MiklMayer.fr

Venom

Affiche de Venom

Venom

Titre original : Venom

Réalisation : Ruben Fleischer

Avec : Tom Hardy, Michelle Williams, Riz Ahmed, Scott Haze

Production / distribution : Columbia Pictures, Marvel Entertainment, Tencent Pictures / Sony Pictures Releasing France

Durée : 1 h 52

Adaptation : Comics

Sortie : 10 octobre 2018

★★★★★ 2/5

Après l’apparition ratée du personnage dans Spider-Man 3, Venom obtient son propre film en 2018, cette fois sans Spider-Man. Tom Hardy incarne Eddie Brock, journaliste dont la rencontre avec un symbiote extraterrestre va bouleverser l’existence. Le résultat est bancal, souvent daté et beaucoup trop conventionnel, mais sauvé en partie par un duo Eddie/Venom nettement plus amusant que l’intrigue qui l’entoure.

Tom Hardy transforme Eddie Brock en sympathique catastrophe

Eddie Brock n’a rien du héros traditionnel. Il parle trop, agit avant de réfléchir et réussit à détruire simultanément sa carrière et sa relation avec Anne Weying en utilisant des informations confidentielles pour attaquer Carlton Drake lors d’une interview.

Tom Hardy joue cette débâcle avec une énergie étrange qui convient parfaitement au film. Son Eddie bafouille, panique, transpire et semble constamment dépassé par les événements. L’interprétation est parfois excessive, mais elle empêche au moins le personnage de devenir un énième héros d’action interchangeable.

Lorsque le symbiote entre dans sa vie, Hardy peut pousser cette dimension encore plus loin. Eddie se retrouve littéralement à discuter avec une voix dans sa tête tout en essayant de convaincre son entourage qu’il n’est pas devenu fou.

Eddie et Venom : le véritable film commence enfin

C’est clairement lorsque Venom commence à parler que le film trouve sa raison d’être. Le symbiote est violent, arrogant, affamé et beaucoup plus enthousiaste qu’Eddie à l’idée de régler les problèmes en arrachant quelques têtes.

Le contraste fonctionne immédiatement. Eddie essaie d’imposer des limites morales à une créature extraterrestre qui ne comprend pas vraiment pourquoi manger des humains serait problématique. Venom, de son côté, considère son hôte comme assez pathétique avant de progressivement s’attacher à lui.

Leur relation ressemble davantage à une cohabitation forcée qu’à une fusion entre un homme et une créature extraterrestre. Le problème est qu’il faut attendre une bonne partie du film avant que cette dynamique se mette véritablement en place. Or, c’est de très loin ce que Venom possède de plus intéressant.

Riz Ahmed hérite d’un méchant beaucoup trop classique

Carlton Drake rassemble pratiquement tous les clichés du milliardaire scientifique mégalomane. Persuadé que l’humanité doit fusionner avec les symbiotes pour survivre, il sacrifie des cobayes à ses expériences sans jamais développer suffisamment sa vision pour devenir autre chose qu’un antagoniste fonctionnel.

Riz Ahmed fait ce qu’il peut, mais le personnage reste terriblement prévisible. Sa fusion avec Riot conduit surtout au traditionnel affrontement final entre deux créatures numériques aux capacités similaires.

Le résultat est aussi confus que générique. Dans certaines séquences, Venom et Riot deviennent deux amas d’effets spéciaux noirs et gris qui se mélangent à l’écran. Pour un personnage doté d’une identité visuelle aussi forte, c’est une conclusion particulièrement décevante.

Anne Weying apporte un peu d’humanité

Michelle Williams s’en sort mieux avec Anne Weying. Surtout, le film ne cherche pas à présenter Eddie comme la victime de leur rupture : il a trahi sa confiance et elle a parfaitement raison de le quitter.

Anne continue pourtant de jouer un rôle lorsque la situation devient dangereuse et sa brève transformation en She-Venom constitue l’un des moments les plus réussis visuellement. La relation entre Eddie, Anne et Venom possède également un potentiel comique évident, le symbiote n’hésitant pas à commenter la vie sentimentale catastrophique de son hôte.

Le personnage reste cependant sous-exploité, comme beaucoup d’éléments secondaires d’un film qui préfère avancer rapidement plutôt que développer réellement ses relations.

Un film de 2018 qui semble parfois avoir dix ans de retard

C’est probablement l’un des principaux problèmes de Venom. Sa structure, ses dialogues et même certaines de ses situations donnent régulièrement l’impression de regarder une adaptation de comics produite au milieu des années 2000.

Le film hésite également entre plusieurs directions. Venom pourrait parfaitement fonctionner dans une approche horrifique, avec une créature extraterrestre prenant progressivement possession du corps de son hôte. Mais le scénario préfère rester dans les limites d’un blockbuster grand public et transforme rapidement cette relation en comédie.

Les effets numériques sont eux aussi très inégaux. Venom fonctionne plutôt bien lorsqu’il apparaît brièvement autour d’Eddie ou utilise ses capacités de manière précise. Dès que l’action devient plus importante, la lisibilité chute considérablement.

Venom est réussi, son film beaucoup moins

Il faut tout de même reconnaître une réussite essentielle : cette fois, Venom ressemble réellement à Venom. La créature est gigantesque, monstrueuse, possède son immense sourire rempli de dents et dégage une vraie puissance.

Après la version de Spider-Man 3, le changement est considérable.

Mais raconter Venom sans Spider-Man reste une décision étrange. Le film doit reconstruire entièrement son origine et retire ainsi une partie fondamentale de ce qui définit Eddie Brock et son symbiote dans les comics. Cette nouvelle version fonctionne suffisamment pour exister seule, mais elle transforme progressivement Venom en anti-héros beaucoup plus conventionnel.

L’apparence est donc enfin convaincante. Ce qu’il y a autour l’est nettement moins.

Tom Hardy sauve ce qu’il peut

Venom possède finalement un problème assez simple : son meilleur élément semble appartenir à un film beaucoup plus amusant que celui que nous regardons. Lorsque Eddie et Venom discutent, se disputent ou tentent de trouver les règles de leur cohabitation, le film trouve enfin une identité.

Tout le reste paraît particulièrement pauvre à côté.

La Life Foundation, Carlton Drake, Riot et l’invasion des symbiotes forment une intrigue générique qui ne réserve pratiquement aucune surprise. Même l’évolution de Venom, qui décide assez soudainement de défendre la Terre, aurait mérité davantage de développement.

Tom Hardy empêche l’ensemble de devenir complètement anonyme grâce à son investissement et à son étrange alchimie avec une créature entièrement numérique. Mais un duo réussi ne suffit pas à compenser un scénario aussi maigre.

Venom fonctionne lorsqu’il laisse Eddie et son symbiote se chamailler. Malheureusement, entre deux disputes, il reste encore tout un film à regarder.

En résumé

Venom trouve enfin une incarnation convaincante de son célèbre symbiote, mais peine énormément à lui offrir un film à sa hauteur. Tom Hardy apporte toute l’énergie possible à Eddie Brock et son duo avec Venom fonctionne réellement. Cela ne suffit pas à masquer un scénario pauvre, un Carlton Drake sans relief, un Riot oubliable et des affrontements numériques souvent confus. Quelques bons moments dans un blockbuster qui semble déjà daté au moment de sa sortie.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR