Les Profs 2
Avec : Kev Adams, Isabelle Nanty, Didier Bourdon, Pierre-François Martin-Laval, Arnaud Ducret
Production / distribution : Les Films du 24, TF1 Films Production / UGC Distribution
Durée : 1 h 32
Adaptation : BD franco-belge
Sortie : 1 juillet 2015
Deux ans après le succès des Profs, Pierre-François Martin-Laval reprend sa bande et l’expédie en Angleterre. Cette fois, les enseignants doivent sauver une prestigieuse école britannique en prenant en charge la pire élève du royaume. Un changement de décor qui apporte quelques idées, mais ne suffit pas à masquer une formule qui commence déjà sérieusement à tourner en rond.
L’Angleterre apporte un nouveau décor, pas vraiment de nouvelles idées
Sur le papier, envoyer les Profs dans un établissement britannique est une bonne manière d’éviter de reproduire exactement le premier film. Uniformes, traditions anglaises et monarchie offrent immédiatement de nouvelles possibilités à cette bande d’enseignants incapables d’appliquer la moindre méthode pédagogique conventionnelle.
Mais Les Profs 2 exploite surtout l’Angleterre comme une accumulation de clichés. Le scénario reste extrêmement mince et ne sert finalement qu’à déplacer les personnages d’un gag à l’autre. Là où le premier film profitait encore du plaisir de découvrir cette équipe improbable, la suite doit composer avec des personnages dont on connaît désormais parfaitement les ressorts comiques.
Les profs sont de retour… avec leurs mêmes recettes
Isabelle Nanty retrouve Gladys, toujours aussi excessive et autoritaire, tandis qu’Arnaud Ducret reprend son professeur de sport hyperactif et que Pierre-François Martin-Laval reste fidèle à Polochon et à son obsession pour Napoléon.
Le problème vient justement de cette fidélité. Les personnages évoluent très peu et le film semble considérer que retrouver leurs gimmicks suffit à provoquer le rire. Cela fonctionne encore ponctuellement grâce aux comédiens, qui connaissent parfaitement le registre dans lequel ils évoluent, mais l’effet de surprise a disparu.
Gladys reste néanmoins l’une des figures les plus efficaces du groupe. Isabelle Nanty possède suffisamment d’énergie et de sens du décalage pour faire fonctionner des situations pourtant très prévisibles.
Didier Bourdon reprend Cutiro
Christian Clavier ne revient pas dans cette suite et Didier Bourdon reprend le personnage de Cutiro. Plutôt que d’essayer d’imiter son prédécesseur, le comédien apporte sa propre personnalité au professeur tire-au-flanc.
Le changement fonctionne plutôt bien. Bourdon possède naturellement ce mélange de nonchalance et d’absurdité qui correspond au personnage, même si Cutiro reste avant tout défini par sa capacité à éviter tout ce qui pourrait ressembler à du travail.
Ce remplacement apporte finalement l’une des rares petites nouveautés à une équipe qui, pour le reste, fonctionne presque exactement comme dans le premier volet.
Boulard devient encore plus important
Kev Adams prend davantage de place dans cette deuxième aventure. Boulard se retrouve directement impliqué dans la mission des enseignants et son rapprochement avec Vivienne, la petite-fille de la reine, devient l’un des fils conducteurs du récit.
Le personnage reste cependant construit sur les mêmes ressorts : mauvais élève, débrouillard, insolent et toujours prêt à trouver une solution pour éviter de travailler. Kev Adams apporte l’énergie nécessaire, mais son humour et ses mimiques ancrent fortement le film dans les comédies françaises du milieu des années 2010.
Cette place accrue de Boulard réduit aussi un peu plus l’importance des autres élèves. Les Profs 2 devient essentiellement l’histoire de Boulard entouré d’une galerie d’enseignants caricaturaux.
Une suite qui veut faire plus gros
Le premier film reposait sur une idée volontairement absurde mais immédiatement compréhensible : confier les pires élèves aux pires professeurs. Ici, il faut aller plus loin. Direction l’Angleterre, rencontre avec la monarchie, établissement prestigieux et situations toujours plus extravagantes.
La surenchère remplace progressivement l’inventivité.
Quelques gags fonctionnent encore, notamment grâce à Isabelle Nanty, Didier Bourdon ou Arnaud Ducret, mais beaucoup donnent l’impression de reproduire une recette déjà utilisée. La mise en scène reste fonctionnelle et ne cherche jamais vraiment à compenser les faiblesses de l’écriture.
Le film avance vite, multiplie les situations et évite ainsi de devenir véritablement ennuyeux, mais les rires sont beaucoup moins réguliers que dans le premier volet.
Une adaptation qui s’éloigne encore davantage de la BD
Comme son prédécesseur, Les Profs 2 reprend surtout les personnages et l’esprit caricatural de la BD de Pica et Erroc. Le format cinématographique impose une intrigue continue là où la série fonctionne naturellement grâce à des gags courts et indépendants.
Cette deuxième aventure accentue encore cette transformation. L’univers scolaire devient presque un prétexte à une comédie d’aventures autour de Boulard et de ses enseignants.
On retrouve les silhouettes et les principaux traits de caractère de la BD, mais beaucoup moins son observation humoristique du quotidien scolaire. À force de vouloir agrandir l’univers, le film perd une partie de ce qui faisait justement la simplicité et l’efficacité du matériau original.
Le redoublement était peut-être prévisible
Les Profs 2 n’est pas totalement dépourvu de charme. Le casting continue de jouer avec une énergie communicative et quelques gags atteignent leur objectif. Didier Bourdon trouve également rapidement sa place dans la bande.
Mais le premier film avait déjà poussé très loin son concept. Cette suite change le décor sans réellement renouveler la formule et transforme progressivement les personnages en répétitions de leurs propres caricatures.
Les Profs 2 fait donc exactement ce que ses personnages auraient probablement conseillé à leurs élèves : reprendre la même copie, changer quelques réponses et espérer obtenir une meilleure note. Malheureusement, le correcteur avait déjà vu la première.
En résumé
Les Profs 2 retrouve Boulard, Gladys, Polochon et les autres dans une aventure britannique plus ambitieuse en apparence, mais beaucoup moins fraîche. Isabelle Nanty reste efficace et Didier Bourdon reprend correctement Cutiro, tandis que Kev Adams occupe encore davantage le devant de la scène. Quelques gags amusent encore, mais le scénario très mince et la répétition des mêmes recettes empêchent cette suite de retrouver l’efficacité du premier film.
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