Cinq Avril — Tome 4
Le Berceau des Nations
Éditeur : Dupuis
Sortie originale : 17 avril 2026
Après trois albums passés à poursuivre la vérité sur ses origines, Cinq Avril arrive au bout de sa quête. Mais avant d’obtenir les réponses qu’il attend depuis son enfance, il doit encore s’introduire au Vatican, dérober un codex de Copernic et l’échanger contre la liberté d’Ariane. L’apparition du cardinal Hippolyte de Médicis va finalement faire tomber les dernières pièces du puzzle. Avec ses 96 pages, Le Berceau des Nations constitue un véritable album final, pensé pour refermer l’ensemble des fils lancés depuis L’Héritier de Da Vinci.
Avril va enfin savoir qui il est
Depuis le premier tome, Michel Bussi et Fred Duval jouent avec une même promesse : découvrir pourquoi Léonard de Vinci s’est occupé d’Avril et pourquoi autant de personnages semblent connaître la vérité sur sa naissance.
Cette fois, plus question de repousser indéfiniment les réponses. Dupuis présente d’ailleurs explicitement Le Berceau des Nations comme le tome conclusif faisant toute la lumière sur les origines du héros.
C’est probablement ce qui rend ce quatrième album particulièrement satisfaisant. Les révélations ne constituent plus simplement un nouvel appât pour le volume suivant : elles permettent de relire autrement plusieurs éléments installés depuis le début de la série.
Une conclusion particulièrement généreuse
Le passage à 96 pages, contre 56 pour les deux volumes précédents, offre davantage d’espace aux auteurs. Et ce supplément n’est pas inutile tant les choses doivent encore être résolues.
L’aventure commence pourtant tambour battant avec le vol d’un codex de Copernic au Vatican et l’échange organisé avec Sordi pour sauver Ariane. Puis Hippolyte de Médicis entre en scène et la quête prend une nouvelle direction.
Comme dans les tomes précédents, tout va vite. Complot, science, inventions, religion, affrontements et secrets familiaux s’entremêlent. L’accumulation peut parfois donner le vertige, mais elle correspond parfaitement à l’esprit feuilletonesque adopté par Cinq Avril depuis ses débuts.
De Léonard de Vinci à Copernic
L’une des réussites de la série aura été d’intégrer ses grandes figures historiques sans transformer l’aventure en manuel scolaire. Après Léonard de Vinci, Henri VIII ou Anne Boleyn, Copernic devient ici une nouvelle pièce du jeu.
Le codex convoité n’est pas seulement un prétexte pour organiser une séquence d’infiltration. Les connaissances scientifiques et géographiques de l’époque participent directement aux enjeux du récit. Le titre Le Berceau des Nationsprend ainsi progressivement une signification beaucoup plus vaste que la seule naissance d’Avril.
La série boucle de cette manière ce qu’elle avait commencé avec Léonard : le savoir peut changer le monde, mais il devient également dangereux lorsqu’il rencontre les ambitions politiques et religieuses.
Une série qui n’oublie jamais l’aventure
Malgré toutes ses références historiques, Cinq Avril reste avant tout une BD de cape et d’épée. C’est essentiel, car un dernier tome consacré uniquement aux explications aurait facilement pu devenir pesant.
Duval et Bussi continuent donc d’envoyer leur héros courir, combattre et improviser. Avril utilise notamment les connaissances héritées de Léonard pour parvenir à ses fins. L’action accompagne ainsi les révélations au lieu de disparaître derrière elles.
Tout n’est pas forcément d’une vraisemblance absolue, mais ce n’était jamais la promesse de la série. Cinq Avril préfère le romanesque, les secrets extraordinaires et les coïncidences historiques à une reconstitution austère.
Noë Monin termine avec la même énergie
Noë Monin conserve jusqu’au bout ce trait très dynamique qui aura largement participé à l’identité de la série. Ses personnages semblent constamment en mouvement et les scènes d’action possèdent une énergie proche de l’animation, sans faire disparaître les décors et l’ambiance de la Renaissance.
Antoine Lapasset accompagne une nouvelle fois son dessin aux couleurs. L’ensemble reste parfaitement cohérent avec les albums précédents et donne à cette conclusion l’ampleur nécessaire.
La couverture est d’ailleurs beaucoup plus épurée que celle des premiers volumes : Avril occupe désormais pleinement le premier plan, tandis qu’une silhouette demeure derrière lui. Une belle manière de représenter un héros enfin prêt à affronter son passé.
En résumé
Le Berceau des Nations réussit surtout parce qu’il accepte enfin de donner les réponses promises depuis le premier tome. Ses 96 pages permettent de conclure la quête d’Avril tout en conservant l’action, les complots et le goût du romanesque qui caractérisent la série.
L’intrigue reste parfois très chargée, mais cette générosité fait aussi son charme. Cinq Avril s’achève ainsi après quatre tomes sur une conclusion dense et satisfaisante, qui donne envie de relire toute l’aventure en connaissant désormais les secrets de son héros.
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