Batman — Tome 5
L’An Zéro – 2e partie
Éditeur : Urban Comics
Sortie originale : 24 octobre 2014
Après avoir raconté la naissance de Batman, Scott Snyder et Greg Capullo poursuivent leur relecture des origines avec une Gotham méconnaissable. Le Sphinx a pris le contrôle de la ville et impose désormais ses règles à une population coupée du reste du monde. Cette deuxième partie change encore d’échelle et transforme L’An Zéro en véritable récit de survie.
Gotham sous le contrôle du Sphinx
Le Sphinx passe ici au premier plan. Edward Nygma ne cherche pas simplement à tuer Batman : il veut démontrer sa supériorité intellectuelle et faire de Gotham le terrain d’une gigantesque énigme. La ville envahie par la végétation offre alors un décor étonnant, très éloigné de l’image urbaine et nocturne habituellement associée au héros.
Snyder assume pleinement cette démesure. Le récit devient plus spectaculaire que dans la première partie, mais conserve une véritable confrontation intellectuelle entre Batman et Nygma. Ce dernier apparaît particulièrement arrogant et agaçant, exactement comme il doit l’être pour fonctionner face à Bruce.
Batman doit encore apprendre
Cette Gotham en ruines permet surtout de poursuivre la construction du jeune Batman. Bruce possède désormais son costume et ses méthodes commencent à prendre forme, mais il doit encore comprendre qu’il ne pourra pas sauver Gotham uniquement grâce à son intelligence ou à sa préparation.
Sa relation avec Alfred reste essentielle, tout comme la place progressivement occupée par Jim Gordon. Derrière les affrontements, Snyder raconte donc toujours la naissance du réseau sur lequel Batman s’appuiera ensuite. C’est l’un des aspects les plus intéressants de L’An Zéro : le héros ne devient réellement Batman qu’en apprenant à ne plus agir complètement seul.
Une aventure étonnamment lumineuse
Greg Capullo profite pleinement du nouveau visage de Gotham. La végétation recouvre les immeubles, les rues ressemblent parfois à une jungle et Batman lui-même adopte un équipement plus rudimentaire. Certaines images, notamment celles où le héros traverse cette ville sauvage à moto ou armé d’un arc, donnent à l’album une personnalité très particulière.
Les couleurs de FCO Plascencia renforcent encore cette différence. Malgré une situation catastrophique, L’An Zéro est souvent lumineux et extrêmement coloré. Ce parti pris éloigne définitivement cette origine de l’atmosphère de Batman : Année Un et permet à Snyder et Capullo de proposer quelque chose qui leur appartient vraiment.
Une conclusion plus convaincante
Cette deuxième partie bénéficie aussi de tout le travail d’installation du tome précédent. Le rythme est plus soutenu, les enjeux sont immédiatement identifiables et le Sphinx devient enfin l’adversaire central qu’annonçait le premier volume.
Tout n’est pas subtil et Snyder pousse parfois le spectaculaire très loin pour une histoire censée raconter les premières années de Batman. Mais cette ambition fait également le charme de l’ensemble. Plutôt que de chercher une origine réaliste, les auteurs construisent une véritable légende moderne autour de Bruce Wayne.
En résumé
Plus spectaculaire et plus rythmé que sa première partie, ce deuxième volet conclut efficacement L’An Zéro. Le Sphinx y trouve une place remarquable, tandis que la Gotham sauvage dessinée par Greg Capullo offre à cette nouvelle origine une identité immédiatement reconnaissable.
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