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Spider-Man: Homecoming

Affiche de Spider-Man: Homecoming

Spider-Man: Homecoming

Titre original : Spider-Man: Homecoming

Réalisation : Jon Watts

Avec : Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr., Zendaya

Production / distribution : Columbia Pictures, Marvel Studios, Pascal Pictures / Sony Pictures Releasing France

Durée : 2 h 13

Adaptation : Comics

Sortie : 12 juillet 2017

★★★★★ 4/5

Après deux sagas produites par Sony, Spider-Man rejoint officiellement l’univers cinématographique Marvel avec Captain America: Civil War en 2016 avant d’obtenir son propre film l’année suivante. Jon Watts réalise cette troisième incarnation cinématographique de Peter Parker, désormais interprété par Tom Holland, aux côtés de Michael Keaton et Robert Downey Jr. Sorti en France le 12 juillet 2017, Spider-Man: Homecoming choisit surtout de ne pas raconter une troisième fois les origines du héros.

Enfin un Peter Parker qui ressemble vraiment à un lycéen

C’est probablement la différence la plus immédiate avec Tobey Maguire et Andrew Garfield. Tom Holland donne véritablement l’impression d’être un adolescent.

Son Peter est enthousiaste, impatient et parfois franchement immature. Après avoir combattu aux côtés des Avengers, retourner au lycée lui paraît presque dérisoire. Il attend constamment que Tony Stark lui confie une nouvelle mission et considère son quotidien comme une sorte de salle d’attente avant sa véritable carrière de super-héros.

C’est une excellente manière de retrouver une dimension fondamentale du personnage : Peter Parker possède des capacités extraordinaires alors qu’il n’est absolument pas prêt à gérer tout ce qu’elles impliquent.

Une origin story qui a l’intelligence de ne pas raconter les origines

Pas de nouvelle morsure. Pas de nouvelle découverte progressive des pouvoirs. Et surtout, pas besoin de revoir une troisième fois la mort de l’oncle Ben.

Après cinq films Spider-Man en quinze ans, c’était probablement la meilleure décision possible.

Homecoming considère que le public connaît déjà le personnage et peut donc immédiatement s’intéresser à autre chose. Le véritable apprentissage de Peter n’est plus de comprendre comment fonctionnent ses pouvoirs, mais de déterminer quel héros il souhaite devenir.

Jon Watts rapproche ainsi le film de la comédie adolescente. Les cours, les fêtes, les concours scolaires et les problèmes amoureux occupent presque autant de place que les affrontements. Spider-Man redevient le super-héros qui doit sauver le monde après avoir pensé à terminer ses devoirs.

Tony Stark : excellente idée ou présence un peu trop envahissante ?

L’intégration au MCU apporte cependant une différence beaucoup plus discutable : Peter évolue désormais constamment dans l’ombre d’Iron Man.

Robert Downey Jr. n’est pas omniprésent à l’écran, mais Tony Stark est partout dans le récit. Il fournit le costume, surveille Peter et devient une figure de mentor dont le jeune héros cherche désespérément l’approbation.

Cela fonctionne parfaitement avec le thème du film. Peter rêve de rejoindre les Avengers avant de comprendre qu’être Spider-Man ne dépend ni d’un costume sophistiqué ni de la validation de Tony Stark.

Mais cette approche retire également une petite partie de son autonomie au personnage. Les précédents Spider-Man fabriquaient leur identité avec leurs propres moyens. Celui-ci reçoit rapidement un équipement dont les possibilités semblent parfois davantage appartenir à Iron Man qu’au héros imaginé par Stan Lee et Steve Ditko.

Heureusement, le film finit justement par confronter Peter à cette dépendance. Spider-Man devient réellement intéressant lorsqu’il doit prouver qu’il reste Spider-Man sans tout ce que Tony Stark lui a donné.

Michael Keaton offre enfin au MCU un excellent méchant

Adrian Toomes constitue l’une des plus belles réussites du film. Le Vautour aurait facilement pu devenir ridicule : son apparence dans les comics n’est pas exactement la plus facile à transposer sérieusement au cinéma.

Le film le réinvente intelligemment comme un récupérateur utilisant les technologies abandonnées après les batailles des Avengers. Ses ailes mécaniques lui donnent une silhouette immédiatement menaçante sans effacer complètement l’identité du personnage original.

Michael Keaton fait le reste. Toomes n’est ni un conquérant cosmique ni un scientifique devenu fou : c’est un homme qui estime avoir été écrasé par un système permettant aux puissants de s’enrichir encore davantage. Sa colère ne justifie évidemment pas ses actes, mais elle lui donne une logique.

Surtout, il représente exactement ce que le film devait proposer à Peter : un danger suffisamment important pour l’obliger à devenir un héros, mais suffisamment local pour qu’il reste le sympathique Spider-Man du quartier.

Quand Spider-Man cesse de vouloir devenir un Avenger

C’est probablement le véritable sujet de Homecoming. Peter pense au départ que devenir un grand héros signifie affronter des menaces gigantesques avec les Avengers.

Le film passe son temps à lui démontrer le contraire.

Arrêter un voleur, aider quelqu’un dans la rue ou protéger ses camarades n’est pas moins héroïque simplement parce que personne ne sauve l’univers. Cette échelle plus modeste permet au film de retrouver une caractéristique essentielle de Spider-Man : sa proximité avec les gens ordinaires.

Et l’une des scènes les plus efficaces du film ne nécessite justement aucun autre super-héros. Peter se retrouve seul, vulnérable et doit trouver en lui-même la volonté de continuer. Le clin d’œil visuel au célèbre épisode de Steve Ditko dans lequel Spider-Man doit se dégager d’une énorme masse de débris est particulièrement réussi.

Pour une fois dans le MCU, la grandeur du héros ne se mesure pas à la taille de la menace qu’il affronte.

Un film moins spectaculaire, mais qui trouve sa personnalité

Après les envolées parfois très stylisées de Sam Raimi et les mouvements spectaculaires des films de Marc Webb, la réalisation de Jon Watts peut sembler beaucoup plus sage.

Homecoming possède moins d’images immédiatement iconiques que Spider-Man ou Spider-Man 2. Certaines scènes d’action manquent même légèrement de lisibilité, particulièrement lorsque le film se déroule dans l’obscurité.

Mais cette relative simplicité correspond aussi à son échelle. Le lycée, le quartier de Peter et ses camarades constituent son véritable univers. Le film cherche moins à construire une mythologie qu’à installer une bande de personnages.

C’est également ce qui permet à Tom Holland d’exister. Son Spider-Man est bavard, maladroit et enthousiaste. Là où Andrew Garfield semblait parfois extrêmement à l’aise sous le masque, Holland donne l’impression d’un adolescent qui essaie encore de comprendre comment on devient Spider-Man.

En résumé

Spider-Man: Homecoming réussit quelque chose qui paraissait difficile après cinq films : recommencer sans raconter encore une fois la même histoire. Tom Holland apporte une véritable jeunesse à Peter Parker, Michael Keaton compose un excellent Vautour et l’approche de comédie lycéenne permet de retrouver l’échelle humaine du personnage.

L’intégration au MCU possède néanmoins son revers : Tony Stark et sa technologie occupent une place suffisamment importante pour que Spider-Man semble parfois dépendre davantage d’Iron Man qu’il ne le devrait. Mais le film en fait intelligemment l’un de ses enjeux et rappelle finalement que Peter n’a besoin ni des Avengers ni d’un costume ultraperfectionné pour être un héros.

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