Ghost Rider : L'Esprit de vengeance
Titre original : Ghost Rider: Spirit of Vengeance
Avec : Nicolas Cage, Violante Placido, Ciarán Hinds, Idris Elba
Production / distribution : Columbia Pictures, Crystal Sky Pictures, Hyde Park Entertainment / Sony Pictures Releasing France
Durée : 1 h 36
Adaptation : Comics
Sortie : 15 février 2012
Cinq ans après un premier film déjà très imparfait, Nicolas Cage reprend le rôle de Johnny Blaze dans Ghost Rider : L’Esprit de vengeance. Cette fois, Mark Neveldine et Brian Taylor, les réalisateurs de Hyper Tension, prennent les commandes avec la volonté de proposer une aventure plus sombre, plus violente et surtout beaucoup plus déjantée. Le résultat est un véritable chaos cinématographique, où quelques idées visuelles intéressantes se retrouvent englouties sous une réalisation hystérique, un scénario indigent et des effets spéciaux particulièrement inégaux.
Johnny Blaze reprend du service
Réfugié en Europe de l’Est, Johnny Blaze tente de vivre loin des hommes pour échapper à la malédiction qui le transforme en Ghost Rider. Mais lorsqu’un mystérieux religieux lui propose de retrouver son humanité en échange de la protection d’un jeune garçon nommé Danny, il accepte de reprendre la route.
L’enfant est recherché par le Diable, qui souhaite utiliser son corps pour accomplir de sombres desseins. Johnny doit donc affronter plusieurs adversaires surnaturels tout en essayant de maîtriser le démon qui sommeille en lui.
Cette intrigue extrêmement simpliste sert essentiellement de prétexte à une succession de poursuites, de combats et d’explosions. Les personnages traversent l’histoire sans véritable développement et les enjeux dramatiques peinent à susciter le moindre intérêt.
Une réalisation épuisante
Neveldine et Taylor possèdent un style immédiatement reconnaissable, fait de caméras constamment en mouvement, de cadrages improbables, de ralentis et d’accélérations brutales. Une approche qui pouvait fonctionner dans l’univers volontairement excessif de Hyper Tension, mais qui devient rapidement fatigante ici.
Les séquences d’action sont filmées avec une agitation permanente, au point de rendre certains affrontements difficiles à suivre. Le montage multiplie les effets et les ruptures de rythme, donnant parfois l’impression que les réalisateurs cherchent davantage à impressionner par leurs mouvements de caméra qu’à raconter quelque chose.
Le film possède pourtant quelques idées visuelles amusantes, notamment lorsque Ghost Rider transforme une énorme machine de chantier en engin infernal. Mais ces trouvailles restent isolées dans un ensemble qui confond trop souvent énergie et désordre.
Nicolas Cage en roue libre
Déjà particulièrement excentrique dans le premier film, Nicolas Cage pousse ici son interprétation encore plus loin. Son Johnny Blaze alterne entre souffrance, grimaces, rires nerveux et accès de folie, dans des scènes qui semblent parfois relever de la parodie involontaire.
Cette approche pourrait correspondre à un personnage littéralement possédé par un démon, mais le scénario ne lui donne jamais suffisamment de profondeur pour rendre ses transformations réellement inquiétantes.
Les personnages secondaires ne sont guère mieux servis. Idris Elba apporte une certaine présence au rôle de Moreau, mais son personnage reste superficiel. Ciarán Hinds incarne un Diable assez peu menaçant, tandis que Violante Placido et Johnny Whitworth doivent composer avec des rôles particulièrement convenus.
Le film manque surtout de relations humaines capables de donner un véritable enjeu émotionnel à l’aventure.
Un Ghost Rider visuellement plus inquiétant
Tout n’est cependant pas raté. Le design du Ghost Rider constitue probablement la principale réussite du film. Son crâne noirci, ses vêtements carbonisés et ses flammes plus sombres lui donnent une apparence nettement plus inquiétante que dans le premier épisode.
Ses mouvements sont également plus étranges, presque désarticulés, renforçant l’impression qu’une créature surnaturelle contrôle réellement le corps de Johnny Blaze.
Malheureusement, cette direction artistique intéressante se heurte à des effets numériques très irréguliers. Certaines transformations fonctionnent bien, tandis que d’autres séquences paraissent artificielles. Le faible soin apporté à plusieurs décors et aux affrontements contribue également à donner au film une apparence de production au rabais.
Une suite qui achève la franchise
Malgré une volonté évidente de se démarquer du premier film, L’Esprit de vengeance ne parvient jamais à exploiter correctement son personnage principal. La mythologie du Ghost Rider reste superficielle, les antagonistes sont oubliables et le scénario ne dépasse guère le niveau d’une série B sans grande inspiration.
Le film connaîtra d’ailleurs un succès commercial nettement inférieur à celui de son prédécesseur, mettant un terme à cette incarnation cinématographique du personnage. Nicolas Cage ne reprendra pas le rôle dans un troisième épisode, heureusement pour nous !
Il reste quelques images marquantes, un design plus convaincant du héros et l’énergie totalement incontrôlable de ses réalisateurs. Mais ces éléments ne suffisent pas à sauver une aventure qui semble constamment chercher à masquer son absence de contenu derrière une agitation permanente.
Un enfer cinématographique
Ghost Rider : L’Esprit de vengeance avait pourtant l’occasion de corriger les erreurs du premier film en assumant davantage la dimension horrifique du personnage. À la place, il privilégie une surenchère visuelle et sonore qui devient rapidement épuisante.
Plus sombre dans son apparence, mais pas réellement plus profond, ce deuxième volet accumule les maladresses et transforme un personnage fascinant des comics Marvel en héros d’un spectacle bruyant, confus et rarement passionnant.
Une suite qui réussit l’exploit de faire regretter les défauts pourtant nombreux du film de 2007.
En résumé
Une suite chaotique qui tente de rendre Ghost Rider plus sombre et plus spectaculaire, mais sombre dans une réalisation hystérique et un scénario sans intérêt. Malgré un design du héros plus convaincant et quelques idées visuelles originales, le film souffre de personnages inexistants, d’effets numériques inégaux et d’une surenchère permanente. Un deuxième épisode encore moins réussi que le premier.
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