Nestor Burma — Tome 8
Boulevard… ossements
Éditeur : Casterman
Sortie originale : 15 mai 2013
Alors que Nestor Burma et Hélène célèbrent un gain à la loterie, un diamantaire vient interrompre la fête avec une étrange demande : enquêter sur les relations d’un restaurateur chinois avec plusieurs Russes. Une mission apparemment banale qui ne tarde évidemment pas à se compliquer. Avec Boulevard… ossements, Nicolas Barral reprend l’univers de Burma et signe une enquête particulièrement généreuse en mystères.
Une affaire qui ne cesse de s’épaissir
Restaurant chinois, ancien bordel de Shanghai, prostituées russes, trafic de diamants et cadavre découvert dans une armoire : Léo Malet avait imaginé une intrigue qui prend rapidement des proportions inattendues.
L’enquête est volontairement touffue et multiplie les pistes, parfois au risque de perdre légèrement le lecteur. Mais c’est aussi ce qui fait son charme : Burma avance à tâtons au milieu d’une affaire où pratiquement personne ne semble raconter toute la vérité.
Hélène ne reste pas derrière son bureau
L’un des plaisirs de l’album vient de la place accordée à Hélène Chatelain. La secrétaire de Fiat Lux ne se contente pas d’attendre le retour de son patron et participe réellement à l’enquête.
Cette présence apporte un peu de légèreté et permet également de varier les points de vue. La complicité entre Hélène et Burma fonctionne particulièrement bien, avec des échanges qui donnent beaucoup de personnalité au récit entre deux découvertes nettement moins réjouissantes.
Un polar parisien très vivant
Barral restitue avec efficacité le Paris de Burma, ses restaurants, ses appartements, ses commerces et ses rues où les personnages les plus respectables cachent souvent les affaires les moins avouables.
Le récit possède ainsi une vraie ambiance de polar sans tomber dans une noirceur permanente. L’humour de Burma et certaines situations presque burlesques viennent régulièrement alléger une intrigue pourtant riche en meurtres et en combines.
Barral trouve rapidement le ton juste
Pour son arrivée sur la série, Nicolas Barral s’inscrit naturellement dans l’univers graphique façonné par Tardi, tout en laissant progressivement apparaître son propre trait. Les personnages sont expressifs et les décors parisiens particulièrement convaincants.
La mise en scène reste fluide malgré la densité du scénario. Cette édition en couleurs donne par ailleurs un visage différent à l’album initialement publié en noir et blanc, sans faire disparaître son atmosphère de vieux polar.
En résumé
Boulevard… ossements propose une enquête dense, pleine de personnages, de fausses pistes et de secrets. Elle demande parfois un peu d’attention, mais ne manque ni de rythme ni de rebondissements.
Pour sa première incursion dans l’univers de Nestor Burma, Nicolas Barral trouve rapidement ses marques. L’ambiance parisienne, la présence importante d’Hélène et l’humour du détective font de cet album un épisode particulièrement agréable de la série.
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