MiklMayer.fr

Ant-Man et la Guêpe

Affiche de Ant-Man et la Guêpe

Ant-Man et la Guêpe

Titre original : Ant-Man and the Wasp

Réalisation : Peyton Reed

Avec : Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Hannah John-Kamen

Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France

Durée : 1 h 58

Adaptation : Comics

Sortie : 18 août 2018

★★★★★ 3/5

Trois ans après Ant-Man, Peyton Reed retrouve Scott Lang dans Ant-Man et la Guêpe. Sorti en 2018, le film place cette fois Evangeline Lilly au même niveau que Paul Rudd, tandis que Michael Douglas et Michael Peña reprennent leurs rôles. Michelle Pfeiffer, Hannah John-Kamen et Laurence Fishburne rejoignent également cette aventure construite autour du Royaume quantique et de la recherche de Janet van Dyne.

La Guêpe n’est plus obligée de regarder Ant-Man travailler

Le premier film soulevait une question assez évidente : pourquoi Hank Pym confiait-il le costume à Scott alors que Hope semblait plus compétente que lui ? Cette suite apporte enfin la réponse que l’on attendait en permettant à Hope de devenir pleinement la Guêpe. Et il suffit de quelques scènes d’action pour comprendre qu’elle maîtrise parfaitement son sujet.

Evangeline Lilly bénéficie surtout d’un style de combat différent de celui de Scott. Les ailes, les blasters et les changements de taille sont combinés avec beaucoup plus de précision, donnant à la Guêpe une fluidité que son partenaire ne possède pas. Le titre ne ment donc pas : elle n’est pas l’accompagnatrice d’Ant-Man, mais réellement sa partenaire. Le problème est plutôt que le scénario lui offre paradoxalement assez peu d’évolution personnelle malgré cette promotion.

Scott Lang reste le meilleur atout de la saga

Paul Rudd conserve cette simplicité qui rend Scott particulièrement sympathique. Après sa participation aux événements de Civil War, il se retrouve assigné à résidence et tente de respecter ses obligations tout en restant présent pour Cassie. Le héros qui peut devenir gigantesque continue ainsi d’avoir des problèmes extrêmement ordinaires.

Sa relation avec sa fille reste le cœur du personnage. Cassie ne voit pas Scott comme un super-héros malgré ses exploits, mais comme son père. Le film exploite cette dynamique sans chercher artificiellement à lui donner une gravité démesurée. Même son ex-femme et son nouveau compagnon ne sont plus présentés comme des obstacles : tout le monde semble simplement vouloir que Scott réussisse.

Cette bienveillance donne à la saga Ant-Man une identité assez rare dans le MCU. Les personnages peuvent se disputer sans que chaque conflit familial doive nécessairement devenir un traumatisme.

Le jeu sur les tailles devient encore plus inventif

Peyton Reed sait désormais exactement ce qui distingue visuellement Ant-Man des autres super-héros. Plutôt que de simplement reproduire les scènes miniatures du premier film, cette suite multiplie les variations. Une voiture peut rétrécir en pleine poursuite avant de retrouver brutalement sa taille normale, un immeuble entier devient une valise et Scott alterne parfois entre plusieurs dimensions avec une précision toute relative.

La poursuite dans San Francisco est particulièrement efficace parce que les changements d’échelle deviennent la mécanique même de l’action. Les objets ne sont plus seulement grands ou petits : leur taille peut changer à n’importe quel moment et modifier immédiatement la situation.

Le film conserve également le goût du premier pour le contraste. Un objet dérisoire peut devenir une menace gigantesque une fois miniaturisé, tandis qu’un événement spectaculaire peut soudainement paraître ridicule lorsque la caméra retrouve une échelle normale. C’est toujours dans ces moments que Ant-Man et la Guêpe possède le plus de personnalité.

Ghost est davantage une victime qu’une véritable méchante

Après le très conventionnel Yellowjacket, Ghost apporte une menace plus intéressante. Hannah John-Kamen incarne Ava Starr, dont le corps est devenu instable à la suite d’un accident quantique. Sa capacité à traverser la matière donne lieu à des affrontements visuellement réussis, mais elle possède surtout une motivation qui la distingue du méchant Marvel classique.

Ava ne cherche pas véritablement le pouvoir ou la domination. Elle souffre et cherche une solution avant que son état ne la détruise. Ses méthodes deviennent dangereuses, mais son objectif reste compréhensible. Laurence Fishburne, dans le rôle de Bill Foster, renforce cette dimension en devenant moins son complice que l’homme essayant de sauver quelqu’un dont il se sent responsable.

Cela crée toutefois un problème dramatique : le film ne possède jamais réellement de grand antagoniste. Ghost est trop compréhensible pour occuper cette fonction, tandis que Sonny Burch et ses hommes servent principalement à compliquer la course au laboratoire. Le récit gagne en nuance ce qu’il perd en tension.

Retrouver Janet devient le véritable moteur du film

Le Royaume quantique, introduit dans Ant-Man, cesse ici d’être simplement une étrangeté visuelle. Hank et Hope pensent que Janet van Dyne y est toujours vivante après plusieurs décennies et tentent de construire un moyen de la ramener. Le film repose donc beaucoup plus sur une mission de sauvetage que sur la nécessité de neutraliser un super-vilain.

Michael Douglas fonctionne particulièrement bien dans cette dimension. Derrière son caractère toujours aussi difficile apparaît un homme qui n’a jamais véritablement accepté la disparition de sa femme. Michelle Pfeiffer dispose finalement de peu de temps à l’écran, mais sa présence suffit à donner un visage à cette quête qui traverse les deux films.

Le Royaume quantique ouvre également des possibilités considérables pour le MCU. Le problème est qu’il reste encore davantage montré qu’exploré. Le film nous permet d’en apercevoir l’étrangeté sans réellement prendre le temps de découvrir cet univers.

Luis continue de raconter les choses à sa manière

Michael Peña reste évidemment l’une des armes comiques de la saga. Le film reprend notamment le principe de ses récits interminables dans lesquels tous les personnages adoptent sa manière de parler. Réutiliser exactement le même procédé aurait pu sembler paresseux, mais la mise en scène réussit encore à en tirer un excellent moment.

Plus largement, l’humour fonctionne parce que Ant-Man et la Guêpe accepte son statut de petite comédie d’action. Scott utilisant un costume défectueux et se retrouvant à la taille d’un enfant dans une école est complètement absurde, mais Paul Rudd joue suffisamment sérieusement la situation pour que le gag fonctionne.

Tout n’est pas aussi efficace et certains passages tirent un peu sur la mécanique comique. Mais contrairement à d’autres films du MCU, l’humour correspond naturellement à l’identité des personnages plutôt que de donner l’impression d’être ajouté pour empêcher le récit de devenir trop sérieux.

Une suite sympathique qui prend très peu de risques

C’est également la principale limite du film. Ant-Man et la Guêpe est extrêmement agréable à regarder, possède de bonnes scènes d’action, des personnages attachants et un rythme suffisamment efficace. Mais il donne rarement l’impression de vouloir dépasser cette ambition.

Le premier Ant-Man bénéficiait de la fraîcheur de son concept et de son mélange entre film de casse et aventure super-héroïque. Cette suite développe les changements d’échelle mais perd en partie cette structure particulière. L’intrigue devient une course où plusieurs groupes cherchent essentiellement à récupérer le même laboratoire.

À une époque où Infinity War bouleversait complètement le MCU, cette modestie peut constituer une respiration bienvenue. Mais prise indépendamment, elle rend aussi le film moins mémorable. Ant-Man et la Guêpe savent parfaitement devenir minuscules ; leur deuxième aventure a simplement un peu trop peur de devenir grande.

En résumé

Ant-Man et la Guêpe reste une aventure légère et inventive, portée par Paul Rudd, une Evangeline Lilly enfin pleinement héroïque et d’excellents jeux sur les changements d’échelle. Ghost apporte également une menace plus humaine que Yellowjacket.

Mais l’intrigue manque de tension et cette suite possède moins de personnalité que le premier film. Très sympathique sur le moment, elle laisse aussi relativement peu de traces une fois terminée.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR