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Shazam!

Affiche de Shazam!

Shazam!

Titre original : Shazam!

Réalisation : David F. Sandberg

Avec : Zachary Levi, Asher Angel, Mark Strong, Jack Dylan Grazer

Production / distribution : New Line Cinema, DC Films, The Safran Company / Warner Bros. France

Durée : 2 h 12

Adaptation : Comics

Sortie : 3 avril 2019

★★★★★ 4/5

Après plusieurs films DC marqués par des enjeux apocalyptiques, Shazam! prend en 2019 une direction beaucoup plus légère. Réalisé par David F. Sandberg, le film suit Billy Batson, adolescent placé en famille d’accueil qui reçoit les pouvoirs d’un champion magique et se transforme, en prononçant un simple mot, en super-héros adulte interprété par Zachary Levi. Asher Angel, Mark Strong et Jack Dylan Grazer complètent notamment la distribution.

Un adolescent dans le corps d’un super-héros

Toute l’idée de Shazam! tient dans ce décalage, et le film a l’intelligence de réellement l’exploiter. Billy obtient soudainement un corps d’adulte doté de pouvoirs extraordinaires, mais absolument aucune maturité supplémentaire.

Au lieu de se demander immédiatement comment sauver le monde, il cherche avec Freddy ce qu’il est capable de faire. Voler ? Résister aux balles ? Posséder une super-force ? L’apprentissage devient une succession d’expériences plus ou moins intelligentes filmées comme deux adolescents testeraient un nouveau jouet.

Zachary Levi assume pleinement cette dimension. Son Shazam est enthousiaste, maladroit et parfois franchement agaçant parce qu’il reste fondamentalement Billy Batson sous une montagne de muscles.

C’est justement ce qui distingue le film de nombreuses origin stories : Billy n’apprend pas seulement à utiliser ses pouvoirs, il doit apprendre à mériter l’adulte qu’ils lui permettent momentanément de devenir.

Billy et Freddy : le véritable duo du film

Jack Dylan Grazer est presque aussi important que Zachary Levi. Freddy connaît les super-héros, collectionne leurs objets et comprend immédiatement l’importance de ce qui arrive à Billy.

Leurs séances de test constituent les passages les plus amusants du film parce qu’elles ramènent constamment le fantastique à quelque chose de très quotidien. Découvrir qu’on est invulnérable devient une vidéo pour Internet ; apprendre à lancer des éclairs devient l’occasion de faire quelques bêtises.

Mais leur relation évite de rester une simple mécanique comique. Freddy envie les capacités de Billy tandis que celui-ci commence à profiter de l’attention qu’elles lui apportent. Leur amitié devient alors beaucoup moins évidente.

Cette petite échelle est précisément ce qui convient à Shazam!. Pas besoin d’une réunion de la Justice League : deux gamins qui se disputent parce que l’un d’eux est devenu Superman suffisent largement.

Une famille d’accueil qui donne au film son véritable sujet

Derrière sa comédie super-héroïque, Shazam! raconte surtout l’histoire d’un garçon obsédé par la recherche de sa mère et incapable d’accepter la famille qui se trouve déjà devant lui.

Victor et Rosa Vasquez accueillent plusieurs enfants qui ont chacun trouvé leur place dans ce foyer. Billy, lui, continue de se considérer comme quelqu’un de passage.

Le scénario n’est pas toujours subtil dans sa manière d’opposer isolement et famille, mais cette idée donne une vraie cohérence à l’ensemble. Les pouvoirs de Shazam ne résolvent finalement aucun des problèmes qui préoccupent réellement Billy.

Et lorsque le film associe enfin son concept super-héroïque à cette famille recomposée, il trouve quelque chose de particulièrement fidèle à l’esprit du personnage : la force n’a véritablement d’intérêt que lorsqu’elle peut être partagée.

Mark Strong, efficace mais beaucoup plus conventionnel

Face à cette galerie de personnages attachants, le docteur Sivana paraît malheureusement beaucoup plus classique.

Mark Strong possède évidemment toute l’autorité nécessaire et le prologue donne à son personnage une motivation compréhensible. Son obsession pour les pouvoirs qui lui ont été refusés constitue même un miroir intéressant de Billy : l’un reçoit une seconde chance quand l’autre reste prisonnier du rejet subi pendant son enfance.

Mais les Sept Péchés capitaux qui l’accompagnent sont nettement moins mémorables. Leur apparence numérique assez générique tranche avec la personnalité beaucoup plus affirmée du reste du film.

C’est lorsque Sivana dialogue avec Billy qu’il fonctionne le mieux. Dès que Shazam! doit redevenir un blockbuster rempli de créatures et de destructions, il perd une partie de son charme.

David F. Sandberg n’oublie pas complètement ses origines horrifiques

Le choix de David F. Sandberg pouvait sembler étonnant après Dans le noir et Annabelle 2 : La Création du mal. Pourtant, son expérience du cinéma d’horreur apparaît régulièrement.

Les Sept Péchés sont parfois étonnamment inquiétants pour une comédie familiale et certaines apparitions introduisent brièvement une brutalité que le ton général ne laisse pas forcément attendre.

Cette combinaison donne au film une personnalité intéressante. Sandberg peut passer d’une plaisanterie adolescente à une séquence beaucoup plus sombre sans totalement casser son univers.

Tout n’est pas parfaitement équilibré, mais cette petite touche horrifique empêche Shazam! de devenir une simple comédie Disney avec des costumes DC.

Un film DC qui accepte enfin de ne pas sauver l’univers

C’est probablement ce qui rend Shazam! aussi sympathique. Malgré son appartenance au même univers que Batman, Superman, Wonder Woman ou Aquaman, il ne cherche jamais à rivaliser avec eux en termes d’ampleur.

Superman existe dans l’imaginaire des personnages. Batman aussi. Mais leur présence sert surtout à montrer que, dans ce monde, des enfants peuvent collectionner des souvenirs de véritables super-héros.

Cette perspective change tout. Le DCEU n’est plus seulement observé depuis le ciel avec des dieux capables de détruire des villes : il l’est depuis une chambre d’adolescent.

Le film retrouve ainsi quelque chose de très simple que les adaptations de comics oublient parfois : avoir des super-pouvoirs devrait aussi pouvoir être incroyablement amusant.

En résumé

Shazam! ne cherche ni la grandeur de Wonder Woman ni la démesure d’Aquaman. Sa réussite vient justement de son échelle plus modeste : Billy et Freddy découvrent les super-pouvoirs avec l’enthousiasme et l’inconscience de deux adolescents, tandis que la famille d’accueil donne progressivement au récit son véritable cœur.

Le docteur Sivana et les Sept Péchés restent plus conventionnels, et le dernier acte retombe parfois dans les habitudes du blockbuster. Mais Zachary Levi, Asher Angel et Jack Dylan Grazer donnent au film une énergie particulièrement attachante. Un super-héros qui n’a pas honte d’être drôle, naïf et familial.

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