MiklMayer.fr

X-Men 2

Affiche de X-Men 2

X-Men 2

Titre original : X2: X-Men United

Réalisation : Bryan Singer

Avec : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Ian McKellen, Halle Berry, Famke Janssen

Production / distribution : 20th Century Fox, Marvel Enterprises, The Donners' Company, Bad Hat Harry Productions / UFD

Durée : 2 h 13

Adaptation : Comics

Sortie : 30 avril 2003

★★★★★ 5/5

Trois ans après avoir installé les mutants au cinéma, Bryan Singer revient avec un deuxième volet beaucoup plus ambitieux. Plus spectaculaire, plus sombre et surtout plus généreux avec ses personnages, X-Men 2 reprend pratiquement tout ce qui fonctionnait dans le premier film pour l’améliorer. Encore aujourd’hui, il reste l’un des sommets de la saga.

Une ouverture qui annonce immédiatement la couleur

Difficile de commencer ailleurs que par l’attaque de la Maison-Blanche. Diablo traverse les pièces en se téléportant, neutralise les agents les uns après les autres et manque d’assassiner le président des États-Unis. En quelques minutes, X-Men 2 montre déjà qu’il dispose de moyens et d’ambitions supérieurs à ceux du premier film.

La séquence reste surtout remarquablement efficace plus de vingt ans après. Le pouvoir de Diablo est parfaitement exploité et Alan Cumming impose immédiatement un personnage à la fois spectaculaire et profondément fragile. Le film comprend quelque chose d’essentiel : les pouvoirs des mutants doivent également raconter qui ils sont.

Cette fois, les X-Men existent vraiment comme équipe

Le premier volet ressemblait encore beaucoup à l’histoire de Wolverine entouré des X-Men. Cette suite corrige en partie le problème. Logan reste central, mais Cyclope, Jean Grey, Tornade, Rogue, Bobby ou encore Pyro bénéficient davantage de place.

La relation entre Bobby et Rogue permet notamment d’aborder très directement la question de l’acceptation. La scène durant laquelle Bobby révèle à ses parents qu’il est mutant reprend volontairement les codes d’un coming out et rend la métaphore du film particulièrement explicite.

Même les jeunes mutants de l’école participent à donner l’impression que cet univers existe au-delà des quelques héros principaux. Pour la première fois, l’institut Xavier ressemble réellement à un refuge pour toute une communauté.

Stryker, l’ennemi qui rend Magneto presque fréquentable

Plutôt que de simplement remettre Magneto au centre du conflit, le scénario introduit William Stryker. Brian Cox en fait un adversaire froid et inquiétant qui ne cherche pas à contrôler les mutants mais pratiquement à les éradiquer.

Son attaque contre l’école Xavier constitue d’ailleurs l’un des meilleurs passages du film. Le lieu présenté jusque-là comme un sanctuaire devient soudain vulnérable, obligeant Wolverine à protéger les élèves.

Face à cette menace commune, Xavier et Magneto sont contraints de collaborer. Le rapprochement fonctionne parfaitement parce que le film n’oublie jamais leurs divergences. Magneto peut aider les X-Men tout en restant Magneto : son objectif n’a pas changé, seul leur ennemi est momentanément le même.

Wolverine confronté à son passé

Le film développe également beaucoup mieux Logan et les expériences dont il a été victime. Stryker connaît son passé, le complexe d’Alkali Lake réveille des souvenirs et Lady Deathstrike devient presque le reflet de ce que Wolverine aurait pu rester.

Hugh Jackman est encore meilleur que dans le premier volet. Plus violent lorsque la situation l’exige, mais également beaucoup plus protecteur avec les jeunes mutants, Wolverine commence réellement à trouver une famille auprès des X-Men.

Son affrontement contre Lady Deathstrike est d’ailleurs l’un des combats les plus physiques de cette première trilogie. Pour une fois, ses capacités de régénération et son squelette en adamantium ne sont pas simplement des accessoires : ils deviennent réellement essentiels au combat.

Jean Grey prépare déjà la suite

Famke Janssen bénéficie elle aussi d’un rôle nettement plus intéressant. Les pouvoirs de Jean deviennent de plus en plus difficiles à maîtriser et le film installe progressivement quelque chose de beaucoup plus important derrière ses capacités.

Ces éléments restent suffisamment discrets pour ne pas écraser l’intrigue principale, mais prennent tout leur sens lors du final à Alkali Lake. La dernière séquence concernant Jean donne alors au film une véritable dimension émotionnelle tout en préparant très clairement la suite.

Et cette silhouette aperçue sous l’eau dans les dernières secondes ne laisse évidemment aucun doute aux lecteurs des comics sur ce que la saga semble alors vouloir raconter.

Plus spectaculaire sans perdre ses personnages

Là où le premier X-Men paraissait parfois limité par son budget, cette suite utilise beaucoup mieux ses scènes d’action. L’attaque de l’école, l’évasion de Magneto, Tornade face aux avions de chasse ou encore l’affrontement à Alkali Lake apportent enfin l’ampleur que cet univers méritait.

La scène de l’évasion de Magneto est particulièrement réussie. Ian McKellen n’a besoin que de quelques gestes et d’un peu de métal pour rappeler à quel point son personnage peut être terrifiant.

Les effets spéciaux ont forcément vieilli par endroits, mais la mise en scène reste suffisamment lisible pour que la majorité des séquences fonctionnent encore très bien.

Une suite qui approfondit réellement le premier film

Ce qui rend X-Men 2 particulièrement réussi, c’est finalement qu’il ne cherche pas simplement à faire « plus gros ». Le film poursuit les thèmes du premier volet et les développe.

La peur des mutants devient une politique de répression, Xavier découvre que son idéal de coexistence peut être utilisé contre lui et Magneto trouve dans cette violence une nouvelle justification à sa propre radicalité. Même Pyro commence progressivement à basculer d’un camp vers l’autre.

Derrière les affrontements et les pouvoirs, le conflit idéologique reste donc au centre de l’histoire. C’est précisément ce qui permet au film de dépasser le simple blockbuster.

En résumé

X-Men 2 réussit parfaitement son rôle de suite : plus spectaculaire, plus sombre et plus riche, il développe son univers tout en approfondissant les thèmes du premier film.

Hugh Jackman confirme définitivement qu’il est Wolverine, tandis que Patrick Stewart, Ian McKellen, Alan Cumming et Brian Cox enrichissent un casting particulièrement solide. Quelques personnages, notamment Cyclope, restent en retrait, mais le film demeure plus de vingt ans après l’un des sommets de la saga et du cinéma Marvel pré-MCU.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR