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L’Envahissant Cadavre de la plaine Monceau

Couverture de L’Envahissant Cadavre de la plaine Monceau

Nestor Burma — Tome 7

L’Envahissant Cadavre de la plaine Monceau

Emmanuel Moynot

Éditeur : Casterman

Sortie originale : 19 septembre 2009

★★★★★ 4/5

Un homme retrouvé mort, une affaire qui semble réglée et pourtant quelque chose qui ne colle pas : il n’en faut pas davantage pour lancer Nestor Burma dans une nouvelle enquête. Avec L’Envahissant Cadavre de la plaine Monceau, Emmanuel Moynot adapte Léo Malet dans un épisode qui privilégie le mystère et l’atmosphère à l’action.

Un cadavre particulièrement encombrant

L’affaire démarre sur une situation suffisamment étrange pour éveiller immédiatement la curiosité de Burma. Très vite, les témoignages se contredisent et le détective comprend que le mort cache une histoire nettement plus compliquée qu’il n’y paraît.

L’enquête se construit progressivement, en multipliant suspects, rencontres et petits détails qui finissent par prendre leur importance. Le rythme est assez posé et l’intrigue demande parfois de rester attentif, mais elle conserve jusqu’au bout ce petit parfum de mystère indispensable à un bon Burma.

Une enquête où l’ambiance compte autant que le mystère

Léo Malet utilisait Paris comme bien davantage qu’un simple décor, et cette adaptation le montre une nouvelle fois. Le XVIIe arrondissement, ses immeubles et ses rues donnent une véritable identité à l’histoire.

Moynot prend le temps de laisser Burma circuler dans ce Paris d’après-guerre et d’observer ceux qu’il rencontre. Cela donne parfois au récit un rythme presque contemplatif, mais renforce aussi son charme : on prend autant de plaisir à suivre le détective dans la capitale qu’à résoudre l’affaire avec lui.

Burma fait toujours le travail

L’intrigue repose beaucoup sur son héros. Burma conserve son mélange habituel de perspicacité, d’ironie et de nonchalance, avec cette manière très personnelle de poser les bonnes questions tout en donnant l’impression de ne pas vraiment s’en préoccuper.

Les dialogues sont efficaces et permettent d’alléger une enquête assez bavarde. Même lorsque l’histoire marque un peu le pas, le personnage reste suffisamment attachant pour maintenir l’intérêt.

Moynot privilégie l’atmosphère

Emmanuel Moynot reste dans la continuité graphique instaurée par Tardi tout en conservant son propre dessin. Les décors parisiens sont particulièrement soignés et les couleurs assez sourdes conviennent parfaitement à l’ambiance du récit.

Le trait peut parfois sembler plus raide sur certains personnages, mais la narration reste claire et les rues de Paris possèdent une vraie présence. C’est finalement cette atmosphère de polar urbain qui constitue l’une des principales qualités de l’album.

En résumé

L’Envahissant Cadavre de la plaine Monceau n’est pas l’enquête la plus nerveuse de Nestor Burma, mais elle possède un charme indéniable. Son intrigue prend son temps et peut sembler un peu dense, tout en réservant suffisamment de mystère pour donner envie d’aller jusqu’au bout.

Emmanuel Moynot réussit surtout à préserver l’atmosphère si particulière de la série : un détective désabusé, un cadavre embarrassant et un Paris dans lequel chaque rue semble pouvoir cacher une nouvelle affaire.

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