Ninja Turtles 2
Titre original : Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows
Avec : Megan Fox, Stephen Amell, Will Arnett, Laura Linney, Tyler Perry
Production / distribution : Nickelodeon Movies, Platinum Dunes, Gama Entertainment, Mednick Productions / Paramount Pictures
Durée : 1 h 52
Adaptation : Comics
Sortie : 9 juin 2016
Deux ans après un premier film spectaculaire mais très formaté, les Tortues reviennent avec une suite qui semble avoir compris ce qui lui manquait. Ninja Turtles 2 ne devient pas soudainement un grand film, mais il assume beaucoup plus franchement l’univers délirant de la franchise. Bebop, Rocksteady, Krang, Casey Jones, le Technodrome : cette fois, le film cesse presque de vouloir rendre les Tortues Ninja crédibles et commence enfin à s’amuser avec elles.
Shredder est de retour
Après son arrestation, Shredder parvient à s’évader et reprend rapidement ses activités. Il s’associe avec Baxter Stockman et entre en contact avec Krang, une créature extraterrestre qui cherche à faire venir le Technodrome sur Terre.
Pour affronter les Tortues, Shredder transforme deux criminels, Bebop et Rocksteady, en mutants particulièrement puissants. Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo doivent alors empêcher l’invasion tout en affrontant leurs propres désaccords.
Le scénario ne brille certainement pas par sa subtilité, mais il possède un avantage considérable sur celui du premier film : il exploite réellement le gigantesque terrain de jeu offert par la franchise.
Enfin l’univers des Tortues Ninja !
C’est probablement la principale qualité de cette suite. Là où le film de 2014 semblait parfois hésiter entre adaptation et blockbuster générique, Ninja Turtles 2 plonge beaucoup plus franchement dans la mythologie de la franchise.
Bebop et Rocksteady constituent l’exemple parfait. Transformer deux hommes en rhinocéros et phacochère mutants aurait facilement pu devenir ridicule. Le film ne cherche justement jamais à éviter le ridicule : il l’embrasse complètement.
Les deux personnages sont stupides, bruyants et excessifs, exactement comme ils doivent l’être. Gary Anthony Williams et Stephen Farrelly semblent parfaitement conscients du film dans lequel ils jouent et apportent une véritable énergie à chacune de leurs apparitions.
Le combat contre les Tortues, notamment autour de l’avion et de la rivière, fait partie des séquences les plus divertissantes des deux films.
Krang et le Technodrome passent enfin au cinéma
Autre événement important : Krang fait son apparition dans un film en prises de vues réelles.
Son design conserve l’idée fondamentale du personnage, cette créature cérébrale installée dans un corps mécanique, tout en l’adaptant à l’esthétique beaucoup plus chargée de cette version des Tortues.
L’arrivée du Technodrome permet également au film d’assumer complètement sa dimension science-fiction. On est désormais très loin de l’atmosphère relativement sombre du film de 1990 : Ninja Turtles 2 ressemble davantage à une gigantesque adaptation du dessin animé des années 1980 passée à travers le filtre d’un blockbuster moderne.
Et, curieusement, cette approche fonctionne mieux que la tentative du premier film de maintenir un semblant de réalisme.
Casey Jones fait son entrée
Stephen Amell rejoint la distribution dans le rôle de Casey Jones. Cette version s’éloigne cependant sensiblement du justicier marginal incarné par Elias Koteas dans le film de 1990.
Ici, Casey est d’abord un gardien de prison qui rêve de devenir policier. Le masque de hockey et la crosse sont bien présents, mais le personnage paraît beaucoup plus propre et conventionnel.
Stephen Amell possède néanmoins l’énergie physique nécessaire et son arrivée apporte un nouvel élément à la dynamique entre April et les Tortues. Son affrontement avec Bebop et Rocksteady permet également au film de reprendre plusieurs images immédiatement associées au personnage.
On peut regretter que Casey Jones soit finalement assez peu développé, mais sa présence participe clairement au plaisir de voir autant d’éléments emblématiques réunis.
Les quatre frères gagnent enfin un véritable conflit
Le film tente également de développer davantage la relation entre les Tortues. Donatello découvre qu’un produit pourrait potentiellement leur permettre de prendre une apparence humaine.
Cette possibilité provoque un conflit intéressant. Raphael et Michelangelo envisagent ce changement comme une chance de pouvoir enfin vivre au grand jour, tandis que Leonardo refuse de remettre en question leur identité.
L’idée aurait mérité davantage de profondeur, mais elle touche à quelque chose d’essentiel chez les personnages : leur envie d’être acceptés par un monde auquel ils ne peuvent réellement appartenir.
Raphael supporte de plus en plus difficilement les décisions de Leonardo, et le film utilise ce désaccord pour rappeler que derrière les combats et les plaisanteries, ces quatre héros restent avant tout des frères.
Des Tortues toujours énormes, mais mieux utilisées
Le design controversé du premier film est conservé. Leonardo, Raphael, Michelangelo et Donatello restent gigantesques et leurs visages demeurent très éloignés des représentations plus classiques.
Mais le deuxième film semble davantage à l’aise avec ces versions des personnages.
Leur taille et leur puissance deviennent de véritables outils pour les scènes d’action. Les affrontements exploitent leurs différences physiques et leurs armes, tandis que leurs personnalités sont davantage mises en avant.
Le film de 2014 semblait parfois montrer quatre créatures numériques dans un blockbuster. Celui-ci donne davantage l’impression de regarder Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo.
Megan Fox et Will Arnett davantage en retrait
April O’Neil reste importante, mais elle n’est heureusement plus obligée de porter presque toute l’intrigue comme dans le premier volet. Megan Fox retrouve le personnage avec une fonction davantage tournée vers l’enquête.
Will Arnett revient également en Vernon Fenwick, désormais considéré par le public comme le héros ayant vaincu Shredder puisqu’il s’est attribué le mérite des événements précédents.
Cette intrigue secondaire fonctionne essentiellement sur le registre comique et permet surtout de rappeler que les véritables sauveurs de New York restent cachés dans les égouts.
Toujours les défauts d’un énorme blockbuster
Le film reste pourtant loin d’être irréprochable. Le scénario sert essentiellement de prétexte pour réunir le maximum de personnages connus et enchaîner les morceaux de bravoure.
Shredder lui-même se retrouve presque relégué au second plan dès que Krang entre dans l’équation. Après avoir été transformé en véritable machine de guerre dans le premier film, il devient ici essentiellement un intermédiaire dans le plan du nouvel antagoniste.
Le dernier acte retombe également dans les habitudes du blockbuster : menace gigantesque au-dessus de New York, destruction massive et héros devant empêcher une catastrophe à la dernière seconde.
Tout va vite, parfois trop vite, et certains personnages semblent présents essentiellement parce que les fans attendaient de les voir.
Une suite imparfaite, mais beaucoup plus amusante
Ninja Turtles 2 possède finalement une qualité essentielle que le premier film n’avait que par intermittence : il semble aimer l’univers qu’il adapte.
Bebop et Rocksteady sont là parce qu’un rhinocéros et un phacochère mutants font partie de la folie des Tortues Ninja. Krang est là avec son corps mécanique. Le Technodrome apparaît. Casey Jones sort son masque de hockey. Les quatre frères plaisantent, se disputent et mangent des pizzas.
Le résultat est toujours bruyant, excessif et parfois franchement idiot. Mais cette fois, cette stupidité fait presque partie du plaisir.
Ironiquement, alors que cette suite semblait enfin avoir trouvé une direction plus adaptée à la franchise, ses performances commerciales inférieures aux attentes mettront fin à cette incarnation cinématographique des Tortues après seulement deux films.
En résumé
Une suite plus amusante et beaucoup plus fidèle à la folie de l’univers des Tortues Ninja. Bebop, Rocksteady, Krang et Casey Jones apportent ce qui manquait au premier volet, même si le scénario reste simpliste et la surenchère visuelle toujours omniprésente.
L’avis des lecteurs
Les lecteurs donnent leur avis
Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.
Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.






