MiklMayer.fr

Ant-Man et la Guêpe : Quantumania

Affiche de Ant-Man et la Guêpe : Quantumania

Ant-Man et la Guêpe : Quantumania

Titre original : Ant-Man and the Wasp: Quantumania

Réalisation : Peyton Reed

Avec : Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michelle Pfeiffer, Michael Douglas

Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France

Durée : 2 h 05

Adaptation : Comics

Sortie : 15 février 2023

★★★★★ 2/5

Après deux aventures volontairement modestes, Ant-Man change radicalement d’échelle en 2023 avec Ant-Man et la Guêpe : Quantumania. Toujours réalisé par Peyton Reed, ce troisième volet réunit Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas et Michelle Pfeiffer, accueille Kathryn Newton dans le rôle de Cassie et fait de Kang l’une des principales menaces du Royaume quantique.

Ant-Man n’est plus vraiment Ant-Man

Le charme des deux premiers films venait en grande partie du contraste entre les pouvoirs extraordinaires de Scott Lang et un quotidien parfaitement banal. Une baignoire devenait un précipice, un train électrique le décor d’une bataille gigantesque et Scott restait avant tout un père essayant d’être présent pour sa fille.

Quantumania abandonne presque entièrement cette idée en envoyant ses personnages dans un univers totalement numérique. Scott ne rétrécit plus dans notre monde : il évolue dans un environnement dont on ignore constamment les proportions. Dès lors, les changements de taille perdent une grande partie de leur intérêt. Ant-Man n’avait pas besoin d’un monde minuscule : il avait besoin de notre monde pour nous montrer à quel point celui-ci pouvait devenir immense.

Le Royaume quantique perd son mystère

Jusqu’ici, le Royaume quantique était fascinant parce qu’il restait presque incompréhensible. Cette fois, le film décide de tout montrer : villes, créatures, bars, vaisseaux, armées, dictateur et résistance. L’endroit mystérieux devient finalement une planète de space opera assez conventionnelle.

Quelques designs sont intéressants, mais l’accumulation finit par produire l’effet inverse de celui recherché. Puisque absolument tout peut apparaître à l’écran, plus rien ne semble réellement extraordinaire. Le Royaume quantique devient un immense décor plutôt qu’un lieu véritablement inquiétant ou mystérieux.

Michelle Pfeiffer tire néanmoins son épingle du jeu. Janet devient enfin essentielle à l’intrigue grâce à son passé dans cet univers et à sa connaissance de Kang, même si le scénario abuse du procédé consistant à lui faire cacher des informations qu’elle pourrait simplement raconter aux autres.

Des effets spéciaux parfois franchement mauvais

C’est surtout ici que l’ambition du film se retourne contre lui. Quantumania repose presque entièrement sur des environnements numériques, mais certains effets visuels sont étonnamment peu convaincants pour une production Marvel de cette ampleur. Les personnages paraissent régulièrement détachés des décors et certaines créatures donnent davantage l’impression d’assister à une cinématique qu’à un univers dans lequel évoluent réellement les acteurs.

MODOK en constitue l’exemple le plus spectaculaire. Le personnage doit évidemment être grotesque : une tête gigantesque montée sur un corps minuscule ne peut pas devenir soudainement réaliste. Mais le visage déformé de Corey Stoll franchit parfois la frontière entre le ridicule volontaire et l’effet numérique franchement raté. Certaines images paraissent presque inachevées.

C’est d’autant plus dommage que les deux premiers Ant-Man utilisaient justement les effets spéciaux avec beaucoup d’intelligence. Une simple chambre d’enfant suffisait à créer du spectacle. Ici, Marvel construit littéralement un monde entier et parvient paradoxalement beaucoup moins à nous faire croire à ce que nous regardons.

Scott et Cassie : le film qu’on aurait aimé voir davantage

Derrière toute cette débauche numérique subsiste pourtant une histoire beaucoup plus simple. Cassie a grandi et ne regarde plus son père comme lorsqu’elle était enfant. Elle souhaite elle aussi agir, tandis que Scott cherche surtout à profiter du temps qu’il peut enfin passer avec elle après les événements d’Endgame.

Paul Rudd et Kathryn Newton fonctionnent bien ensemble et leur relation aurait pu constituer le véritable cœur du film. Scott est devenu un héros reconnu, mais son principal enjeu reste finalement le même : être un bon père. Malheureusement, cette dimension familiale doit partager l’écran avec tellement d’autres intrigues qu’elle ne bénéficie jamais vraiment du temps nécessaire.

Evangeline Lilly est encore moins bien servie. Alors que le titre place toujours la Guêpe aux côtés d’Ant-Man, Hope devient presque secondaire dans sa propre saga.

Kang impressionne davantage lorsqu’il ne fait rien

Kang est présenté comme une menace capable de bouleverser le multivers. Le personnage fonctionne d’ailleurs beaucoup mieux lorsqu’il reste calme, parle à Scott et laisse simplement comprendre ce dont il est capable. Le film lui construit une aura suffisamment inquiétante pour donner l’impression que la famille Lang vient de rencontrer un adversaire d’une tout autre dimension.

Mais plus le récit avance, plus Kang devient un antagoniste de blockbuster traditionnel. Les armées apparaissent, les explosions se multiplient et l’affrontement final finit par réduire cette menace multiverselle à quelque chose de beaucoup plus conventionnel.

Le problème est presque structurel : Marvel veut présenter Kang comme un danger supérieur à tout ce que les Avengers ont rencontré tout en faisant de lui l’adversaire principal d’un film Ant-Man. À force de vouloir démontrer sa puissance, Quantumania finit curieusement par la rendre moins impressionnante.

MODOK : le ridicule peut fonctionner, mais encore faut-il savoir quoi en faire

Faire revenir Darren Cross sous les traits de MODOK constitue une idée suffisamment absurde pour correspondre à l’esprit d’Ant-Man. Et il aurait été dommage de chercher à rendre raisonnable un personnage qui ne l’a jamais été dans les comics.

Le problème vient moins du concept que de son traitement. MODOK devient essentiellement une plaisanterie permanente, jusqu’à une évolution finale qui pousse tellement loin le gag qu’elle détruit pratiquement toute possibilité de prendre le personnage au sérieux. Il aurait pu être simultanément grotesque, drôle et inquiétant. Le film choisit principalement le grotesque.

Une saga qui perd ce qui la rendait différente

Quantumania veut transformer Ant-Man en héros d’une immense aventure de science-fiction et préparer en même temps l’avenir du MCU. Mais à force d’agrandir ses enjeux, Peyton Reed perd la simplicité qui distinguait cette saga des autres productions Marvel.

Luis et son équipe ont disparu, San Francisco a disparu, le film de casse a disparu et même les jeux d’échelle sont beaucoup moins amusants. Il reste une famille attachante, quelques bonnes idées et Paul Rudd, toujours aussi sympathique, mais ils semblent désormais coincés dans un blockbuster qui aurait presque pu accueillir n’importe quels héros Marvel.

À force de vouloir prouver qu’Ant-Man pouvait jouer dans la cour des grands, Quantumania oublie que son principal intérêt était justement d’être le plus petit.

En résumé

Quantumania abandonne une grande partie du charme des deux premiers films au profit d’un space opera numérique surchargé. Malgré quelques bonnes idées autour de la famille Lang et de Kang, des effets spéciaux parfois franchement mauvais — MODOK en étant l’exemple le plus criant — et la disparition du jeu avec les décors réels font perdre à Ant-Man une grande partie de son identité.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR