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Le Soleil naît derrière le Louvre

Couverture de Le Soleil naît derrière le Louvre

Nestor Burma — Tome 6

Le Soleil naît derrière le Louvre

Emmanuel Moynot

Éditeur : Casterman

Sortie originale : 25 avril 2007

★★★★★ 4/5

Une banale histoire de mari volage conduit Nestor Burma dans les Halles de Paris. Mais lorsqu’un cadavre entre dans l’équation, puis qu’un tableau volé au Louvre vient compliquer l’affaire, la petite enquête de routine prend une tout autre tournure. Le Soleil naît derrière le Louvre offre un polar classique mais particulièrement agréable à suivre.

Une affaire qui se complique rapidement

Tout commence lorsque Burma recherche Louis Lheureux, un client habitué des escapades parisiennes. La mission paraît presque anodine jusqu’à la découverte d’un homme assassiné qui lui ressemble étrangement.

L’intrigue se densifie alors avec une histoire de tableau volé, de suspects pas toujours très nets et, évidemment, quelques nouveaux cadavres. Moynot conserve le goût de Léo Malet pour les enquêtes tortueuses sans rendre l’ensemble inutilement compliqué. Le mystère fonctionne bien et donne régulièrement envie de revoir ses certitudes.

Burma parfaitement dans son élément

Burma traverse cette affaire avec son mélange habituel de détachement, d’ironie et de curiosité. Le détective semble toujours se retrouver au mauvais endroit au bon moment, ce qui donne à l’enquête son rythme et quelques situations savoureuses.

Les dialogues participent beaucoup au plaisir de lecture. Ils conservent cette tonalité légèrement désabusée propre au personnage sans chercher constamment le bon mot.

Les Halles comme véritable décor de polar

L’un des grands plaisirs de l’album vient de son Paris des années 1950. Les anciennes Halles, la rue de Rivoli ou les quais ne servent pas simplement d’arrière-plan : l’enquête paraît réellement naître de ces rues.

Cette immersion compense d’ailleurs certains passages plus conventionnels du scénario. Même lorsque l’enquête suit des mécanismes assez classiques du polar, on prend plaisir à accompagner Burma dans ce Paris disparu.

Moynot trouve davantage sa place

Après La Nuit de Saint-Germain-des-Prés, Emmanuel Moynot poursuit ici son travail dans l’univers graphique installé par Tardi. Son dessin reste immédiatement compatible avec la série sans donner l’impression de chercher à reproduire chaque trait de son prédécesseur.

Les décors sont particulièrement réussis et la mise en scène reste très lisible malgré une enquête assez riche. Quelques visages peuvent paraître plus rigides, mais l’ensemble possède suffisamment de personnalité et surtout une véritable ambiance.

En résumé

Le Soleil naît derrière le Louvre propose une enquête solide, bien construite et portée par un Nestor Burma toujours aussi agréable à suivre. Le scénario n’est peut-être pas parmi les plus surprenants de la série, mais son mélange de meurtre, de tableau volé et de personnages troubles fonctionne parfaitement.

C’est surtout son atmosphère qui fait la différence. Moynot restitue avec beaucoup de plaisir le Paris de Léo Malet et signe un polar classique mais efficace, dans lequel on se laisse volontiers entraîner.

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