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Elektra

Affiche de Elektra

Elektra

Titre original : Elektra

Réalisation : Rob Bowman

Avec : Jennifer Garner, Goran Višnjić, Kirsten Prout, Will Yun Lee

Production / distribution : 20th Century Fox, Regency Enterprises, Marvel Enterprises / UGC Fox Distribution

Durée : 1 h 37

Adaptation : Comics

Sortie : 9 mai 2005

★★★★★ 1/5

Deux ans après Daredevil, Jennifer Garner reprend son rôle dans un spin-off entièrement consacré à Elektra Natchios. Ressuscitée et devenue tueuse à gages, elle reçoit pour mission d’éliminer un père et sa fille avant de décider de les protéger. Sur le papier, l’occasion était parfaite pour approfondir un personnage sacrifié trop rapidement dans le film précédent.

Jennifer Garner méritait un meilleur film

Le principal atout d’Elektra reste son interprète. Jennifer Garner possède la présence physique nécessaire et se montre crédible dans les nombreuses scènes de combat. Le film tente également de donner davantage de profondeur à son personnage en montrant une Elektra solitaire, obsessionnelle et incapable de retrouver une vie normale après sa résurrection.

Le problème est que le scénario lui donne très peu de matière. Elektra passe une grande partie du film à afficher la même froideur avant de s’attacher progressivement à Abby et son père. Cette relation doit lui permettre de retrouver une part d’humanité, mais elle reste trop peu développée pour provoquer une véritable émotion.

Après Daredevil, Elektra avait pourtant besoin d’un film capable d’expliquer qui elle était en dehors de Matt Murdock. Celui-ci retire effectivement Daredevil de l’équation, sans réussir pour autant à trouver quelque chose de suffisamment intéressant pour le remplacer.

Une tueuse que le film n’ose jamais vraiment assumer

Présenter Elektra comme une assassine professionnelle aurait pu permettre une approche beaucoup plus sombre. Le personnage travaille pour de l’argent, vit isolé et semble avoir perdu une grande partie de ses repères moraux. Pourtant, le scénario la transforme presque immédiatement en protectrice.

Le conflit intérieur est donc réglé beaucoup trop facilement. Plutôt que de confronter Elektra aux conséquences de ses actes passés, le film préfère lui offrir une mission de rédemption assez conventionnelle.

Même son entraînement auprès de Stick reste superficiel. Terence Stamp apporte une certaine autorité au personnage, mais leur relation aurait mérité davantage de place pour expliquer comment Elektra est passée de la femme découverte dans Daredevil à cette combattante presque surnaturelle.

Des adversaires qui ressemblent davantage à des pouvoirs qu’à des personnages

La Main aurait pu apporter une véritable dimension mystique à cet univers. Elle se résume malheureusement à une organisation assez vague envoyant plusieurs assassins aux capacités particulières.

Tattoo peut donner vie aux créatures dessinées sur son corps, Typhoid possède un contact mortel et Kirigi devient l’adversaire principal d’Elektra. Visuellement, quelques idées fonctionnent, mais aucun de ces personnages n’existe réellement au-delà de son pouvoir.

Le film accumule donc des affrontements sans parvenir à construire un véritable antagoniste. Kirigi devrait représenter une menace majeure, mais il manque de personnalité et de présence pour donner du poids au combat final.

Cette faiblesse est d’autant plus gênante qu’Elektra elle-même reste déjà assez peu développée : sans héros véritablement approfondi ni adversaire mémorable, le récit paraît constamment vide.

Une ambiance sombre qui devient surtout terne

Elektra cherche clairement à conserver l’atmosphère nocturne de Daredevil tout en y ajoutant une dimension asiatique et mystique. Certains décors et quelques compositions visuelles possèdent une certaine élégance, notamment lorsque le film joue avec les paysages enneigés ou les apparitions surnaturelles.

Mais cette recherche d’ambiance finit surtout par produire un film extrêmement terne. Les couleurs sont désaturées, le rythme manque d’énergie et les scènes d’action elles-mêmes peinent à réveiller l’ensemble.

C’est probablement le plus gros problème d’Elektra : le film n’est même pas suffisamment excessif pour devenir amusant. Daredevil pouvait être maladroit, kitsch et terriblement marqué par son époque, mais il possédait au moins une personnalité. Elektra semble beaucoup plus anonyme.

Un spin-off qui ne sait pas vraiment pourquoi il existe

L’idée de consacrer un film à Elektra n’était pourtant pas mauvaise. Jennifer Garner avait suffisamment marqué Daredevilpour porter sa propre aventure et le personnage des comics offrait largement de quoi construire un thriller d’action sombre et violent.

Mais le film semble constamment hésiter. Il veut raconter une histoire de rédemption sans réellement explorer les crimes d’Elektra, introduire un univers mystique sans suffisamment l’expliquer et proposer des combats spectaculaires sans véritablement impressionner.

Même son lien avec Daredevil paraît presque embarrassant. Le spin-off cherche à devenir indépendant tout en étant incapable de construire un univers suffisamment fort pour justifier cette séparation.

L’échec d’Elektra n’est donc pas d’avoir choisi le mauvais personnage. C’est d’avoir pris une héroïne potentiellement fascinante pour lui offrir une aventure tellement générique qu’elle aurait presque pu appartenir à n’importe qui.

En résumé

Jennifer Garner s’investit physiquement et possède toujours la présence nécessaire pour incarner Elektra, mais elle se retrouve enfermée dans un scénario sans relief. Antagonistes oubliables, mythologie superficielle, rythme laborieux et action peu mémorable font de ce spin-off une occasion largement manquée. Même comparé au très imparfait Daredevil, Elektra manque cruellement de personnalité.

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