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Nestor Burma contre C.Q.F.D.

Couverture de Nestor Burma contre C.Q.F.D.

Nestor Burma — Tome 10

Nestor Burma contre C.Q.F.D.

Emmanuel Moynot

Éditeur : Casterman

Sortie originale : 12 octobre 2016

★★★★★ 4/5

Paris, mars 1942. Alors que la capitale vit sous l’Occupation, Nestor Burma se retrouve mêlé au meurtre d’un ancien prisonnier de guerre et croise la route d’une mystérieuse femme rousse. Avec Nestor Burma contre C.Q.F.D., Emmanuel Moynot adapte l’un des premiers romans de Léo Malet et plonge le détective dans une enquête particulièrement sombre.

Une enquête qui démarre au mauvais moment

Une alerte aérienne, une inconnue rencontrée dans un abri, puis un cadavre possédant une carte de l’agence Fiat Lux : Burma se retrouve rapidement embarqué dans une affaire qui le dépasse. Derrière le meurtre se dessine bientôt une histoire de lingots d’or disparus quelques années auparavant.

L’intrigue est assez dense, mais elle avance avec efficacité. Les suspects, les fausses pistes et les révélations s’enchaînent sans étouffer complètement le récit, tandis que Burma conserve son ironie habituelle face à des événements qui le sont beaucoup moins.

Paris sous l’Occupation

Le contexte historique donne surtout à cet épisode une tonalité particulière. Moynot restitue une ville sombre, inquiète, marquée par les restrictions, les alertes et la présence allemande. L’Occupation n’est pas simplement utilisée comme décor : elle pèse constamment sur les personnages et sur l’enquête.

Cela donne à l’album une atmosphère plus lourde que dans beaucoup d’autres aventures de Burma. Les trafics et les petites combines prennent également une autre dimension dans ce Paris où chacun semble chercher un moyen de survivre.

Une femme fatale et beaucoup de faux-semblants

La mystérieuse rousse rencontrée par Burma apporte au récit ce qu’il faut de séduction et d’ambiguïté. Comme souvent dans le polar classique, le détective sait parfaitement qu’il devrait se méfier mais ne peut s’empêcher de poursuivre la piste.

Cette relation donne du relief à une enquête qui aurait pu devenir très mécanique. Burma reste fidèle à lui-même : méfiant, sarcastique, parfois imprudent et surtout incapable de laisser une énigme tranquille.

Moynot à l’aise dans l’univers de Burma

Emmanuel Moynot poursuit ici son travail dans l’univers graphique hérité de Tardi sans chercher à en reproduire chaque trait. Son dessin convient particulièrement bien au Paris occupé, avec des rues sombres, des intérieurs étouffants et une palette volontairement terne.

La mise en scène reste claire malgré une intrigue chargée et certaines planches possèdent une vraie atmosphère de film noir. Le dessin n’a peut-être pas toujours la puissance graphique de Tardi, mais il accompagne efficacement le récit et son époque.

En résumé

Nestor Burma contre C.Q.F.D. est une enquête solide, portée avant tout par son ambiance. Le Paris de 1942 apporte une noirceur particulière au récit et donne davantage de poids aux trafics, aux mensonges et aux personnages que Burma rencontre.

L’intrigue demande parfois un peu d’attention tant les pistes se croisent, mais Emmanuel Moynot maintient suffisamment de rythme et de mystère pour conserver l’intérêt jusqu’au bout. Un bon Burma, classique dans sa construction mais particulièrement réussi dans son atmosphère.

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