Nestor Burma — Tome 5
La Nuit de Saint-Germain-des-Prés
Éditeur : Casterman
Sortie originale : 4 mai 2005
Avec La Nuit de Saint-Germain-des-Prés, Nestor Burma se retrouve entraîné dans une affaire où se croisent diamants, personnages peu recommandables et règlements de comptes. Emmanuel Moynot reprend le dessin de la série et parvient à préserver son atmosphère tout en commençant à y installer sa propre sensibilité.
Une enquête dans le Paris nocturne
Burma est chargé de retrouver un homme lié à une mystérieuse affaire de diamants. Comme souvent avec le détective de Léo Malet, ce qui ressemble à une mission relativement simple se transforme rapidement en enquête beaucoup plus dangereuse.
Le scénario avance efficacement, multipliant suspects et fausses pistes sans perdre son lecteur. L’intrigue reste assez classique dans sa construction, mais possède ce qu’il faut de rebondissements pour maintenir l’intérêt jusqu’au dénouement.
Saint-Germain-des-Prés donne le ton
Le quartier parisien est évidemment l’une des grandes forces de l’album. Bars, rues nocturnes et personnages interlopes composent un décor particulièrement adapté à Nestor Burma.
L’ambiance compte presque autant que l’enquête elle-même. On retrouve ce mélange de polar, de chronique parisienne et de légère désillusion qui fait le charme de la série, avec un Burma toujours aussi à l’aise lorsqu’il s’agit de fouiller là où il ne devrait probablement pas mettre les pieds.
Moynot succède à Tardi
Le changement de dessinateur aurait facilement pu casser l’identité visuelle installée par Tardi. Moynot choisit au contraire de rester dans sa continuité, ce que rappelle d’ailleurs la mention « d’après l’univers graphique de Tardi ».
Le résultat fonctionne bien. Le Paris de Burma reste immédiatement reconnaissable et la narration demeure claire. Moynot possède néanmoins un trait un peu différent, notamment dans ses personnages, qui demande quelques pages d’adaptation après les albums de Tardi mais trouve rapidement sa cohérence.
Un Burma toujours aussi efficace
L’album ne cherche pas à bouleverser la formule et c’est finalement ce qui fait son efficacité. Burma conserve son caractère, son humour sec et cette manière de traverser les situations dangereuses avec un détachement presque insolent.
La Nuit de Saint-Germain-des-Prés n’est peut-être pas l’enquête la plus marquante de la série, mais elle possède un vrai charme. Le changement graphique se fait sans rupture brutale et l’atmosphère parisienne suffit largement à donner envie de suivre l’affaire jusqu’au bout.
En résumé
Une enquête classique mais efficace, portée par un excellent décor parisien et un Nestor Burma toujours aussi plaisant. Pour sa première reprise graphique de la série, Emmanuel Moynot respecte intelligemment l’univers installé par Tardi tout en commençant à trouver sa propre voix.
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