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Black Panther: Wakanda Forever

Affiche de Black Panther: Wakanda Forever

Black Panther: Wakanda Forever

Titre original : Black Panther: Wakanda Forever

Réalisation : Ryan Coogler

Avec : Letitia Wright, Lupita Nyong’o, Danai Gurira, Angela Basset

Production / distribution : Marvel Studios / The Walt Disney Company France

Durée : 2 h 41

Adaptation : Comics

Sortie : 9 novembre 2022

★★★★★ 4/5

Quatre ans après Black Panther, Ryan Coogler revient au Wakanda avec une difficulté que personne n’avait prévue : poursuivre l’histoire sans Chadwick Boseman, disparu en 2020. Sorti en 2022, Black Panther: Wakanda Forever choisit de ne pas remplacer T’Challa et place Shuri, Ramonda, Okoye et Nakia au cœur du récit, tandis que l’apparition de Namor et du royaume sous-marin de Talokan vient bouleverser un Wakanda déjà fragilisé.

L’absence de T’Challa devient le cœur du film

Plutôt que de contourner la disparition de Chadwick Boseman, Ryan Coogler construit tout son film autour d’elle. Le Wakanda pleure son roi et Shuri son frère. Cette absence se ressent constamment, sans nécessiter que chaque scène rappelle explicitement T’Challa.

Letitia Wright porte donc une grande partie du film sur ses épaules. Sa Shuri n’est plus seulement la jeune scientifique pleine d’énergie du premier volet. La douleur et la colère ont profondément modifié le personnage, au point de remettre en question certaines de ses convictions. Son parcours fonctionne précisément parce qu’elle ne cherche pas simplement à devenir une nouvelle version de son frère.

Angela Bassett impose une reine impressionnante

Ramonda prend naturellement une importance considérable. Angela Bassett apporte au personnage une autorité qui dépasse largement son statut de personnage secondaire du premier film. Elle doit gouverner un Wakanda privé de son roi tout en faisant face aux convoitises internationales autour du vibranium.

Ses scènes permettent également de rappeler que derrière la puissance technologique du Wakanda se trouve une famille qui a énormément perdu. Bassett réussit à faire cohabiter la souveraine et la mère sans que l’une efface l’autre.

Le film est d’ailleurs souvent meilleur lorsqu’il ralentit et laisse ses personnages exprimer leur douleur plutôt que lorsqu’il cherche absolument à redevenir un blockbuster Marvel traditionnel.

Namor : bien davantage qu’un nouvel adversaire

Tenoch Huerta Mejía constitue l’autre grande réussite du film. Namor n’est pas présenté comme un conquérant générique. Il protège Talokan avec la même détermination que T’Challa protégeait autrefois le Wakanda et considère le monde extérieur comme une menace potentielle pour son peuple.

Le parallèle avec Shuri est donc particulièrement intéressant. Tous deux portent la responsabilité d’une civilisation extrêmement puissante et isolée, tout en étant confrontés à la peur de voir le reste du monde chercher à exploiter leurs ressources.

Namor possède évidemment des méthodes beaucoup plus radicales. Mais comme Killmonger avant lui, il oblige le héros à réfléchir plutôt qu’à simplement trouver une manière de le vaincre. Le film réussit ainsi à donner à Talokan une identité suffisamment forte pour éviter d’en faire un simple Wakanda sous-marin.

Talokan offre au MCU un nouvel univers convaincant

Après la formidable construction du Wakanda dans le premier film, Ryan Coogler devait réussir à créer une deuxième civilisation cachée sans donner l’impression de se répéter. Talokan possède heureusement sa propre identité, notamment grâce à ses influences mésoaméricaines.

Les costumes, les traditions et la relation du peuple avec Namor donnent rapidement l’impression qu’une civilisation entière existe derrière les quelques lieux montrés à l’écran. Les séquences sous-marines ne sont pas toujours aussi lisibles qu’elles pourraient l’être, mais l’univers possède suffisamment de personnalité pour intriguer.

Le contraste avec le Wakanda fonctionne particulièrement bien : deux nations secrètes disposant d’une ressource extraordinaire se rencontrent précisément au moment où leur isolement devient de plus en plus difficile à préserver.

Riri Williams apporte beaucoup… peut-être dans un film qui n’avait pas besoin d’elle

Dominique Thorne introduit Riri Williams, future Ironheart, avec une énergie sympathique. Sa jeunesse et son intelligence créent naturellement quelques rapprochements avec Shuri, et le personnage trouve rapidement sa place dans certaines scènes.

Mais Wakanda Forever possède déjà énormément de choses à raconter. Le deuil de Shuri, Ramonda, Namor, Talokan, Okoye, Nakia et les tensions internationales auraient largement suffi à remplir ses 2 h 41.

Riri donne donc parfois l’impression d’être présente autant pour préparer l’avenir du MCU que pour répondre aux besoins de cette histoire. Elle n’est pas désagréable, mais son introduction participe à la longueur d’un film qui aurait gagné à être légèrement resserré.

Un film trop long, mais qui sait pourquoi il existe

C’est le principal défaut de Wakanda Forever. Entre le deuil, la politique internationale, Talokan, Namor, Riri et les nombreux personnages du Wakanda, Ryan Coogler cherche à faire tenir énormément de matière dans un seul film.

Le rythme en souffre et certaines intrigues périphériques cassent inutilement l’émotion. Le film approche les trois heures sans toujours justifier cette durée, là où le premier Black Panther possédait une construction beaucoup plus directe.

Mais contrairement à certaines productions du MCU surchargées parce qu’elles doivent préparer plusieurs projets futurs, Wakanda Forever possède au moins une véritable colonne vertébrale émotionnelle : le deuil et la question de ce que l’on devient après avoir perdu quelqu’un qui définissait une partie de notre identité.

Un hommage qui réussit à devenir un film

Le défi était immense. Ryan Coogler devait poursuivre une franchise dont l’acteur principal était devenu indissociable du personnage, sans donner l’impression d’exploiter sa disparition ni de faire comme si rien ne s’était passé.

Wakanda Forever n’est pas aussi équilibré que le premier film. Il est plus long, plus lourd et parfois encombré par les obligations du MCU. Mais il possède une émotion rarement aussi présente dans les productions Marvel.

Surtout, il ne cherche jamais réellement à remplacer Chadwick Boseman. Le film comprend que continuer ne signifie pas oublier T’Challa : cela signifie accepter son absence et permettre à ceux qui restent de trouver leur propre manière d’avancer.

En résumé

Wakanda Forever souffre de sa longueur et d’un récit parfois trop chargé, mais Ryan Coogler transforme la disparition de Chadwick Boseman en véritable moteur émotionnel. Letitia Wright et Angela Bassett portent magnifiquement le deuil du Wakanda, tandis que Namor s’impose comme l’un des adversaires les plus intéressants de cette période du MCU.

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