Les Tortues Ninja II
Titre original : Teenage Mutant Ninja Turtles II: The Secret of the Ooze
Avec : Paige Turco, David Warner, Ernie Reyes Jr., François Chau
Production / distribution : Golden Harvest, New Line Cinema / 20th Century Fox
Durée : 1 h 28
Adaptation : Comics
Sortie : 17 juillet 1991
Un an seulement après le succès de Les Tortues Ninja, Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo sont déjà de retour. Les Tortues Ninja II : Les héros sont de retour conserve les costumes impressionnants de Jim Henson’s Creature Shop et accentue fortement l’humour, mais abandonne une bonne partie de l’atmosphère sombre du premier volet. Plus enfantine et plus proche de l’esprit du dessin animé, cette suite reste sympathique sans retrouver le même équilibre.
Le secret du mutagène
Après leur victoire sur Shredder, les Tortues découvrent que le produit responsable de leur mutation provient de l’entreprise TGRI. Mais Shredder a survécu et compte bien exploiter cette découverte pour créer ses propres mutants et prendre sa revanche.
Le scénario a le mérite de s’intéresser aux origines des Tortues et du fameux mutagène. Une piste intéressante, mais finalement assez peu approfondie. Le film préfère rapidement revenir à une confrontation classique avec Shredder et introduire deux nouveaux mutants, Tokka et Rahzar.
L’intrigue fonctionne donc essentiellement comme un prétexte à multiplier les situations comiques et les affrontements.
Beaucoup plus proche du dessin animé
Le changement de ton est immédiatement perceptible. Là où le premier film conservait une partie de la noirceur des comics de Kevin Eastman et Peter Laird, cette suite se rapproche beaucoup plus ouvertement de la série animée.
Les couleurs sont plus vives, les plaisanteries plus nombreuses et la violence largement atténuée. Les Tortues utilisent d’ailleurs beaucoup moins directement leurs armes pendant les combats. L’objectif est évident : proposer un spectacle davantage destiné au jeune public.
Ce choix rend le film particulièrement accessible et lui confère une énergie certaine, mais il lui fait également perdre une partie de la personnalité du premier volet. La sensation de danger disparaît presque totalement.
Tokka et Rahzar plutôt que Bebop et Rocksteady
Pour donner des adversaires aux Tortues, Shredder utilise le mutagène afin de créer Tokka et Rahzar. Les deux créatures sont volontairement stupides et servent essentiellement de ressort comique.
Leur conception reste néanmoins très réussie. Le travail de Jim Henson’s Creature Shop permet une nouvelle fois d’avoir des mutants réellement présents sur le plateau, avec lesquels les acteurs et les Tortues peuvent physiquement interagir.
Difficile cependant de ne pas penser à Bebop et Rocksteady, devenus extrêmement populaires grâce au dessin animé et dont Tokka et Rahzar semblent occuper ici la fonction. Les deux nouveaux mutants sont amusants, mais beaucoup moins mémorables.
Des Tortues toujours aussi attachantes
La grande force du film reste évidemment son quatuor principal. Leonardo conserve son rôle de meneur, Raphael son tempérament impulsif, Donatello sa curiosité scientifique et Michelangelo son goût pour les plaisanteries. Leur dynamique fraternelle fonctionne toujours et les costumes restent remarquablement expressifs pour l’époque.
Paige Turco remplace Judith Hoag dans le rôle d’April O’Neil. Le changement est visible, mais le personnage conserve sa place auprès des Tortues. En revanche, l’absence de Casey Jones se fait sentir. Keno, interprété par Ernie Reyes Jr., apporte une nouvelle présence humaine et de solides capacités physiques, sans réellement remplacer le personnage d’Elias Koteas.
Vanilla Ice et le film qui assume pleinement son époque
Impossible d’évoquer Les Tortues Ninja II sans parler de Vanilla Ice. Son apparition lors du combat dans une boîte de nuit, accompagnée du morceau Ninja Rap, est devenue l’une des séquences les plus emblématiques du film.
La scène résume presque parfaitement cette suite : bruyante, colorée, profondément ancrée dans le début des années 1990 et absolument pas préoccupée par la discrétion. Elle peut aujourd’hui sembler terriblement kitsch, mais participe aussi au charme nostalgique du film.
La confrontation finale avec Super Shredder illustre davantage les limites du scénario. L’idée promet une menace considérable, mais son exploitation reste particulièrement brève et laisse une impression d’occasion manquée.
Une suite amusante mais clairement inférieure
Les Tortues Ninja II reste un divertissement agréable, notamment grâce à ses personnages, ses effets pratiques et son rythme soutenu. Pour un jeune public, son humour plus présent peut même rendre cette suite particulièrement efficace.
Mais en supprimant presque toute la noirceur du premier film, Michael Pressman déséquilibre la formule. Les Tortues restent réussies, mais leur univers devient beaucoup plus inoffensif. Le premier volet parvenait à réunir l’esprit des comics et la popularité du dessin animé ; cette suite choisit beaucoup plus clairement son camp.
Elle conserve ainsi un véritable capital sympathie, mais ressemble davantage à un produit de son époque qu’à l’adaptation étonnamment solide proposée un an auparavant.
En résumé
Plus drôle, plus coloré et davantage destiné aux enfants, Les Tortues Ninja II conserve le charme de ses héros et d’excellents effets pratiques. Mais son scénario très léger et l’abandon de la noirceur du premier film en font une suite sympathique mais nettement moins réussie.
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