackman reste excellent, Liev Schreiber offre un Dents-de-Sabre convaincant et quelques séquences montrent ce que le film aurait pu être. Mais l’accumulation de mutants, les effets visuels inégaux et un scénario obsédé par l’idée de tout expliquer finissent par étouffer Logan.
Le plus frustrant est peut-être que X-Men Origins: Wolverine possède une excellente histoire dans ses premières minutes : deux frères immortels traversant les guerres et les époques jusqu’à devenir ennemis. Le film choisit malheureusement de raconter presque tout le reste.
En résumé
X-Men Origins: Wolverine repose largement sur Hugh Jackman et l’excellent Dents-de-Sabre de Liev Schreiber. L’expérience Weapon X et le générique d’ouverture offrent quelques vrais bons moments, mais le film accumule les personnages sous-exploités, les effets numériques vieillissants et les explications inutiles. Quant à Deadpool, Ryan Reynolds était déjà parfaitement choisi avant que le scénario ne décide inexplicablement de lui coudre la bouche.
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