MiklMayer.fr

Ant-Man

Affiche de Ant-Man

Ant-Man

Titre original : Ant-Man

Réalisation : Peyton Reed

Avec : Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Corey Stoll

Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France

Durée : 1 h 57

Adaptation : Comics

Sortie : 14 juillet 2015

★★★★★ 4/5

Après les batailles gigantesques d’Avengers et les enjeux cosmiques des Gardiens de la Galaxie, Marvel Studios change complètement d’échelle en 2015 avec Ant-Man. Réalisé par Peyton Reed, le film introduit Paul Rudd dans le rôle de Scott Lang, aux côtés d’Evangeline Lilly, Michael Douglas, Corey Stoll et Michael Peña. Le MCU adapte ainsi l’un de ses héros historiques à travers une formule mêlant film de casse, comédie familiale et aventure miniature.

Scott Lang : un héros Marvel qui n’a rien d’un héros

Scott Lang arrive au bon moment dans le MCU. Tony Stark est milliardaire, Steve Rogers est un soldat exemplaire et Thor appartient littéralement à une famille de dieux. Scott, lui, sort de prison et cherche surtout un moyen de retrouver une vie normale afin de rester présent pour sa fille Cassie.

Paul Rudd donne immédiatement au personnage une simplicité très attachante. Scott possède des compétences exceptionnelles, mais il n’est ni un génie universel ni un guerrier légendaire. Il improvise, se trompe et se retrouve régulièrement dépassé par ce qui lui arrive. Son héroïsme vient beaucoup moins d’une volonté de sauver le monde que de son désir de devenir quelqu’un dont sa fille puisse être fière.

Cette dimension familiale permet au film de conserver des enjeux modestes sans paraître insignifiant. Pour Scott, réussir à être un bon père peut compter davantage que rejoindre les Avengers, et c’est précisément ce changement de perspective qui distingue Ant-Man des autres productions Marvel de l’époque.

Un film de casse caché dans un film de super-héros

L’idée la plus efficace consiste à ne pas construire Ant-Man comme une origin story traditionnelle. Hank Pym ne cherche pas un successeur capable d’affronter directement Darren Cross : il a besoin de quelqu’un capable de s’introduire dans un bâtiment et de voler une technologie. Scott est donc recruté précisément parce qu’il est cambrioleur.

Le film adopte alors plusieurs codes du heist movie : constitution d’une équipe, préparation minutieuse, repérage, entraînement et plan qui ne se déroule évidemment jamais exactement comme prévu. Luis, Dave et Kurt apportent à cette mécanique une dimension comique qui éloigne encore davantage le film du blockbuster super-héroïque classique.

Cette structure donne surtout une fonction réelle aux pouvoirs d’Ant-Man. Rétrécir ne sert pas uniquement à frapper plus fort ou à produire un nouvel effet spectaculaire : cela permet d’infiltrer des lieux normalement inaccessibles. Ant-Man fonctionne parce que son pouvoir détermine le genre du film autant que les scènes d’action.

Rétrécir permet enfin à Marvel de changer réellement d’échelle

Peyton Reed comprend rapidement que le principal intérêt visuel d’Ant-Man n’est pas simplement de montrer un homme minuscule. Il faut montrer comment notre monde change lorsqu’il est observé depuis sa taille. Une baignoire, un aspirateur ou une maquette peuvent soudainement devenir des environnements gigantesques.

Les meilleures scènes reposent précisément sur le contraste entre la perception des personnages et celle du spectateur. Un combat miniature peut être présenté comme un affrontement titanesque avant qu’un changement de plan ne révèle à quel point l’événement est dérisoire à taille humaine. Le duel final autour du petit train est l’exemple parfait : tout est filmé comme si une ville était en train d’être détruite, alors qu’il ne s’agit que d’un jouet.

Le film trouve ainsi un langage comique directement lié aux capacités de son héros. Ce n’est pas toujours spectaculaire au sens traditionnel du terme, mais c’est suffisamment inventif pour donner à Ant-Man une identité immédiatement reconnaissable.

Michael Douglas donne du poids à Hank Pym

Choisir Hank Pym comme ancien Ant-Man plutôt que comme héros principal constitue une adaptation importante des comics, mais particulièrement intelligente pour le MCU. Michael Douglas lui apporte immédiatement une histoire que le film n’a pas besoin de raconter entièrement. On comprend qu’il existe un passé derrière le costume avant même l’arrivée de Scott.

Sa relation avec Hope permet également d’introduire la disparition de Janet van Dyne et les conséquences personnelles de sa carrière. Hank n’est pas seulement le mentor grincheux chargé d’entraîner le nouveau héros : il est aussi un père qui a passé des années à essayer de protéger sa fille en lui cachant une partie de la vérité.

Evangeline Lilly donne d’ailleurs suffisamment de caractère à Hope pour rendre évidente une question : pourquoi Scott plutôt qu’elle ? Le film en est conscient et prépare clairement la suite. Mais pendant une grande partie du récit, Hope paraît déjà plus compétente que l’homme qu’elle doit entraîner, ce qui rend son exclusion du costume parfois artificielle.

Darren Cross, encore un héros en version méchante

C’est malheureusement du côté de l’antagoniste que Ant-Man retombe dans l’une des habitudes les plus paresseuses du MCU. Darren Cross développe Yellowjacket, une technologie reposant sur le même principe que celle du héros. Le dernier affrontement oppose donc une nouvelle fois deux personnages dotés de capacités très similaires.

Corey Stoll apporte une certaine intensité au personnage et sa relation avec Hank Pym aurait pu offrir davantage de matière. Cross est en partie le produit d’un mentor qui l’a repoussé et dont il cherche encore la reconnaissance. Mais cette dimension reste secondaire face à son rôle de patron devenu dangereux.

Yellowjacket fonctionne mieux comme menace visuelle que comme personnage. Son armure est réussie, ses capacités permettent un affrontement final inventif, mais Darren Cross appartient clairement à cette longue série de méchants Marvel dont on se souvient davantage du costume que de la personnalité.

Michael Peña vole presque chaque scène où il apparaît

Luis aurait facilement pu devenir insupportable. Le meilleur ami bavard qui ne sait jamais aller directement à l’essentiel ressemble exactement au type de personnage comique qu’un blockbuster peut rapidement épuiser. Michael Peña réussit pourtant à transformer cette caractéristique en l’un des meilleurs running gags du film.

Ses récits interminables, où chaque intermédiaire parle avec sa voix, permettent à Peyton Reed de jouer avec le montage tout en délivrant des informations très simples de manière volontairement disproportionnée. L’humour vient autant du personnage que de la mise en scène.

Plus généralement, Ant-Man fait partie des films Marvel où la comédie paraît encore découler naturellement de la situation. Scott est drôle parce qu’il est dépassé, Hank parce qu’il n’a aucune patience, Luis parce qu’il est incapable de raconter une histoire normalement. Le film n’a pas besoin que tout le monde se comporte comme un humoriste.

Une petite histoire au milieu d’un univers devenu gigantesque

Ant-Man arrive après Avengers: Age of Ultron, à un moment où Marvel semble condamné à augmenter constamment la taille de ses menaces. Peyton Reed fait exactement l’inverse. Le destin de l’univers n’est pas en jeu et personne n’a besoin de faire tomber une ville du ciel.

Cela n’empêche pas le film de rappeler son appartenance au MCU, notamment lorsque Scott croise Falcon. Mais ces connexions restent suffisamment limitées pour ne pas avaler son histoire. Ant-Man peut appartenir au même monde que les Avengers tout en vivant une aventure qui repose principalement sur un cambriolage et sa relation avec sa fille.

C’est finalement sa plus grande qualité. Après avoir appris à rendre ses films toujours plus grands, Marvel découvre avec Ant-Man que devenir plus petit peut être tout aussi amusant.

En résumé

Ant-Man ne révolutionne pas la formule Marvel, mais son mélange de film de casse, de comédie et d’aventure miniature lui donne une vraie personnalité. Paul Rudd est immédiatement attachant, Michael Douglas apporte du poids au récit et les changements d’échelle permettent quelques excellentes idées visuelles.

Darren Cross reste un antagoniste très conventionnel et le scénario suit plusieurs passages obligés de l’origin story, mais cette aventure plus modeste constitue justement une respiration particulièrement sympathique dans le MCU.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR