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L’Incroyable Hulk

Affiche de L’Incroyable Hulk

L’Incroyable Hulk

Titre original : The Incredible Hulk

Réalisation : Louis Leterrier

Avec : Edward Norton, Liv Tyler, Tim Roth, William Hurt

Production / distribution : Marvel Studios, Valhalla Motion Pictures / Universal Pictures

Durée : 1 h 52

Adaptation : Comics

Sortie : 23 juillet 2008

★★★★★ 3/5

Cinq ans après le film d’Ang Lee, Hulk revient au cinéma sous les traits d’Edward Norton. L’Incroyable Hulk ne s’attarde presque pas sur ses origines : Bruce Banner vit désormais caché au Brésil et cherche désespérément un moyen de supprimer la créature qui sommeille en lui, tandis que le général Ross continue de le traquer.

Edward Norton incarne un Banner constamment sur ses gardes

Cette version de Bruce Banner est très différente de celle d’Eric Bana. Edward Norton joue un homme qui a déjà compris sa condition et organise désormais toute son existence autour d’un seul objectif : ne jamais perdre le contrôle. Il surveille son rythme cardiaque, apprend à maîtriser sa respiration et évite autant que possible les situations susceptibles de provoquer sa colère.

Le début au Brésil fonctionne particulièrement bien. Bruce vit presque anonymement, travaille dans une usine et communique secrètement avec un scientifique pour tenter de trouver un remède. Le film prend alors brièvement les allures d’un thriller de fuite, Banner sachant que la moindre erreur peut permettre à l’armée de retrouver sa trace.

Norton apporte au personnage une nervosité permanente qui convient parfaitement à cette approche. Bruce ne considère jamais Hulk comme un pouvoir extraordinaire : c’est une catastrophe qu’il transporte constamment avec lui.

Hulk arrive plus vite et frappe beaucoup plus fort

Louis Leterrier prend pratiquement la direction opposée à Ang Lee. Là où le film de 2003 faisait attendre très longtemps sa première véritable transformation, L’Incroyable Hulk sait que le public est aussi venu voir le géant vert tout casser.

La première apparition complète de Hulk dans l’usine fonctionne particulièrement bien grâce à la manière dont elle retarde sa révélation. La créature reste d’abord dans l’ombre et élimine progressivement les soldats avant de véritablement apparaître.

Le film conserve ensuite cette dimension beaucoup plus physique. Hulk frappe, projette des véhicules et utilise son environnement comme une arme. Les effets numériques ont évidemment vieilli, mais la créature possède davantage de poids et d’agressivité que dans la version précédente.

Betty Ross reste le lien avec l’humanité de Bruce

Liv Tyler incarne une Betty Ross beaucoup plus directement liée au drame de Banner. Leur séparation n’est pas née d’une rupture sentimentale mais de l’accident qui a transformé Bruce et l’a forcé à disparaître.

Leurs retrouvailles permettent au film de ralentir et de rappeler que Banner ne cherche pas seulement à éliminer Hulk. Il souhaite également retrouver la vie qu’il avait avant sa transformation.

La relation fonctionne grâce à la douceur apportée par Liv Tyler, même si le scénario reste assez classique. Betty est aussi l’une des rares personnes capables d’approcher Hulk sans immédiatement déclencher sa violence, ce qui permet de conserver l’idée essentielle que Bruce reste quelque part présent derrière le monstre.

Tim Roth offre enfin à Hulk quelqu’un capable de lui répondre

Emil Blonsky constitue probablement l’une des meilleures idées du film. Contrairement à Bruce, il recherche volontairement la puissance. Après avoir été humilié par Hulk lors de leur première confrontation, le soldat accepte les expériences de Ross afin de devenir suffisamment fort pour l’affronter.

Tim Roth apporte au personnage une agressivité presque immédiate. Blonsky ne cherche pas seulement à accomplir une mission : il prend goût aux capacités qui lui sont offertes et en veut toujours davantage.

Sa transformation en Abomination devient donc le prolongement logique de son parcours. Bruce passe tout le film à vouloir se débarrasser de sa puissance tandis que Blonsky fait exactement l’inverse. L’un considère Hulk comme une malédiction, l’autre rêve de devenir un monstre.

Le général Ross crée lui-même ce qu’il prétend combattre

William Hurt apporte beaucoup d’autorité à Thaddeus Ross. Le personnage considère Bruce avant tout comme le résultat d’une expérience militaire qui lui appartient et semble persuadé que son pouvoir pourrait être reproduit et contrôlé.

Son obsession provoque pourtant directement la naissance d’Abomination. À force de vouloir disposer de son propre Hulk, Ross transforme Blonsky en une créature encore plus incontrôlable.

Le film aurait pu insister davantage sur cette responsabilité, mais l’idée fonctionne. Ross découvre finalement que l’homme qu’il pourchasse depuis des années est aussi le seul capable d’arrêter le monstre qu’il a contribué à créer.

Harlem offre le combat de monstres attendu

Le dernier affrontement abandonne toute retenue. Hulk et Abomination se battent en plein Harlem, détruisent voitures et bâtiments et utilisent tout ce qui leur tombe sous la main.

C’est basique, mais efficace.

Le combat permet surtout à Hulk d’être enfin présenté comme un héros. Bruce choisit volontairement de se transformer parce qu’il comprend qu’il est le seul capable d’arrêter Blonsky. Pour la première fois, Hulk n’est donc plus seulement le problème : il devient également la solution.

Le fameux « Hulk Smash! » et l’utilisation d’une voiture transformée en gigantesques gants montrent aussi que le film assume beaucoup plus directement ses racines comics.

Un film plus efficace, mais aussi beaucoup moins singulier

La comparaison avec le Hulk d’Ang Lee est intéressante parce que les deux films possèdent presque les qualités et défauts inverses. Le film de 2003 voulait analyser Bruce Banner au risque de ralentir considérablement son récit. Celui de Louis Leterrier simplifie énormément la psychologie pour privilégier la fuite et l’action.

Le résultat est plus immédiatement divertissant, mais aussi beaucoup moins personnel. Visuellement et narrativement, L’Incroyable Hulk ressemble davantage à un blockbuster traditionnel et possède moins d’idées réellement singulières.

Le film semble surtout chercher un équilibre entre Bruce Banner et Hulk sans encore totalement le trouver. Edward Norton est convaincant, mais le personnage n’aura malheureusement jamais l’occasion d’évoluer dans les films suivants puisque Mark Ruffalo reprendra le rôle à partir d’Avengers.

Le film oublié du début du MCU

Sorti quelques semaines après Iron Man, L’Incroyable Hulk appartient pourtant pleinement aux débuts du Marvel Cinematic Universe. Le sérum du super-soldat est évoqué, Stark Industries apparaît et Tony Stark lui-même vient rencontrer Ross dans la scène finale.

Avec le recul, le film donne néanmoins longtemps l’impression d’être resté isolé. Le changement d’acteur renforce évidemment cette sensation et plusieurs de ses personnages mettront des années avant de réapparaître ailleurs dans le MCU.

Cela n’enlève rien au film lui-même, mais explique probablement pourquoi il occupe une place aussi étrange dans l’histoire de Marvel Studios : officiellement essentiel à l’univers, il a longtemps semblé presque oublié par celui-ci.

L’Incroyable Hulk ne possède peut-être pas l’ambition étrange du film d’Ang Lee, mais il comprend mieux le plaisir immédiat du personnage : Bruce Banner passe son temps à éviter le monstre, alors que le spectateur attend précisément qu’il finisse par sortir.

En résumé

L’Incroyable Hulk propose une version plus directe et efficace du personnage, portée par un Edward Norton convaincant et un excellent Tim Roth. Le début au Brésil et l’affrontement avec Abomination fonctionnent particulièrement bien, tandis que Bruce trouve enfin un adversaire capable de rivaliser physiquement avec Hulk. Moins personnel que le film d’Ang Lee et assez conventionnel dans sa construction, cet épisode reste néanmoins un divertissement solide des débuts du MCU.

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