MiklMayer.fr

Spider-Man: No Way Home

Affiche de Spider-Man: No Way Home

Spider-Man: No Way Home

Titre original : Spider-Man: No Way Home

Réalisation : Jon Watts

Avec : om Holland, Zendaya, Benedict Cumberbatch, Willem Dafoe

Production / distribution : Columbia Pictures, Marvel Studios, Pascal Pictures / Sony Pictures Releasing France

Durée : 2 h 28

Adaptation : Comics

Sortie : 15 décembre 2021

★★★★★ 5/5

Après Homecoming et Far From Home, Jon Watts conclut en 2021 sa trilogie consacrée au Spider-Man de Tom Holland. La révélation publique de l’identité de Peter Parker bouleverse désormais sa vie et celle de ses proches, jusqu’à l’intervention de Doctor Strange et l’ouverture du multivers. Le film réunit alors plusieurs figures issues des précédentes adaptations cinématographiques de Spider-Man et devient un immense succès avec plus de 7,3 millions d’entrées en France.

Enfin, Peter doit assumer les conséquences de ses choix

Les deux précédents films présentaient encore Peter comme un adolescent évoluant sous la protection plus ou moins directe du MCU. No Way Home lui retire progressivement ce filet de sécurité.

Tout part pourtant d’une décision typiquement adolescente. Peter voudrait réparer sa situation sans réellement accepter ce qu’elle implique, et l’intervention de Doctor Strange transforme son problème personnel en catastrophe beaucoup plus vaste.

C’est parfois facile scénaristiquement, mais parfaitement cohérent avec cette incarnation du personnage : Peter possède des pouvoirs extraordinaires tout en restant un garçon capable de prendre une très mauvaise décision en pensant bien faire.

Et contrairement à Homecoming, où Tony Stark pouvait encore intervenir lorsque la situation lui échappait, cette fois Peter va devoir apprendre que certaines conséquences ne peuvent pas être effacées par un adulte plus puissant que lui.

Le multivers comme gigantesque terrain de jeu

Sur le papier, No Way Home pourrait facilement ressembler à une opération commerciale. Le film récupère notamment le Bouffon Vert de Willem Dafoe, le Docteur Octopus d’Alfred Molina et l’Electro de Jamie Foxx, provenant de deux anciennes sagas qui n’appartenaient même pas au MCU.

Et oui, le film joue énormément sur la nostalgie.

Mais il a l’intelligence de ne pas se contenter de montrer des visages connus. Le retour de ces personnages confronte Peter à une question très Spider-Man : que faire lorsqu’on possède le pouvoir d’empêcher une tragédie annoncée ?

C’est ce qui sauve le film du simple catalogue de références. Le passé cinématographique de Spider-Man devient une matière permettant de faire évoluer celui de Tom Holland.

Willem Dafoe rappelle pourquoi son Bouffon Vert était formidable

Vingt ans après le premier Spider-Man, Willem Dafoe retrouve Norman Osborn avec une facilité presque déconcertante.

Et cette fois, plus besoin de cacher son visage derrière le masque rigide de 2002. Le film comprend rapidement que le meilleur masque du Bouffon Vert reste finalement le visage de Willem Dafoe lui-même.

Alfred Molina retrouve également immédiatement l’humanité d’Otto Octavius, tandis que Jamie Foxx bénéficie d’un Electro débarrassé de plusieurs excès visuels de The Amazing Spider-Man 2.

Tous ne disposent évidemment pas du même espace. L’Homme-Sable et le Lézard apparaissent davantage comme des compléments. Mais le Bouffon Vert redevient un adversaire particulièrement dangereux parce qu’il s’attaque moins aux pouvoirs de Peter qu’à sa conception même de l’héroïsme.

Difficile de parler du film sans parler d’eux

À partir d’ici, impossible d’éviter le principal spoiler du film : Tobey Maguire et Andrew Garfield reviennent eux aussi dans le costume de Spider-Man.

L’idée aurait pu se limiter à provoquer les applaudissements de la salle. Heureusement, Jon Watts leur donne une véritable fonction narrative. Ils ne viennent pas remplacer Tom Holland : ils lui montrent deux avenirs possibles.

Tobey Maguire apparaît comme un Peter apaisé, ayant traversé suffisamment d’épreuves pour porter un regard différent sur ses erreurs. Andrew Garfield retrouve au contraire un Peter encore marqué par ce qu’il n’a pas réussi à empêcher.

Et c’est probablement Garfield qui profite le plus de cette réunion. The Amazing Spider-Man 2 avait laissé son personnage sur une histoire inachevée ; No Way Home lui offre, sans effacer son passé, une forme de réparation particulièrement émouvante.

Surtout, voir les trois Spider-Man discuter de leurs expériences transforme un fantasme de spectateur en quelque chose de plus intéressant : trois versions d’un même héros découvrent qu’elles ont connu les mêmes responsabilités, mais pas nécessairement les mêmes réponses.

Quand le fan service fonctionne parce qu’il sert les personnages

Le film accumule évidemment les références, les répliques et les situations destinées à faire réagir ceux qui connaissent les précédentes sagas. Les scénaristes Chris McKenna et Erik Sommers ont d’ailleurs expliqué avoir dû réfléchir à l’intégration de ces personnages sans réduire leur présence à du fan service gratuit.

Tout ne fonctionne pas avec la même subtilité. Certaines plaisanteries existent clairement parce que le public reconnaît une référence et plusieurs rencontres sont mises en scène avec une insistance évidente.

Mais les meilleures utilisent notre connaissance des anciens films pour prolonger leurs personnages. Doc Ock n’est pas simplement « le méchant de Spider-Man 2 ». Andrew Garfield n’est pas uniquement « l’ancien Spider-Man ». Leurs histoires précédentes deviennent réellement utiles au récit présent.

C’est toute la différence entre montrer le passé et raconter quelque chose avec lui.

Le véritable film d’origine de ce Spider-Man ?

C’est peut-être le paradoxe le plus intéressant de la trilogie de Jon Watts. Homecoming avait justement évité de raconter les origines de Peter Parker parce que le public les connaissait déjà.

Mais No Way Home finit presque par raconter une autre origin story.

Depuis Civil War, ce Peter a grandi entouré par les Avengers, bénéficié de la technologie de Tony Stark et évolué dans un univers où les super-héros étaient déjà des célébrités. Progressivement, le film lui retire tout cela.

Et derrière le gigantesque spectacle multiversel apparaît alors quelque chose de beaucoup plus simple : un jeune homme qui découvre enfin le véritable prix de cette fameuse responsabilité attachée à ses pouvoirs.

Il aura fallu trois films et plusieurs Avengers pour que le Spider-Man de Tom Holland devienne véritablement le héros solitaire que Peter Parker a toujours été.

Un spectacle parfois moins beau que ce qu’il raconte

Tout n’est pourtant pas aussi maîtrisé. Avec 2 h 28, le film est long et son scénario doit manipuler énormément de personnages et de règles. Certains effets numériques manquent également de finition, dans une production dont des plans d’effets visuels ont été livrés jusque très près de la sortie.

La mise en scène de Jon Watts reste également moins identifiable que celle de Sam Raimi. Aussi gigantesque soit-il, No Way Home produit finalement moins d’images réellement iconiques que certains films précédents.

Mais son efficacité se trouve ailleurs. Il réussit surtout à organiser un improbable carrefour entre près de vingt ans de cinéma Spider-Man sans perdre complètement de vue le Peter Parker qui doit en sortir transformé.

C’était probablement le défi le plus difficile.

En résumé

Spider-Man: No Way Home aurait facilement pu n’être qu’un gigantesque exercice de nostalgie. Il en est évidemment un, et certaines références ne cachent même pas leur volonté de provoquer les applaudissements. Mais le film parvient surtout à utiliser les anciennes incarnations de Spider-Man pour faire évoluer celle de Tom Holland.

Willem Dafoe retrouve un Bouffon Vert formidable, Alfred Molina reprend naturellement Doc Ock et les retours de Tobey Maguire et Andrew Garfield dépassent suffisamment le simple caméo pour posséder une véritable raison d’être. Un film imparfait et parfois encombré, mais aussi une célébration étonnamment émouvante de trois générations de Spider-Man.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR