Nestor Burma — Tome 13
Les Rats de Montsouris
Éditeur : Casterman
Sortie originale : 9 septembre 2020
Paris, été 1955. Nestor Burma se retrouve engagé presque simultanément dans deux affaires dans le XIVe arrondissement : son ancien compagnon de captivité Ferrand lui parle d’une série de cambriolages, tandis que Gaudebert, ancien magistrat, cherche à identifier celui qui le fait chanter. Deux histoires apparemment indépendantes qui vont rapidement se croiser autour des mystérieux Rats de Montsouris.
Deux affaires pour un même mystère
Le scénario d’Emmanuel Moynot prend plaisir à faire avancer Burma entre deux enquêtes dont le lien se dessine progressivement. La construction est assez classique, mais elle fonctionne bien grâce aux suspects, aux mensonges et à cette impression permanente que chacun ne raconte qu’une partie de la vérité.
L’intrigue demande toutefois un minimum d’attention. Les personnages et les informations s’accumulent et certains détours peuvent sembler un peu compliqués pour ce qu’ils apportent réellement. Mais l’ensemble conserve suffisamment de rythme pour donner envie de découvrir comment les deux affaires vont se rejoindre.
Burma toujours aussi agréable à suivre
La vraie force reste Nestor Burma lui-même. Son ironie, son côté désabusé et sa manière de se retrouver dans des situations dangereuses tout en conservant une certaine nonchalance donnent beaucoup de personnalité au récit.
Le Paris des années 1950 participe largement au plaisir. Le XIVe arrondissement n’est pas seulement utilisé comme décor : cafés, rues, immeubles et voies ferrées installent cette atmosphère de polar parisien qui convient parfaitement au personnage.
Ravard réussit son arrivée sur la série
Avec cet album, François Ravard reprend le dessin après Tardi, Emmanuel Moynot et Nicolas Barral. Plutôt que de chercher à bouleverser l’identité visuelle de la série, il s’inscrit dans sa continuité tout en apportant progressivement son propre trait.
Le résultat est particulièrement convaincant dans les décors et les scènes nocturnes. Les couleurs de Philippe de La Fuente renforcent cette ambiance, avec de beaux contrastes et une atmosphère parfois presque étouffante. On comprend déjà pourquoi Ravard sera ensuite amené à retrouver Burma.
En résumé
Les Rats de Montsouris est un bon polar classique, porté davantage par son ambiance et son personnage principal que par une intrigue particulièrement révolutionnaire. Les deux enquêtes s’imbriquent efficacement, même si leur construction paraît parfois inutilement tortueuse.
François Ravard réussit surtout son entrée dans l’univers de Nestor Burma. Respectueux de l’identité graphique installée avant lui sans se contenter de la reproduire, il donne au Paris des années 1950 suffisamment de caractère pour faire de cette promenade dans le XIVe arrondissement l’un des vrais plaisirs de l’album.
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