MiklMayer.fr

Les Tortues Ninja III

Affiche de Les Tortues Ninja III

Les Tortues Ninja III

Titre original : Teenage Mutant Ninja Turtles III

Réalisation : Stuart Gillard

Avec : Elias Koteas, Paige Turco, Stuart Wilson, Sab Shimono, Vivian Wu

Production / distribution : Golden Harvest, Clearwater Holdings / 20th Century Fox

Durée : 1 h 36

Adaptation : Comics

Sortie : 21 juillet 1993

★★★★★ 2/5

Après deux films ayant rencontré leur public, les Tortues Ninja changent complètement de décor. Plus de Shredder, plus de Foot Clan : Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo sont envoyés dans le Japon du XVIIe siècle. Sur le papier, l’idée pouvait apporter un véritable renouvellement. À l’écran, Les Tortues Ninja III perd surtout une grande partie de ce qui faisait le charme des deux premiers films.

Les Tortues remontent le temps

April O’Neil rapporte à ses amis un mystérieux sceptre japonais. L’objet se révèle capable de provoquer un échange entre des personnes vivant à différentes époques. April se retrouve ainsi propulsée dans le Japon de 1603 tandis qu’un prince japonais apparaît à sa place.

Les Tortues utilisent alors le sceptre pour partir à sa recherche et se retrouvent plongées au cœur d’un conflit opposant un seigneur féodal à des villageois rebelles.

L’idée du voyage dans le temps permet au moins au troisième film de ne pas simplement reproduire les deux précédents. Le dépaysement est réel et le Japon féodal offre un terrain de jeu assez inattendu pour les quatre héros. Malheureusement, une fois la surprise passée, le scénario reste extrêmement conventionnel.

Une aventure qui ressemble de moins en moins aux Tortues Ninja

Le principal problème vient de la disparition presque complète de l’univers habituel de la franchise. New York n’est plus qu’un point de départ, Splinter reste largement en retrait et les adversaires emblématiques disparaissent.

Sans Shredder, le Foot Clan ou même de nouveaux mutants capables d’occuper réellement le terrain, les Tortues semblent parfois avoir été déposées dans un film d’aventures qui aurait pu fonctionner avec presque n’importe quels héros.

Le contraste avec le premier film est considérable. Celui-ci avait réussi à mêler l’ambiance urbaine des comics à l’humour popularisé par le dessin animé. Le deuxième avait déjà considérablement renforcé l’aspect enfantin. Ce troisième épisode poursuit cette évolution jusqu’à pratiquement transformer la saga en comédie d’aventures familiale.

Des Tortues beaucoup moins convaincantes

C’est probablement la régression la plus visible du film. Jim Henson’s Creature Shop n’est plus responsable des costumes et des animatroniques, confiés cette fois à All Effects Company.

La différence se remarque immédiatement.

Les visages paraissent plus rigides, les expressions moins naturelles et l’apparence générale des Tortues moins convaincante. Après deux films qui avaient démontré à quel point des personnages entièrement réalisés avec des costumes pouvaient sembler vivants à l’écran, ce recul technique est particulièrement dommageable.

Les interprètes physiques continuent pourtant de donner beaucoup d’énergie aux personnages, mais ils doivent composer avec des costumes qui limitent davantage leurs performances.

Casey Jones revient… mais reste à New York

Le retour d’Elias Koteas aurait pu constituer l’un des principaux arguments de cette suite. Casey Jones avait été l’un des personnages les plus appréciables du premier film après son absence dans le deuxième.

Problème : le scénario décide de le laisser à New York avec Splinter et les guerriers japonais envoyés accidentellement au XXe siècle.

Cette intrigue parallèle donne lieu à quelques scènes amusantes autour de la découverte du monde moderne, mais elle paraît presque déconnectée de l’aventure principale. Le film possède donc Casey Jones sans réellement profiter de son retour aux côtés des Tortues.

April, toujours interprétée par Paige Turco, bénéficie heureusement d’une place plus importante puisque son voyage accidentel déclenche toute l’aventure.

Le Japon féodal comme immense terrain de jeu

Le changement d’époque apporte tout de même quelques bonnes idées visuelles. Voir les Tortues affronter des samouraïs, monter à cheval ou évoluer dans des villages japonais offre des images inédites pour la franchise.

Le problème est que le film exploite rarement ce contexte au-delà du décor. Le Japon féodal devient essentiellement un gigantesque terrain de jeu permettant d’enchaîner combats, poursuites et plaisanteries.

Les antagonistes manquent également de personnalité. Après Shredder dans les deux premiers films, les enjeux paraissent nettement moins impressionnants. Walker, mercenaire occidental impliqué dans le conflit, ne possède jamais la présence nécessaire pour devenir un véritable adversaire mémorable.

Une comédie qui pousse encore plus loin le ton du deuxième film

Les plaisanteries sont omniprésentes. Références contemporaines, anachronismes et réactions des habitants japonais face aux Tortues alimentent une grande partie du film.

Certaines situations fonctionnent grâce à la personnalité toujours attachante des quatre frères. Michelangelo reste évidemment le principal moteur comique et Raphael conserve quelques moments plus émotionnels, notamment dans sa relation avec les habitants du village.

Mais le film semble constamment avoir peur de devenir sérieux. Dès qu’une situation pourrait apporter davantage de tension ou d’émotion, une plaisanterie arrive rapidement pour alléger l’ensemble.

À force de vouloir rendre les Tortues toujours plus accessibles, cette troisième aventure finit par leur enlever une bonne partie de leur caractère.

La fin d’une époque

Les Tortues Ninja III possède quelques qualités : son concept est original, le Japon apporte un véritable changement de décor et les quatre héros restent suffisamment sympathiques pour que le film conserve un certain charme nostalgique.

Mais il donne surtout l’impression d’une formule arrivée au bout de sa logique. Les effets pratiques ont régressé, les adversaires sont oubliables et l’identité urbaine si importante dans les comics comme dans le premier film a pratiquement disparu.

Le contraste est d’autant plus frappant lorsque l’on regarde les trois films successivement. En seulement trois ans, la saga est passée d’une adaptation étonnamment sombre et ambitieuse à une aventure familiale beaucoup plus générique.

Il faudra d’ailleurs attendre quatorze ans avant que les Tortues reviennent au cinéma avec TMNT, cette fois entièrement réalisé en animation.

En résumé

Une idée de départ amusante et un changement de décor appréciable ne suffisent pas à masquer la nette baisse de qualité. Des Tortues moins convaincantes visuellement, des antagonistes sans relief et un humour envahissant font de ce troisième épisode une conclusion très décevante pour la première trilogie.

L’avis des lecteurs

Les lecteurs donnent leur avis

Pas encore de note lecteur

Aucune critique de lecteur pour le moment. Sois le premier à partager la tienne.

Tu as vu ce film ? Partage ton avis avec les autres lecteurs.

✕
Mikl Mayer

GRATUIT
VOIR