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Micmac moche au Boul’Mich

Couverture de Micmac moche au Boul’Mich

Nestor Burma — Tome 9

Micmac moche au Boul’Mich

Nicolas Barral

Éditeur : Casterman

Sortie originale : 28 octobre 2015

★★★★★ 4/5

Un étudiant en médecine se suicide d’un coup de revolver. Pour la police, l’affaire est entendue. Pour sa fiancée, beaucoup moins. Engagé pour découvrir ce qui s’est réellement passé, Nestor Burma se lance dans une enquête au cœur du Quartier latin. Avec Micmac moche au Boul’Mich, Nicolas Barral signe une aventure très classique dans sa construction, mais particulièrement plaisante à suivre.

Un suicide un peu trop évident

Burma lui-même ne semble d’abord pas vraiment croire à la thèse du meurtre. Pourtant, à mesure qu’il s’intéresse à l’entourage du jeune homme, les zones d’ombre se multiplient et l’affaire devient nettement plus intéressante.

L’enquête progresse sans chercher les effets spectaculaires. Barral préfère accumuler les rencontres, les indices et les personnages douteux jusqu’à faire apparaître un tableau beaucoup moins innocent que prévu. Le scénario est parfois chargé, mais conserve suffisamment de mystère pour maintenir l’intérêt.

Dans les bas-fonds du Quartier latin

Le véritable plaisir de l’album vient aussi de son décor. Burma arpente le cinquième arrondissement et découvre derrière l’image étudiante du quartier une faune autrement plus trouble : maître chanteur, fumerie d’opium, établissements louches et personnages dont il vaut mieux ne pas trop croire les déclarations.

Cette plongée dans le Boul’Mich donne à l’histoire une excellente ambiance de polar. Paris retrouve pleinement son rôle de personnage à part entière et l’hiver renforce encore le côté sombre de l’enquête.

Burma, toujours Burma

Nestor reste évidemment le principal moteur de l’album. Son mélange d’intuition, de désinvolture et d’ironie fonctionne parfaitement face à une affaire qu’il aurait sans doute préféré ne jamais accepter.

Barral maîtrise bien les dialogues et laisse suffisamment de place au caractère du détective. Burma observe, provoque, se trompe parfois et continue malgré tout à fouiller là où on préférerait qu’il ne mette pas son nez. C’est simple, mais efficace.

Barral trouve facilement sa place

Graphiquement, Nicolas Barral s’inscrit dans l’univers visuel de la série sans donner l’impression de recopier servilement Tardi. Son dessin est clair, expressif et particulièrement réussi lorsqu’il s’agit de restituer les rues et les intérieurs parisiens.

L’ambiance hivernale fonctionne très bien et la couleur apporte juste ce qu’il faut à ces décors souvent sombres. Quelques visages peuvent sembler plus figés, mais l’ensemble possède une vraie personnalité et se lit avec beaucoup de fluidité.

En résumé

Micmac moche au Boul’Mich est un très bon polar parisien qui repose davantage sur son atmosphère et ses personnages que sur une intrigue révolutionnaire. L’enquête prend tranquillement son temps, mais réserve suffisamment de détours pour ne jamais devenir ennuyeuse.

Nicolas Barral propose surtout un Nestor Burma fidèle à lui-même et un Quartier latin particulièrement vivant. Une aventure classique, sombre juste comme il faut et très agréable à lire.

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