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Avengers : L’Ère d’Ultron

Affiche de Avengers : L’Ère d’Ultron

Avengers : L’Ère d’Ultron

Titre original : Avengers: Age of Ultron

Réalisation : Joss Whedon

Avec : Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Chris Evans, Scarlett Johansson

Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France

Durée : 2 h 21

Adaptation : Comics

Sortie : 22 avril 2015

★★★★★ 4/5

Trois ans après le triomphe d’Avengers, Joss Whedon retrouve l’équipe au complet pour Avengers : L’Ère d’Ultron. Sorti en 2015, ce deuxième rassemblement introduit Ultron, Wanda et Pietro Maximoff ainsi que Vision, tout en préparant plusieurs évolutions majeures du MCU. Robert Downey Jr., Chris Evans, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Scarlett Johansson et Jeremy Renner reprennent leurs rôles dans un film nettement plus dense que son prédécesseur.

Des Avengers qui sont enfin devenus une véritable équipe

Le premier Avengers racontait essentiellement la formation du groupe. Ici, l’équipe existe déjà, et cela change immédiatement la dynamique. Dès l’ouverture, les héros combattent ensemble avec une fluidité qui montre qu’ils ont désormais leurs habitudes, leurs techniques et leurs automatismes.

Les meilleurs moments sont d’ailleurs parfois les plus simples. La soirée à la Tour Avengers et le concours pour soulever Mjolnir permettent de profiter de personnages qui n’ont plus besoin d’apprendre à travailler ensemble. On croit davantage à leurs liens, ce qui rend leurs futures divisions beaucoup plus intéressantes.

Ultron, une excellente idée qui aurait mérité davantage

Créer Ultron à partir des ambitions de Tony Stark est une modification importante par rapport aux comics, où le personnage est historiquement lié à Hank Pym. Mais dans le MCU, cette décision possède une véritable logique : Tony veut construire une protection suffisamment puissante pour que les Avengers deviennent inutiles et crée précisément la menace qu’il voulait empêcher.

James Spader donne surtout à Ultron une personnalité formidablement étrange. Il est arrogant, sarcastique, colérique et presque enfantin. L’intelligence artificielle ressemble finalement beaucoup à son créateur, ce qui rend leur opposition particulièrement pertinente.

Le problème vient de son exploitation. Présenté comme une menace terrifiante, Ultron devient progressivement plus bavard et parfois trop comique. Il reste un antagoniste intéressant, mais le film ne lui laisse jamais atteindre complètement le caractère cauchemardesque que son concept permettait.

Wanda Maximoff bouleverse réellement l’équipe

Elizabeth Olsen fait ici ses véritables débuts dans le MCU et Wanda trouve immédiatement une fonction intéressante. Ses pouvoirs ne servent pas uniquement à lancer de l’énergie : elle attaque les Avengers là où ils sont les plus vulnérables, dans leurs peurs.

Les visions qu’elle provoque permettent notamment d’explorer Tony et son obsession d’empêcher une nouvelle catastrophe. C’est précisément cette peur qui l’amène à prendre des décisions de plus en plus dangereuses.

Pietro est moins développé, mais Aaron Taylor-Johnson apporte suffisamment d’énergie au personnage pour faire fonctionner le duo. Le film doit malheureusement présenter tellement de nouveaux éléments que les jumeaux n’obtiennent pas toujours l’espace qu’ils mériteraient.

Hawkeye devient enfin un personnage

Après avoir passé une grande partie du premier film sous le contrôle de Loki, Clint Barton bénéficie enfin d’un véritable développement. La découverte de sa vie familiale constitue même l’une des meilleures idées du film.

Hawkeye devient paradoxalement l’Avenger le plus humain du groupe. Il n’a ni armure, ni pouvoirs, ni sérum, ni marteau divin. Sa présence rappelle ce que les Avengers essaient réellement de protéger et permet à Jeremy Renner d’apporter autre chose au personnage que ses talents d’archer.

Sa relation avec Wanda fonctionne particulièrement bien : Clint sait parfaitement qu’il n’a rien à faire au milieu de dieux et de robots, mais il choisit malgré tout de sortir et de se battre.

Hulk et Black Widow : une romance beaucoup moins convaincante

La relation entre Bruce Banner et Natasha Romanoff constitue en revanche l’une des idées les plus discutables du film. Scarlett Johansson et Mark Ruffalo réussissent quelques moments tendres, et l’idée de rapprocher deux personnages qui se considèrent eux-mêmes comme dangereux n’est pas absurde.

Mais la romance arrive sans véritable préparation et paraît parfois imposée au milieu d’un film qui possède déjà énormément d’intrigues. Natasha perd également une partie de l’indépendance qu’elle avait gagnée dans Captain America : Le Soldat de l’hiver.

Le problème n’est donc pas l’existence de cette relation, mais la place qu’elle occupe dans un récit qui peine déjà à donner suffisamment d’espace à tous ses personnages.

Vision : l’une des meilleures nouveautés du film

Au milieu de cette accumulation, Vision réussit pourtant une entrée particulièrement élégante. Paul Bettany passe de la voix de J.A.R.V.I.S. à un véritable personnage et apporte immédiatement une étrangeté très différente de celle d’Ultron.

Vision représente surtout l’opposé de ce dernier. Tous deux sont issus de technologies similaires, mais l’un observe l’humanité avec mépris tandis que l’autre accepte ses imperfections. Leur confrontation dépasse donc la simple opposition entre deux êtres artificiels.

Et le film trouve une manière particulièrement efficace de faire accepter Vision aux Avengers sans long discours : Mjolnir suffit.

Un film qui prépare parfois trop l’avenir

C’est probablement le principal défaut de L’Ère d’Ultron. Le film doit raconter son histoire tout en installant Wanda, Pietro, Vision, Ulysses Klaue, le Wakanda, les Pierres d’Infinité et plusieurs éléments destinés aux futurs épisodes.

Certaines digressions, notamment autour de Thor, donnent presque l’impression de regarder des morceaux d’autres films insérés au milieu de celui-ci. Le premier Avengers bénéficiait d’une simplicité redoutable ; sa suite semble constamment devoir préparer autre chose.

Pourtant, derrière cette surcharge apparaît déjà l’idée qui mènera directement à Civil War : les Avengers peuvent-ils réellement sauver le monde sans devenir eux-mêmes une partie du problème ? Tony crée Ultron pour protéger la Terre et provoque précisément la catastrophe qu’il voulait éviter.

Une suite imparfaite, mais plus intéressante qu’elle n’en a l’air

L’Ère d’Ultron n’a pas l’efficacité immédiate du premier Avengers. Il veut introduire trop de personnages, préparer trop d’événements et raconter trop de choses en 2 h 21. Son antagoniste aurait également mérité un traitement plus menaçant.

Mais avec le recul, beaucoup de ses idées prennent davantage de sens. Les peurs de Tony, les tensions avec Steve, l’arrivée de Wanda et Vision ou les conséquences des interventions des Avengers deviennent essentielles pour la suite du MCU.

Le premier Avengers célébrait la naissance de l’équipe. L’Ère d’Ultron commence déjà à montrer les fissures qui finiront par la briser.

En résumé

L’Ère d’Ultron est plus désordonné que son prédécesseur, mais aussi plus riche dans ce qu’il raconte sur les Avengers et leurs failles. Ultron, Wanda, Vision et le développement de Hawkeye apportent beaucoup, même si la surcharge narrative empêche cette suite d’atteindre complètement le niveau du premier film.

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