MiklMayer.fr

L’Alibi 

Couverture de L’Alibi 

Lucky Luke — Tome 27

L’Alibi 

Claude Guylouis, Morris et le studio Leonardo

Éditeur : Dargaud

Sortie originale : 1 décembre 1987

3/5

Dans L’Alibi, Lucky Luke organise un faux voyage dangereux pour un couple fortuné, avant que de véritables bandits ne viennent bouleverser le programme. Trois autres récits complètent l’album, autour du culturisme, de la tauromachie et de l’enlèvement de Jolly Jumper. L’ensemble se montre divertissant, mais ressemble davantage à une collection de sketches qu’à une aventure pleinement développée.

Un faux danger qui devient bien réel

L’histoire principale repose sur une idée amusante : Lucky Luke doit préparer un voyage de noces donnant l’impression de traverser un Ouest extrêmement dangereux, tout en garantissant secrètement la sécurité des participants.

Le décalage entre les attaques mises en scène et les réactions du couple fonctionne bien. Le récit bascule lorsque de véritables criminels remplacent les comédiens et transforment le spectacle en authentique enlèvement.

La révélation finale autour de l’alibi donne un peu plus de profondeur à l’intrigue. Elle reste néanmoins très rapide et aurait mérité davantage de pages pour installer les personnages et leurs véritables motivations.

Athletic City, une plaisanterie très physique

Athletic City raconte la transformation d’une ville entièrement gagnée par la passion du sport et de la musculation. Les habitants abandonnent progressivement leurs activités habituelles pour entretenir leur corps à l’aide de machines toujours plus extravagantes.

Morris s’amuse avec les silhouettes et les métamorphoses physiques. Les personnages maigres deviennent démesurément musclés, tandis que les exercices prennent une tournure mécanique et absurde.

La satire du culte de la performance reste toutefois assez superficielle. L’histoire accumule les gags visuels sans réellement développer son sujet, puis se termine avant que la situation ait pleinement évolué.

Les Dalton dans l’arène

Dans Olé Daltonitos, les Dalton volent les vêtements de toreros et sont accueillis comme des vedettes au Mexique. Joe doit alors affronter un taureau tandis qu’Averell tombe sous le charme de Pomponetta.

Le contraste entre l’assurance habituelle de Joe et sa terreur dans l’arène produit les meilleurs moments de cette histoire. Les différences de taille entre les quatre frères permettent également plusieurs gags de costumes très efficaces.

Le récit repose cependant sur un malentendu particulièrement invraisemblable. La présence des Dalton suffit à rendre l’ensemble amusant, mais l’aventure ne dépasse jamais le niveau d’une courte parenthèse burlesque.

Jolly Jumper enfin au centre de l’intrigue

Un cheval disparaît est probablement l’histoire la plus mémorable du recueil. L’enlèvement de Jolly Jumper oblige Lucky Luke à réunir une rançon et, surtout, à trouver une nouvelle monture.

Les essais successifs permettent à Morris d’imaginer plusieurs chevaux aux personnalités improbables. Le cheval intellectuel, obsédé par la grammaire et les fautes de langage, constitue notamment une excellente création comique.

La disparition de Jolly Jumper révèle également l’importance de sa relation avec Lucky Luke. Le cow-boy reste calme, mais paraît beaucoup plus déstabilisé que lors de la plupart de ses affrontements avec des bandits.

Un recueil agréable mais sans unité

Claude Guylouis adapte correctement son écriture aux formats courts. Chaque histoire repose sur un concept simple, rapidement identifiable, et conduit directement à une chute.

Cette efficacité devient aussi la principale limite de l’album. Les personnages secondaires sont peu développés, les retournements manquent parfois de préparation et les conclusions arrivent souvent trop vite.

Le dessin de Morris assure heureusement une véritable continuité. Son sens du mouvement et ses expressions permettent aux histoires les plus légères de conserver leur énergie.

En résumé

L’Alibi rassemble quatre récits plaisants dont la qualité demeure assez régulière, sans qu’aucun atteigne l’ampleur d’une grande aventure. L’histoire-titre propose un retournement intéressant, les Dalton assurent le spectacle dans l’arène et la disparition de Jolly Jumper offre les meilleurs gags du recueil. Une lecture sympathique et rythmée, mais trop fragmentée pour devenir véritablement marquante.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as lu cet album ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR