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L’Homme au sang bleu

Couverture de L’Homme au sang bleu

Nestor Burma — Tome 11

L’Homme au sang bleu

Emmanuel Moynot

Éditeur : Casterman

Sortie originale : 1 novembre 2017

★★★★★ 4/5

Avec L’Homme au sang bleu, Nestor Burma délaisse Paris pour Cannes. Adapté par Emmanuel Moynot d’un roman de Léo Malet, cet album entraîne le détective sur la Côte d’Azur dans une affaire mêlant aristocratie, faux billets et morts suspectes. Un changement de décor bienvenu qui donne une saveur particulière à cette enquête.

Du soleil, mais toujours du noir

Burma arrive à Cannes en septembre 1946 après avoir reçu l’appel au secours d’un aristocrate. Mais lorsqu’il se présente chez lui, l’homme vient de mourir. Suicide en apparence, faux billets retrouvés au casino de Monte-Carlo, fréquentations douteuses : l’affaire se révèle rapidement beaucoup moins simple.

L’intrigue est dense, parfois même un peu trop. Les personnages et les pistes s’accumulent, ce qui oblige à rester attentif, mais l’enquête conserve suffisamment de mystère pour donner envie d’en découvrir le fin mot. Moynot restitue bien le mélange de polar, d’humour et de désillusion propre à Burma.

Burma loin de son Paris habituel

C’est surtout le cadre qui distingue cet album. Voir Burma évoluer entre Cannes et Monte-Carlo change immédiatement l’atmosphère de la série. Palaces, terrasses et soleil méditerranéen remplacent les rues grises de la capitale, sans rendre pour autant l’univers beaucoup plus fréquentable.

Ce contraste fonctionne particulièrement bien : derrière les apparences élégantes se cachent mensonges, trafics et cadavres. La Côte d’Azur devient ainsi un véritable décor de roman noir et pas seulement une jolie toile de fond.

Un Burma toujours aussi agréable à suivre

Même dépaysé, le détective ne change évidemment pas de caractère. Son ironie, sa curiosité et sa manière de se retrouver constamment au mauvais endroit au mauvais moment donnent du rythme à une intrigue qui pourrait autrement sembler assez lourde.

Les dialogues fonctionnent bien et Burma conserve cette décontraction qui rend le personnage immédiatement sympathique. C’est lorsque l’album le laisse simplement observer, questionner et provoquer ses interlocuteurs qu’il est le plus convaincant.

Moynot poursuit sa propre vision de Burma

Graphiquement, Emmanuel Moynot reste fidèle à l’univers installé par Tardi sans chercher à reproduire mécaniquement son trait. Les personnages sont expressifs et les décors donnent une vraie identité à cette escapade méridionale.

Certaines planches paraissent un peu plus raides ou moins détaillées que d’autres, mais l’ensemble reste lisible et possède une ambiance cohérente. La couleur participe beaucoup au changement d’atmosphère et permet à cet épisode de se distinguer visuellement des enquêtes parisiennes.

En résumé

L’Homme au sang bleu séduit surtout par son changement de décor et son ambiance de polar sous le soleil. L’enquête est suffisamment tortueuse pour maintenir l’intérêt, même si l’accumulation de personnages et de pistes la rend parfois un peu confuse.

Emmanuel Moynot livre néanmoins un Burma solide, porté par un héros toujours aussi plaisant et par une Côte d’Azur qui offre à la série une atmosphère inhabituelle. Pas forcément l’enquête la plus mémorable de la collection, mais une aventure dépaysante et efficace.

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