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Avengers

Affiche de Avengers

Avengers

Titre original : The Avengers

Réalisation : Joss Whedon

Avec : Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson

Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France

Durée : 2 h 23

Adaptation : Comics

Sortie : 25 avril 2012

★★★★★ 5/5

Après Iron Man, L’Incroyable Hulk, Iron Man 2, Thor et Captain America: First Avenger, Marvel Studios concrétise en 2012 son projet le plus ambitieux : réunir dans un même film les héros introduits séparément depuis 2008. Joss Whedon prend les commandes d’Avengers et rassemble Robert Downey Jr., Chris Evans, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Scarlett Johansson et Jeremy Renner face au Loki de Tom Hiddleston. C’est la première véritable concrétisation à grande échelle du principe d’univers cinématographique partagé développé par le MCU.

Réunir les Avengers sans sacrifier les personnages

La grande réussite d’Avengers paraît presque évidente aujourd’hui, mais elle ne l’était absolument pas en 2012 : faire cohabiter tous ces personnages sans donner l’impression que certains se sont trompés de film. Tony Stark reste arrogant, Steve Rogers conserve ses valeurs d’un autre temps, Thor raisonne encore comme un prince d’Asgard et Bruce Banner vit constamment avec la peur de perdre le contrôle.

Joss Whedon utilise précisément leurs différences pour construire son équipe. Les Avengers ne deviennent pas immédiatement amis : ils se provoquent, se battent et se méfient les uns des autres. La scène où les disputes s’enchaînent à bord de l’Héliporteur est presque aussi importante que la bataille de New York, parce que le véritable enjeu du film consiste d’abord à faire fonctionner ces personnalités ensemble.

Robert Downey Jr. domine… sans écraser les autres

Après deux Iron Man, Tony Stark était naturellement la vedette la plus installée du MCU. Robert Downey Jr. pourrait facilement aspirer tout le film autour de lui, mais Avengers réussit à utiliser son charisme sans transformer les autres héros en figurants.

Son opposition avec Steve Rogers est particulièrement efficace. Tony se méfie du soldat parfait et de son sens du devoir, tandis que Steve voit surtout en Stark un homme incapable de se sacrifier pour les autres. Leur affrontement installe déjà une divergence fondamentale qui prendra une importance considérable quelques années plus tard.

Mark Ruffalo réussit parallèlement son arrivée en Bruce Banner après Edward Norton. Plus calme, presque détaché, son Banner semble avoir appris à vivre avec Hulk plutôt qu’à simplement le fuir. Et lorsque le géant vert se déchaîne enfin, le film sait parfaitement exploiter sa puissance autant que son potentiel comique.

Loki, l’adversaire idéal pour les réunir

Tom Hiddleston reprend un Loki déjà développé dans Thor, ce qui évite au film de perdre du temps à construire entièrement son antagoniste. Sa jalousie, son besoin de reconnaissance et son obsession du pouvoir sont déjà établis.

Loki possède surtout exactement le type de personnalité capable de faire réagir chaque Avenger. Il manipule, provoque et cherche constamment à exploiter les divisions du groupe. Son assurance démesurée offre également au film certains de ses moments les plus drôles, particulièrement lorsque Hulk lui rappelle brutalement que les grands discours ont leurs limites.

La menace extraterrestre des Chitauris est beaucoup plus générique. Mais elle remplit finalement sa fonction : fournir une armée suffisamment importante pour obliger les Avengers à devenir réellement une équipe.

La bataille de New York reste un modèle du genre

Le dernier acte est évidemment celui qui a marqué les esprits. Pourtant, ce n’est pas seulement parce que New York est envahie ou parce que les explosions se multiplient. La bataille fonctionne surtout parce que chaque personnage y possède une fonction parfaitement identifiable.

Captain America coordonne, Iron Man utilise sa mobilité, Thor apporte sa puissance, Hawkeye surveille le terrain, Black Widow agit au cœur de l’affrontement et Hulk devient l’arme incontrôlable dont l’équipe avait besoin. Même au milieu du chaos, le spectateur comprend où se trouvent les personnages et ce qu’ils essaient d’accomplir.

Le fameux plan circulaire réunissant enfin les six Avengers pourrait n’être qu’une image destinée aux bandes-annonces. Il fonctionne parce que le film a passé près de deux heures à mériter cet instant. Pour la première fois, ces héros ne partagent plus seulement le même univers : ils forment une équipe.

Black Widow et Hawkeye trouvent enfin leur place

Face à des dieux, un monstre vert et un milliardaire dans une armure volante, Natasha Romanoff et Clint Barton auraient facilement pu sembler inutiles. Le film trouve pourtant suffisamment de place pour montrer leur importance autrement.

Scarlett Johansson bénéficie notamment de la séquence d’interrogatoire avec Loki, où Natasha retourne contre lui son assurance et obtient exactement l’information qu’elle recherchait. Le personnage démontre que son véritable pouvoir n’a jamais été de savoir donner des coups de pied.

Hawkeye est malheureusement moins bien servi puisqu’une grande partie du film le place sous l’influence de Loki. Jeremy Renner devra encore attendre pour véritablement développer Clint Barton, mais son efficacité pendant la bataille finale commence au moins à définir ce qu’il apporte à l’équipe.

Un film dont on oublie presque à quel point le pari était fou

Avec le recul, Avengers peut sembler être une étape logique du MCU. En 2012, rien ne garantissait pourtant qu’un projet construit sur plusieurs franchises différentes fonctionnerait aussi bien. Marvel ne réunissait pas simplement des personnages : le studio devait prouver que cinq films précédents pouvaient converger vers un sixième sans que celui-ci ressemble à une gigantesque publicité pour les suivants.

Le film y parvient parce qu’il reste étonnamment simple. Loki menace la Terre, les héros doivent apprendre à travailler ensemble et leurs conflits personnels nourrissent directement cette construction. Pas besoin de dizaines d’univers parallèles ou d’une encyclopédie pour comprendre les enjeux.

Certaines images numériques ont vieilli et la mise en scène télévisuelle de Joss Whedon paraît aujourd’hui parfois assez plate en dehors des grandes scènes d’action. Mais la mécanique narrative reste remarquablement solide.

Le moment où le MCU est véritablement devenu le MCU

Iron Man avait lancé l’aventure, mais Avengers en démontre réellement le potentiel. Après lui, la question n’est plus de savoir si plusieurs franchises peuvent partager le même univers : le modèle vient de prouver qu’il peut devenir un événement cinématographique majeur.

Son influence dépassera largement Marvel. Pendant les années suivantes, de nombreux studios chercheront à construire leur propre univers partagé, avec des résultats beaucoup plus variables. Le MCU avait simplement compris une chose essentielle : avant de réunir des personnages, il fallait donner au public une raison de vouloir les retrouver.

Avengers n’est donc pas seulement le premier grand rassemblement du MCU. C’est le film qui transforme une série de productions connectées en véritable phénomène cinématographique.

En résumé

Avengers conserve une efficacité impressionnante grâce à l’alchimie de ses héros, un Loki excellent et une bataille finale qui sait rester lisible malgré son ampleur. Quelques aspects visuels ont vieilli, mais le pari de 2012 fonctionne toujours aussi bien : transformer six personnalités incompatibles en une équipe devenue immédiatement iconique.

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