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Venom: Let There Be Carnage

Affiche de Venom: Let There Be Carnage

Venom: Let There Be Carnage

Titre original : Venom: Let There Be Carnage

Réalisation : Andy Serkis

Avec : Tom Hardy, Woody Harrelson, Michelle Williams, Naomie Harris

Production / distribution : Columbia Pictures, Marvel Entertainment / Sony Pictures Releasing France

Durée : 1 h 37

Adaptation : Comics

Sortie : 20 octobre 2021

★★★★★ 3/5

Trois ans après Venom, Tom Hardy retrouve Eddie Brock et son encombrant colocataire extraterrestre. Cette fois, le film ne perd plus de temps à construire leur rencontre : Eddie et Venom vivent ensemble, se disputent constamment et doivent affronter Cletus Kasady, un tueur en série qui va donner naissance à Carnage. Une suite toujours très imparfaite, mais qui comprend beaucoup mieux ce qui fonctionnait dans le premier film.

Eddie et Venom sont désormais un véritable couple dysfonctionnel

C’est clairement la meilleure idée du film. Eddie et Venom ne sont plus simplement un homme et son symbiote : ils vivent comme deux colocataires incapables de se supporter mais encore moins capables de vivre séparément.

Venom veut sortir, manger des criminels et profiter de ses pouvoirs. Eddie voudrait retrouver une existence à peu près normale et empêcher son partenaire de dévorer la moitié de San Francisco. Leurs disputes deviennent donc le moteur du récit.

Tom Hardy s’amuse énormément avec cette dynamique et le film l’assume complètement. La séparation temporaire des deux personnages ressemble même davantage à une rupture amoureuse qu’à la fin d’une association entre un humain et un extraterrestre.

C’est absurde, mais cette absurdité donne enfin à la franchise une identité qui lui appartient.

Carnage était l’adversaire évident

Après Riot, Carnage représente une menace beaucoup plus naturelle pour Venom. Le symbiote rouge est plus rapide, plus violent et visuellement beaucoup plus agressif. Ses armes et ses prolongements donnent également davantage de variété aux affrontements.

Woody Harrelson incarne Cletus Kasady avec suffisamment d’excentricité pour accompagner le personnage. Le film tente même de construire une relation particulière entre lui et Eddie : Cletus voit dans le journaliste quelqu’un capable de comprendre ce qu’il est réellement et utilise leurs rencontres comme un étrange jeu psychologique.

Malheureusement, cette partie reste assez superficielle. Kasady aurait pu être un antagoniste véritablement inquiétant, surtout avec son passé de tueur en série. Le film préfère rapidement le transformer en méchant de blockbuster beaucoup plus conventionnel.

Carnage impressionne donc davantage par son apparence et sa puissance que par la profondeur de son hôte.

Shriek complique inutilement une intrigue déjà très simple

Naomie Harris incarne Frances Barrison, alias Shriek, compagne de Cletus dotée d’un cri extrêmement puissant. Sa relation avec Kasady permet d’humaniser légèrement le personnage et de donner au méchant quelque chose d’autre à désirer que la destruction.

Mais elle ajoute également une intrigue supplémentaire à un film qui dure à peine une heure et demie.

La relation entre Cletus et Frances répond évidemment à celle d’Eddie et Venom : deux couples liés par l’amour ou la dépendance, mais dont l’équilibre repose sur des bases radicalement différentes. L’idée est intéressante, sans être suffisamment développée pour prendre beaucoup d’ampleur.

Le pouvoir de Shriek permet au moins de créer une faiblesse naturelle pour les symbiotes, particulièrement sensibles aux sons puissants, ce que le dernier affrontement exploite efficacement.

Andy Serkis privilégie le rythme

Avec seulement environ 1 h 37, générique compris, Let There Be Carnage ne traîne pratiquement jamais. C’est à la fois une qualité et une faiblesse.

Andy Serkis débarrasse la suite d’une grande partie des lourdeurs du premier film. Carnage apparaît rapidement, Eddie et Venom sont immédiatement au centre du récit et les différentes intrigues avancent sans longues digressions.

En revanche, cette rapidité empêche certains personnages de véritablement exister. Cletus, Shriek et même Anne Weying auraient mérité davantage de développement. Le film donne parfois l’impression de courir vers son affrontement final alors que quelques scènes supplémentaires auraient pu donner plus de poids à ses enjeux.

Mais après un premier épisode inutilement laborieux, cette efficacité fait tout de même beaucoup de bien.

Michelle Williams reste sous-utilisée

Anne est désormais fiancée à Dan et a définitivement avancé depuis sa relation avec Eddie. Le problème est que le film semble toujours hésiter sur ce qu’il souhaite faire du personnage.

Michelle Williams apporte beaucoup à chacune de ses apparitions, et son interaction avec Venom reste amusante. Mais Anne intervient principalement lorsque le scénario a besoin d’elle pour remettre Eddie et son symbiote sur la même route.

She-Venom avait constitué l’une des bonnes surprises du premier film et cette piste aurait largement mérité d’être davantage exploitée. À la place, Anne reste essentiellement en périphérie d’une histoire entièrement dominée par Eddie et Venom.

Le combat contre Carnage est plus lisible que celui contre Riot

Le premier Venom se terminait par deux masses sombres se frappant dans un déluge d’effets numériques. Let There Be Carnage évite en partie ce problème grâce à une distinction visuelle beaucoup plus nette entre les deux symbiotes.

Le rouge de Carnage permet immédiatement de comprendre ce qui se déroule à l’écran et ses capacités sont suffisamment différentes pour créer un affrontement plus spectaculaire.

Les effets spéciaux restent très présents, mais Andy Serkis semble mieux comprendre la physicalité de ces créatures. Venom et Carnage possèdent une véritable masse, utilisent leurs corps de manière différente et interagissent davantage avec leur environnement.

Le résultat reste un énorme combat numérique, mais au moins cette fois, on comprend qui frappe qui.

Une suite meilleure parce qu’elle accepte enfin ce qu’elle est

Let There Be Carnage ne cherche jamais à devenir un grand film de super-héros. Son intrigue est extrêmement simple, ses personnages secondaires manquent de développement et son antagoniste aurait pu être beaucoup plus marquant.

Mais contrairement au premier film, cette suite semble avoir compris où se trouvait son véritable intérêt.

Eddie et Venom sont le cœur de la franchise. Leur relation est ridicule, conflictuelle et étrangement attachante. Dès que le film s’éloigne d’eux, il devient beaucoup plus conventionnel ; dès qu’il revient à leurs disputes, il retrouve immédiatement son énergie.

La scène où Venom tente de vivre sans Eddie résume parfaitement cette nouvelle direction : le personnage est désormais suffisamment défini pour exister autrement que comme une simple créature spectaculaire.

Cette suite reste légère et imparfaite, mais elle commet moins souvent l’erreur du premier film : chercher ailleurs ce qu’elle possède déjà avec Tom Hardy et Venom.

En résumé

Venom: Let There Be Carnage ne brille toujours pas par la richesse de son scénario, mais gagne énormément en rythme et en personnalité. Tom Hardy exploite pleinement la relation chaotique entre Eddie et Venom, tandis que Carnage offre enfin au symbiote un adversaire visuellement digne de lui. Cletus Kasady et Shriek auraient mérité davantage de profondeur, mais cette suite plus courte et plus assumée se révèle nettement plus divertissante que le premier volet.

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