MiklMayer.fr

Iron Man

Affiche de Iron Man

Iron Man

Titre original : Iron Man

Réalisation : Jon Favreau

Avec : Robert Downey Jr., Gwyneth Paltrow, Jeff Bridges, Terrence Howard

Production / distribution : Marvel Studios / Paramount Pictures France

Durée : 2 h 06

Adaptation : Comics

Sortie : 30 avril 2008

★★★★★ 5/5

En 2008, Marvel Studios porte pour la première fois au cinéma l’un de ses héros sans s’appuyer sur un studio déjà associé à Spider-Man ou aux X-Men. Jon Favreau réalise Iron Man avec Robert Downey Jr. dans le rôle de Tony Stark, aux côtés de Gwyneth Paltrow, Jeff Bridges et Terrence Howard. Le projet est alors loin de disposer du prestige cinématographique des grandes licences Marvel déjà installées, et son succès va pourtant poser la première pierre du futur Marvel Cinematic Universe.

Robert Downey Jr. et Tony Stark deviennent presque indissociables

Difficile aujourd’hui d’imaginer quelqu’un d’autre dans le rôle. Robert Downey Jr. ne se contente pas de jouer Tony Stark : son débit, son ironie, son arrogance et sa capacité à laisser apparaître une fragilité derrière une confiance apparemment inébranlable façonnent immédiatement le personnage. Tony peut être insupportable sans devenir antipathique, précisément parce que le film ne cherche pas à masquer ses défauts.

Son évolution constitue surtout le véritable moteur du récit. Marchand d’armes milliardaire convaincu que son entreprise contribue à protéger le monde, Tony découvre brutalement les conséquences concrètes de ce qu’il fabrique. La naissance d’Iron Man ne repose donc pas seulement sur l’apparition d’une armure : Tony doit d’abord comprendre qu’il est lui-même responsable d’une partie du monde qu’il prétendra ensuite vouloir sauver.

Une origin story qui prend le temps de construire son héros

Le passage par la captivité reste essentiel. Avant les armures brillantes, les écrans holographiques et les envolées spectaculaires, Tony fabrique la Mark I dans une grotte avec les moyens disponibles. L’aspect artisanal de cette première armure donne immédiatement une dimension crédible à son génie : le film nous montre comment il réfléchit et construit au lieu de simplement nous expliquer qu’il est extraordinairement intelligent.

Le retour aux États-Unis conserve cette logique. Tony ne fabrique pas immédiatement l’armure parfaite. Il teste ses répulseurs, tombe, détruit son atelier, découvre les problèmes liés au vol en altitude et améliore progressivement son équipement. Ces scènes apportent beaucoup d’humour, mais elles donnent surtout une véritable matérialité à la technologie. Iron Man paraît extraordinaire parce que le film a pris le temps de nous montrer comment il pouvait exister.

L’armure possède encore un poids que le MCU perdra parfois

C’est d’ailleurs l’une des grandes forces visuelles du film. Les différentes armures semblent lourdes, mécaniques et composées de véritables pièces. Lorsque Tony marche, atterrit ou reçoit un impact, on ressent encore la masse du métal. Le mélange d’effets pratiques et numériques contribue énormément à cette sensation.

Même l’enfilage de l’armure devient un spectacle. Des bras mécaniques assemblent progressivement les différentes parties autour du corps de Tony, donnant l’impression d’assister à la construction d’une machine plutôt qu’à l’apparition instantanée d’un costume. Les films suivants rendront cette technologie toujours plus fluide et spectaculaire, jusqu’aux nanotechnologies, mais ils perdront parfois en chemin cette sensation presque industrielle qui rend le premier Iron Man si particulier.

Pepper Potts empêche Tony Stark de tourner entièrement autour de lui-même

Gwyneth Paltrow apporte également beaucoup à l’équilibre du film. Pepper n’est pas seulement la secrétaire amoureuse du héros : elle connaît Tony suffisamment bien pour ne pas être impressionnée par son numéro permanent. Leurs échanges reposent sur une complicité faite de piques, d’affection et d’agacement qui donne immédiatement de la vie à leur relation.

Terrence Howard offre de son côté un James Rhodes beaucoup plus raisonnable, déjà placé en contrepoint de l’excentricité de Tony. Le film comprend ainsi que Stark fonctionne mieux lorsqu’il est entouré de personnages capables de lui résister. Même Jarvis, encore simple intelligence artificielle, participe à cette mécanique comique en répondant régulièrement à son créateur avec un calme presque sarcastique.

Obadiah Stane fonctionne mieux avant de devenir Iron Monger

Jeff Bridges constitue un adversaire particulièrement efficace pendant une grande partie du film. Obadiah Stane n’apparaît pas immédiatement comme un super-vilain. Il appartient au monde de Tony, connaît son père, participe à son entreprise et représente une conception beaucoup plus cynique de Stark Industries. Il incarne finalement ce que Tony aurait pu continuer à être s’il n’avait jamais remis en question les conséquences de son activité.

Le dernier acte devient malheureusement plus conventionnel lorsqu’Obadiah revêt l’armure d’Iron Monger. Le conflit idéologique et industriel se transforme alors en affrontement entre deux énormes machines, et les effets numériques vieillissent davantage que le reste du film. Cela reste efficace, mais beaucoup moins intéressant que le face-à-face entre les deux hommes qui précédait.

Un film Marvel avant que la formule Marvel n’existe

Revoir Iron Man après des dizaines de productions du MCU provoque une sensation assez particulière. Le film contient déjà plusieurs ingrédients qui deviendront familiers : humour, action, technologie spectaculaire, références à un univers plus vaste et évidemment une scène après le générique. Mais il ne donne pas encore l’impression de devoir respecter une mécanique préétablie.

Jon Favreau peut donc consacrer de longues scènes à Tony dans son atelier, laisser les dialogues s’installer ou construire l’évolution du personnage sans devoir préparer constamment trois autres films. Même l’apparition de Nick Fury reste un bonus final plutôt qu’une intrusion dans l’intrigue principale. Le futur MCU est présent à la périphérie d’Iron Man ; il n’a pas encore commencé à avaler le film qui se trouve devant lui.

« Je suis Iron Man »

Et puis vient cette dernière conférence de presse. Tout est organisé pour que Tony Stark respecte la mécanique traditionnelle du super-héros : identité secrète, couverture officielle et séparation entre l’homme et son alter ego. Tony regarde ses notes… puis décide simplement de tout envoyer promener.

« Je suis Iron Man » résume parfaitement le personnage. Tony n’a jamais véritablement eu vocation à vivre derrière un masque ou à prétendre être quelqu’un d’autre. Cette décision brise une convention du genre tout en ouvrant immédiatement la porte à une suite. Plus encore, elle scelle définitivement la fusion entre Stark et son identité héroïque : Iron Man n’est pas le costume que Tony enfile, c’est ce que Tony Stark décide désormais de faire de son génie.

En résumé

Iron Man fonctionne encore remarquablement grâce à Robert Downey Jr., à une origin story qui prend son temps et à une technologie qui conserve une véritable présence physique. Quelques éléments du dernier acte ont vieilli, mais l’évolution de Tony Stark et la simplicité de l’ensemble restent particulièrement efficaces.

Surtout, le film réussit quelque chose que l’immense univers construit ensuite ferait parfois oublier : avant de lancer le MCU, Iron Man raconte simplement une excellente histoire de super-héros.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR