Venom: The Last Dance
Titre original : Venom: The Last Dance
Avec : Tom Hardy, Chiwetel Ejiofor, Juno Temple, Rhys Ifans
Production / distribution : Columbia Pictures, Marvel Entertainment / Sony Pictures Releasing France
Durée : 1 h 49
Adaptation : Comics
Sortie : 30 octobre 2024
Après deux aventures ensemble, Eddie Brock et Venom prennent la route une dernière fois. Désormais recherchés, ils doivent échapper aux autorités tandis qu’une menace extraterrestre se lance à leurs trousses. Sur le papier, The Last Dancedoit offrir des adieux spectaculaires au duo. Dans les faits, cette conclusion accumule les intrigues, les personnages et les créatures numériques pour masquer une histoire désespérément maigre.
Eddie et Venom ne peuvent plus porter le film à eux seuls
Trois films plus tard, la dynamique entre Eddie et Venom fonctionne toujours. Tom Hardy maîtrise parfaitement ce double rôle et leurs disputes conservent quelques moments amusants. Ils ressemblent désormais à un vieux couple incapable de vivre ensemble mais encore moins capable de se séparer.
Seulement, la recette commence sérieusement à tourner en rond. Venom veut s’amuser, Eddie essaie de limiter les dégâts, ils se chamaillent puis finissent par reconnaître leur attachement réciproque. Ce qui donnait une véritable personnalité aux précédents films devient ici une mécanique que le scénario répète sans vraiment la renouveler.
Tom Hardy continue de s’investir énormément. Mais arrivé au troisième épisode, son énergie ne suffit plus à faire oublier tout ce qu’il y a autour.
Knull : tout ça pour ça ?
L’arrivée de Knull pouvait laisser espérer une véritable montée en puissance. Créateur des symbiotes et menace cosmique majeure, le personnage semblait tout indiqué pour offrir à Venom un dernier adversaire à sa mesure.
Sauf qu’il ne fait pratiquement rien.
Knull reste à distance pendant que des Xenophages sont envoyés récupérer le Codex nécessaire à sa libération. Le film passe donc énormément de temps à expliquer pourquoi ce personnage est terrifiant sans jamais réellement permettre au spectateur de le constater.
Pour un volet présenté comme la conclusion de l’histoire d’Eddie et Venom, garder son grand méchant en réserve pour une éventuelle autre histoire est particulièrement frustrant. Knull ressemble moins à l’antagoniste du film qu’à une bande-annonce intégrée au scénario.
Les Xenophages ne remplacent pas un véritable méchant
À défaut d’affronter directement Knull, Eddie et Venom sont poursuivis par ses créatures. Elles sont puissantes, rapides et capables de massacrer les symbiotes, mais ne possèdent aucune personnalité.
Ce sont simplement des monstres à éviter puis à combattre.
Après Riot dans le premier film et surtout Carnage dans le deuxième, la régression est flagrante. Au moins Cletus Kasady permettait à Venom d’affronter un personnage identifiable. Ici, l’antagonisme repose essentiellement sur des créatures numériques qui surgissent lorsque le scénario a besoin de relancer l’action.
La menace est plus grande, mais paradoxalement beaucoup moins intéressante.
Beaucoup de personnages pour très peu d’histoire
Chiwetel Ejiofor et Juno Temple rejoignent la franchise dans les rôles de Rex Strickland et Teddy Payne. Deux acteurs solides auxquels le film confie surtout la lourde tâche d’expliquer sa nouvelle mythologie.
La Zone 51, les recherches sur les symbiotes, le Codex, Knull, les Xenophages : The Last Dance ajoute constamment de nouveaux éléments sans qu’aucun ne donne véritablement de profondeur au récit.
Même la famille hippie rencontrée par Eddie finit par ressembler à un détour supplémentaire. Les scènes avec Martin, interprété par Rhys Ifans, apportent un peu d’humanité et quelques respirations, mais le film est déjà tellement dispersé qu’elles ralentissent encore une histoire qui devrait pourtant aller droit à l’essentiel.
C’est peut-être le plus gros paradoxe du scénario : il est à la fois surchargé et terriblement vide.
Et évidemment, tout finit dans une bouillie numérique
Le dernier acte rassemble plusieurs symbiotes pour affronter les Xenophages dans une immense bataille. De nouvelles créatures apparaissent, les tentacules envahissent l’écran et les effets numériques se multiplient.
Le problème est qu’après trois films, ce spectacle n’impressionne plus vraiment.
La présence de plusieurs symbiotes permet quelques transformations amusantes, mais leur accumulation ne remplace jamais un véritable enjeu dramatique. Le film semble persuadé qu’ajouter davantage de créatures rend automatiquement son final plus spectaculaire.
On retrouve alors exactement ce que la franchise faisait déjà auparavant : de grandes masses numériques qui s’affrontent dans un environnement chaotique. C’est plus gros, plus bruyant et plus chargé, sans être réellement plus intéressant.
Les adieux auraient pourtant pu fonctionner
C’est probablement ce qui empêche The Last Dance de sombrer totalement dans l’indifférence. Après trois films, Eddie et Venom ont construit une relation suffisamment identifiable pour que l’idée de leur séparation possède naturellement une dimension émotionnelle.
Certaines scènes finales fonctionnent donc simplement parce qu’on connaît ces deux personnages.
Mais le film insiste tellement pour fabriquer de l’émotion que celle-ci finit parfois par paraître forcée. Il cherche à donner à Eddie et Venom des adieux presque grandioses alors que l’aventure qui les y conduit n’a jamais réussi à créer un enjeu suffisamment fort.
Le contraste entre l’ambition émotionnelle de la fin et la pauvreté de ce qui la précède est difficile à ignorer.
Une trilogie qui termine exactement sur son principal défaut
Depuis le premier Venom, la franchise repose essentiellement sur Tom Hardy. Le scénario du premier était pauvre, mais la découverte de la relation entre Eddie et son symbiote apportait suffisamment de fraîcheur. Let There Be Carnage avait intelligemment décidé d’assumer cette dimension et gagnait en rythme.
The Last Dance n’a plus cette nouveauté.
Il aurait donc fallu une véritable histoire pour terminer la trilogie. À la place, le film introduit Knull sans l’utiliser, multiplie les personnages secondaires, lance des monstres à la poursuite de Venom et termine dans une bataille numérique interminable.
Tom Hardy reste impliqué et Eddie/Venom conservent leur étrange charme. Mais ce sont désormais les derniers vestiges de ce qui faisait fonctionner la franchise plutôt que les fondations d’un bon film.
Pour une dernière danse, Venom: The Last Dance donne surtout l’impression d’un partenaire qui ne sait plus quels pas effectuer mais continue de danser jusqu’à ce que la musique s’arrête.
En résumé
Venom: The Last Dance conclut la trilogie avec une histoire étonnamment pauvre cachée derrière une accumulation de personnages, de mythologie et d’effets numériques. Knull est réduit à une promesse, les Xenophages ne remplacent jamais un véritable antagoniste et le grand rassemblement de symbiotes tourne rapidement au chaos visuel. Tom Hardy et la relation entre Eddie et Venom sauvent encore quelques scènes, mais certainement plus le film.
L’avis des lecteurs
Les lecteurs donnent leur avis
Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.
Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.





